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L AMELIORATION DES OISEAUX

L'aviculteur John Sebright pouvait, en trois ans, obtenir chez un oiseau une plume donnée et, en six ans, telle ou telle forme de la tête ou du bec. Cette malléabilité des oiseaux explique le nombre considérable de variétés obtenues.

I. Les passereaux. — On a croisé le serin avec neuf autres passereaux.

II. Le Pigeon. — On a cultivé le pigeon comme on cultive la rose, la tulipe ou la fraise. Les Égyptiens se livraient à cette industrie plus de trois mille ans avant l'ère vulgaire. Les Romains de l'empire y consacrèrent des sommes considérables. Ce sont eux qui créèrent le dove-book ou gotha de l'aristocratie pigeonnière.

L'AfiléLIORATlON DBS OISEAUX IO9

En partant du biset sauvage {Columbia livid), les zoogénistes ont ainsi fabriqué :

le Turc huppé,

le Polonais, trapu et à tête carrée,

le Romain, oiseau de grande taille, à gros bec et à grands pieds,

le Pigeon pattu,

le Jacobin, le Coquille et le Turbit, dont le premier porte un capuce, le second une crinière, le troisième une cravate de plumes,

le Boulant ou Grosse-gorge, qui gonfle son jabot en le remplissant d'air,

le Pigeon-paon, dont la queue contient 3o à 4o plumes disposées en roue,

l'élégant Messager anglais, long de bec et de col,

le Pigeon-hirondelle, dont le plumage rappelle l'hirondelle de mer,

le Pigeon-tourterelle,

le Pigeon-tambour, qui imite, en roucoulant, cet instrument de musique,

le Pigeon rieur,

le Pigeon trembleur,

le Pigeon-culbutant, qui exécute le looping en plein vol et se laisse tomber comme mort,

le Pigeon-courrier, dont un exemplaire.

f 10 tÉ ÈÀàAQ âtjl^IN

^'échappant dé Berlin après (^tfattrê ans de cage, Ttirùttfà éon pig€fônniet à Faûrfe-

Au cours de ces transforniation^, oft a souvent vu réâppai^aîïré les j^lunles bléuardoise fc^rrées àé iioi^ du pîgeîote gâHvéf^e.

III. Le Poulet. — Les zoogénistes ont tiré de la poule dinde les poules de Nagasaki, de Cochinchine (dont Thistoire remonte au delàr des documents écrits), de Brahmah-pootra, de Bagdad, de Padoucy d'Espagne, de Gaussade, de Barbezieux, de Bresse, de Crèvecœur, de Houdan, du Mans, de La Flèche, de Hollande, de Campinc^ d'Angleterre, de Dorking, de Bussie^ Négresse^ Négresse^desoie. Courtes-pattes, Coucou, Bantam-Sebright et le coq de combat.

IV. Le Canari^. — Du ciànâid sauvage ils ont tiré les canards domestiques, trois fois plus lourds et aùk ailes atrophiées,

le Canard du Labrador, à là livrée noire glacée de vert,

le Canard polonais, au bec iriflëchî,

le Canard d'AylèsIburg, blanc avec le bec et les pieds jaunes,

le Canard de Bouen, qui pèse jusqu'à deux '^ orrammes,

l«*AMéLIOIlATION I)£^ OISEAUX XM

le Canard pingouin», le Canard huppé, le Canard mignon.

V. L'Oie. — De Tpie sauvage ils ont tiré : rOie de Chine, rOie de Guinée.

rOié d'Egypte, rOie d'Embden, rOie de Toulouse, rOie grise et un hybride de celle-ci avec I^Ôie de Chine.

l'amélioration des MAMMIFERES

I. Le Lapin. — Du if siècle, date de la domestication du lapin sauvage, à 1809, les. zoogénistes ont créé trois races de lapins. De 1809 à nos jours, ils en ont créé trois autres, la race russe, la race du bélier et le léporîde, hybride fécond, obtenu par Taccouplement du lapin et du lièvre.

n. Le Mouton. — Du mouton sauvage ils ont tiré les races de Larzac, auvergnate, poitevine, berrichonne, solognote, bretonne, marchoise, flamande, électorale, negretti, dishley, southdown, le mouton loutre ou ancon, né au Massachussets en 1791, enfin le mouton mérinos. Louis Daubenton obtint le mérinos de Montbar, dont les poils mesuraient jusqu'à 60 centimètres, en croisant des béliers roussillonnais et des brebis bourguignonnes, puis en sélectionnant, pendant

l'amélioration des mammifères II 3

dix ans, les produits à laine fine. En 1828, Graux le transforma en mérinos de Mauchamp. Dans cette variété, la rétrogradation reproduit parfois les taches rousses ou noires du mouton sauvage.

En unissant le bouc et la brebis les zoogénistes ont obtenu le chabin.

Ils ont, par la traite et la sélection, fabriqué la brebis laitière, dont les nombreux lobes mammaires possèdent trois ou quatre pis, au lieu de deux, et donnent 200 litres de lait par an. En 1785, la brebis de Larzac fournissait 6 kilogrammes de fromage. Elle en fournit i5 aujourd'hui.

III. — Le Porc. — Du porc sauvage ils ont tiré les porcs hongrois, grec, maltais, toscan, romagnol, espagnol, portugais, béarnais, gascon, quercinois, périgourdin, roussillonnais, languedocien, provençal, limousin, bressan, lorrain, mayençais, westphalien, yorkshire, berkshire, hampshire, newleicester.

IV. Le Boeuf. — Du bœuf sauvage les bœufs asiatique, tarentais, béarnais, gascon, lourdais, ariégeois, garonnais, baza-

HE RARA8 HUMAINi S

îli LE HARAS HUniAIN

dais, landais, agenais, de la Camargue, du Cantal, ferrandais, bourbonnais, bressan, charolais^ comtois, nivernais, poitevin, naan« ceau, nantais, maraîchin, normand, picard, breton, fémeline, bienaimé, de TAubrac, suisse> wallon, flamand^ hollandais, allemand, autrichien, fribourgeois, de Pinzgau, de Simmenthal, danois, britannique, écossais, de Jersey, de Hereford, de Salers, d'Ostfriesland, du Glane, du Paraguay (sans cornes), durham, bouledogue et, en unissant le bœuf européen et le zébu de Tlnde, un hybride fécond*

Backwell, Tomkins et les frères Colling ont, au XVIII* siècle, transformé les races anglaises de Durham et de Hereford. Louis Massé et Chamard la race charolaise. D'autres le bœuf garonnais.

Par le repos « au sein de Tabondancc », suivant la formule de Baudement, les zoogénistes ont, chez le mouton, le porc et le bœuf, élargi la poitrine, Tabdomen, les hanches, développé et engraissé la musculature, rapetissé la tête, raccourci les membres, aminci les os (à Texception de la mandibule qu^ils ont, au contraire, épaissie), assoupli, lustré les poils et activé la croissance.

l'aMÉUORATION DBS MABOOFèRES Il5

Du XIX* au XX* siècle le poids du bœuf anglais âgé de quatre ans est ainsi passé de 200 à 600 kilos et le poids du bœuf limousin dé 3oo à 700 kilos \

Ils ont fabriqué la vache laitière de l'Europe centrale, le taureau de corrida, le bœuf suisfee, qui sait traîner la charrue sur les montagnes, les bœufs cochinchinois et sudafricain qui trottent Tamble et reçoivent le cavalier.

V. L'Ane. — De Tâne sauvage ils ont tiré les ânes domestiques d'Asie, d'Arabie, d'Egypte, de Guinée, de Catalogne, des Pyrénées, du Poitou, le mulet et le bardot.

YI. Le Cheval. — Du cheval sauvage les chevaux arabe, hongrois, russe, italien, crémonais, andalou, navarrin, méridional, limousin, poitevin, morvandiau, normand, cauchois, boulonnais, ardennais, du Hainaut, brabançon, flamand, hollandais, allemand, hanovrien, mecklembourgeois, anglais ou pur sang, irlandais, de Suffolk, de Norfolk, de Shetland, de Clydesdale.

Par les courses, instituées dès le xn* siècle

(i) 6c i^3à à i8a6 le poUs du bœuf, vland« nette, est passé de 4io à 700 livre».

Il6 LE HARAS HUMAIN

(Fritz Stephen parle, à cette époque, de celles de Smithfîeld) et par la sélection des meilleurs coursiers, ils ont créé le cheval extrarapide, élevant sa taille (de o m. lo dans le courant du xviif siècle et de o m. o4 dans le courant du xix*), allongeant et amincissant sa tête, son cou, son avant-thorax, son bassin, son métacarpien, son métatarsien et la partie contractile de ses muscles, tandis qu'ils élargissaient sa poitrine, agrandissaient son cœur et développaient son système circulatoire. Si bien que, pour couvrir le mille anglais, le cheval a mis :

3 minutes en 1796, 2 minutes 34 secondes en 1824, 2 » 29 » en i848, 2 » 8 1/4 » en 1895.

West Australian faisait 4 kilomètres en 4 minutes 25 secondes, soit un peu plus de i5 mètres à la seconde, la vitesse du vent.

Les trotteurs américains, qui, en 181 8, couvraient le kilomètre en i minute 5i secondes, le couvrent maintenant en i minute 21 secondes.

Cette aristocratie hippique a ses familles

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ducales. Éclipse, qui remporta maintes victoires sur les hippodromes, donna naissance à une lignée de 334 vainqueurs. Kind Hérold procréa près de 5oo chevaux dont les noms furent célèbres dans les annales du turf. ; y:^Bi

Les zoogénistes ont créé le poney norvégien, qui obéit à la voix, le cheval de manège et le cheval de cirque (pour lequel Huzard fils réclame des parents déjà dressés) et la jument laitière des Kirghizes.

Ils ont obtenu des espèces nouvelles en accouplant Tâne et le cheval, Tâne et le zèbre, râne et Thémione, le cheval et le couagga.

Leurs succès n'ont pas été moindres chez les carnassiers.

VIL Le Chat. — Du chat sauvage ils ont tiré le chat ordinaire et le chat angora.

VIII. Le Chien. — Du chien sauvage le chien de boucherie, épais et stupide ;

les chiens de chasse : chien dalmate, chien gascon, chien poitevin, chien vendéen, chien danois, chien de Saint-Hubert, lévriers italien, baléare, écossais et russe, mâtin, briquet, basset, épagneul, braque, can^

ïlS tli BA1U8 fiUMAÎN

griffon, griffon-terrier, skye-terrier, fox-terrier, fox-hound, harriçr, talbot, beagle, setter, coker, dandy -diniment ;

les chiens de berger : chien de Brie, chien toucheur de bœufs ;

les chiens de garde, de luxe ou d'appartement : havanais, maltais, molosse, bouledogue, carlin, kîng-charles, loulou ;

les chiens de trait, esquimaux et sibériens,

les chiens sauveteurs : terre-neuve et saint-bernard.

Ils ont accouplé avec succès le chien et le loup, le chien et le chacal.

Le dressage des chiens de chasse commença dans les premiers siècles de Tère vulgaire et maintenant, sans éducation préalable, leurs petits tombent en arrêt devant les souris et les grenouilles ou, saisissant dans leur gueule la pantouffle de leur maître, viennent la déposer à ses pieds. Ils tombent même en arrêt devant la perdrix : « Bon chien chasse de race. »

La gent canine à ses chasseurs spéciaux. Le jeune chien couchant à tendance à se jeter à leau. Le jeune braque n'arrête que le gibier de nos tables. Un épagneul d'une variété dressée à chasser la bécasse sut, dès

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