‹ Le haras humainChapitre 31 sur 55 · L*AVORTEMENT PROVOQUÉ I^I · texte numérisé non relu

L*AVORTEMENT PROVOQUÉ I^I

sion est la même, le nombre des hommes, qui est actuellement d'un milliard 1/2, sera de 3 milliards au xxv* siècle, dans cinq .cents ans.

Si cette progression est égale à ce qu'elle était au Canada, il y a un siècle, le 80* milliard sera atteint en moins de 70 ans 1 !

D'après Thomas Robert Malthus ', cette augmentation de la population suit une progression géométrique : i, 2, 4, 8, 16, alors que l'augmentation des subsistances suit une progression arithmétique : i, 2, 3, 4, 5.

D'après Pierre Proudhon, la production augmente comme le carré du nombre des travailleurs.

Ces deux auteurs, on le voit, tout en différant quant à la formule, s'accordent pour affirmer que l'augmentation de la population a pour conséquence une augmentation du rendement de la terre.

Mais ce rendement a une limite fixée par la surface de la planète et, lorsque 80 milliards d'hommes s'entasseront sur elle, il faudra bien reconnaître que l'ordre du dieu

(i) Thomas Robert Malthus. An Essay on the Principle of PopulatiQn. London, Johnson, iV^S*

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des Juifs « Croissez et multipliez » ne pourra plus être exécuté sans danger.

« Un homme qiii nait dans un monde déjà occupé, écrit Malthus,... est réellement de trop sur la terre. » *

Or, quand un homme est de trop, les autres ont tendance à s'en débarrasser. La guerre actuelle est due^ surtout à la pléthore humaine en certaines régions d'une planète mal organisée. Elle a été prévue par Justus von Liebig dès le milieu du xix** siècle : « Dans tous les états de l'Europe, écrit-il, la population a augmenté dans une proportion qui n'est pas en rapport avec le produit de son sol et qui, par conséquent, n'est pas naturelle... Les peuples seront forcés, dans l'intérêt de leur propre conservation, de se détruire et de se déchirer mutuellement pour rétablir l'équilibre. » '

Voilà, n'est-il pas vrai ? qui justifie pleinement cette règle morale d'Aristotélès :

« Quand le nombre des citoyens esj; trop grand dans une république et qu'une femme

(i) Malthus. Loct. cit.

(2) Justus von Liobigf. Les fondements de V économie rafale, t. ît

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a conçu, malgré la défense faite par les magistrats, non seulement elle peut, mais elle doit se faire avorter. » *

Si Tavortement avait été autorisé en Allemagne, dix millions d'hommes adultes seraient encore vivants !

P'autres nations ont été plus sages.

L'avortement est libre au Japon, en Chine, où des affiches annoncent : (c Avortement garanti, on tient parole », aux États-Unis, où on lit sur des enseignes : « Ici on pratique des avortements. »

Parlons franc, Tarticle 817 de notre code pénal constitue un abus de pouvoir. Le fœtus qui n'a pas respiré fait partie intégrale du corps de la mère. Adhérent à Tutérus par l'intermédiaire du placenta, il est assimilable à une tumeur et la femme a le droit d'en disposer comme d'une partie d'elle-même.

Elle le proclame par l'organe de Séverine : « Avant l'accouchement il y a une femme, rien^ qu'une femme, vous entendez bien ! » " L'État n'a pas plus le droit d'obliger la femme à l'accouchement qu'il n'a celui de

(i) Aristotelès. Politique, XH, xvi.

(2) Séverine in Klotz-Forest. Loc, cit., p. Qi*

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l'obliger à la conception : « Nous, les femmes affranchies des préjugés ancestraux, s'écrie Nelly Roussel, qui nous refusons à voir dans Tamour une souillure et dans la souffrance une nécessité, ...nous prétendons disposer librement de nos flancs, qui nous appartiennent, n'être mères qu'à notre gré, en choisissant nous-mêmes le moment opportun. * »

Voilà pour la mère. Quant à l'enfant, il est clair qu'il vaut mieux pour lui ne pas naître que de naître pour la maladie et pour le malheur.

L'article 817 est d'ailleurs inefficace. Dolé-' ris fixe à 4o 0/0 et Paul Landry à 5o 0/0 le nombre des grossesses interrompues entre le 4** et le 7* mois. D'après Lacassagne, le nombre annuel des avortements dans notre pays serait de 5oo.ooo, dont 70.000 pour Paris (contre 63. 000 naissances) et 10.000 pour Lyon.

Le rapport entre le nombre des avortements et celui des accouchements était, à l'hôpital Boucicaut, de 8,56 en 1898 et de

(i) J. Vidal. Le droit à Vavortement, Thèse de Toulouse, 1907..

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2 1,1 6 en 1906 ; à Thôpital Saint- Antoine de 6,25 en 1898, de 22,68 en 1904, de 26,72 en 1910 et de 27,59 en 1911.

Je tiens d'une accoucheuse que, dans la plupart des cas, le métier ne nourrirait pas sa femme, si elle ne consentait à pratiquer ravortement. Au surplus un grand nombre de femmes se font avorter elles-mêmes.

On conçoit qu'il est difficile d'appliquer un article de loi contre lequel s'élève une si grande partie de la population. Aussi les dix-neuf vingtièmes des affaires d'avortement sont-elles abandonnées où se terminent-elles par des ordonnances de non-lieu. Le nombre des affaires jugées ne dépasse pas 3o par an (ii63 de i832 à 1892) et l'acquittement est prononcé dans la moitié des cas.

C'est que la responsabilité de la société dans ces affaires commence à apparaître à tous les hommes réfléchis. « La fille-mère avorte, écrit Alphonse Dumas, pour échapper à la misère ; la femme pauvre avorte pour ne pas augmenter les charges de son ménage. » ' Or beaucoup de magistrats

(i) Alphonse Dumas. Contribution à Vétude de Vavorie' ment criminel. Thèse de Paris, igii, p. 496.

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pepseiU qsjLe h sûciéta est responstibla de h misère et que, si elle prenait à sia oliavge les enfants des pauvres, les prœureuTç n'auraient pas h iQtçrvenir ; ilsi pensent aussi qu'il n'e^l pa? équitable de çpu(JaRineï la^ servantes alQW que les pa^îtyea^es ne siWt jamais inquiétées^

L'avoi^teinent doit donc être libre. Il doit ê^re déççfljiteiUé au^ bons générateurs dans Tintéjét actuel de J'hunaanité et, paur la niême maison, conseillé aux mauvais. H doit, cl^çî cetu3f-ci^ ôtrç pratiqua #anP ^ï^îs, |^ ^m gynécologue* spéçiaUs^*, d»na d^ Qiimqià^

Le weUleur procédé çoo^i^te à diktev Iq cqI de 1 ^téri\a avec iro cylindre de la»iin^ife, à iftU'Qdviiçe dws l'cMrgane, avec wr© piuce aseptique, le ballon dç Champetier de Ribçç et à le gonfler avec de l'eau sté^'iligéô. En se gonflant, 1^ ballon sépare de la mwqy,euae ntçrine les n>eînbïane3 qui enveloppent \e ^œtus et provoq^^e les eontç^ctioi^a expvlsiveiL,

t'^vQvtenient non pratiqué par un ^péoia^ liste est extrêmement dangereu3ç.

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l'infanticide

Si riiumanité n'est pas une collection d'infirmes, on le doit moins à Tavortement qu'à la mortinatalité et à la mortalité précoce. Les microbes pathogènes, en particulier ceux de la gastro-entérite, fauchent chaque année environ i35.ooo Français âgés de o à i an. Sur ce nombre il y a évidemment des pertes regrettables, mais c'est l'infime minorité. La plupart de ces petits cadavres auraient fait des hommes malheureux, inutiles ou nuisibles.

Ne gémissons donc pas sur cette hécatombe. Bien plus aidons la nature en supprimant les mauvais produits qui auront pu échapper à la prophylaxie anticonceptionnelle et à l'avortement. Les conserver à la vie, c'est leur être impitoyable et c'est être impitoyable à l'humanité.

« Si les hommes se reproduisaient dans les conditions identiques à celles des abeilles, écrit Charles Dai'win, il n'est pas douteux que nos femelles non mariées, de même

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que les abeilles ouvrières, considéreraient comme un devoir sacré de tuer leurs frères et que les mères chercheraient à détruire leurs filles fécondes, sans que personne songeât à intervenir » \

L'infanticide des mauvais produits, conseillé par Platon, a été pratiqué par les Spartiates, en vertu d'une loi due à Lykourgos, et Ton attribue à cette loi la vigueur, l'énergie et l'héroïsme de cette nation.

11 l'est encore dans certaines tribus de Peaux rouges, renommées également pour leur force et pour leur courage, ainsi que chez les Esquimaux.

Il nous faut suivre ces exemples, sous certaines conditions :

i"" L'enfant sera examiné par trois pathologistes, lesquels devront déclarer par écrit qu'il est voué à la maladie et au malheur et que sa vie ne peut qu'être nuisible à l'humanité.

2** Le père et la mère seront consentants à l'infanticide.

3** L'infanticide sera pratiqué, par le protoxyde d'azote, dans un institut d'euthanasie.

(i) Charles Darwin. La descendance de Vhomme, Paris, Ro»"^'-''' ^891, p. io5.

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