LE MARIAGE RATIONNEL
Cette recherche n'aura d'autre but que de substituer au mariage de convenances et même au « libre croisement », dont les meilleurs produits disparaissent en fin de compte dans la foule des médiocres, Taccouplement rationnel résultant d'une sélection méthodique.
A cet effet chaque membre de l'élite recevra un diplôme, signé des trois inspecteurs de l'anthropogénétique.
Sur la présentation de ce diplôme, il touchera, après son mariage avec un autre membre de l'élite, une somme plus ou moins forte ', suivant qu'il fera partie de l'élite
(i) L*idéc de la prime aux eugéniques a été déjà émise par Francis Gallon (Inquiries into human Faculty and its dcvelopmenty i883.)
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cantonale, départementale, régionale ou nationale. Par exemple :
En ce qui concerne les ' inventeurs, cinquante mille, cent mille, cinq cent mille francs et un million (soit, pour le couple, le double de ces sommes) ;
En ce qui concerné les organisateurs, vingt-cinq mille, cinquante mille, cent mille et cinq cent mille francs ;
En ce qui concerne les artisans, dix mille, vingt-cinq mille, cinquante mille et cent mille francs;
En ce qui concerne les manœuvres, cinq mille, dix mille, vingt-cinq mille et cinquante mille francs.
Ces sommes ne seront touchées que le jour de la naissance du premier enfant.
A cette prime de mariage s'ajouteront les primes de naissance. (( Quelle femme, écrit Sébastien Nicolas (Chamfort), pour une épilepsie de quelques minutes, se donnerait une maladie d'une année entière ? » Ce n'est pas seulement la maladie de la grossesse, avec ses fatigues, sa claustration, ses malaises et ses souffrances, qui détourne la femme de la procréation, c'est aussi l'embarras que
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cause la présence d'un enfant en bas âge, dont le moindre malaise effraie la mère, ce sont les dépenses d'élevage qui se renouvellent chaque année, pendant au moins vingt ans, la situation à créer aux garçons, la dot à assurer aux filles, les coups de tête et les coups de cœur. Le couple veut jouir et veut paraître. Chaque enfant augmente la somme de ses préoccupations, de ses inquiétudes et de ses chagrins. La joie de les voir grandir, sourire, comprendre, parler, s'épanouir à la vie, cette joie ne pèse pas lourd auprès des douleurs qu'ils apportent : on ne veut ^lus avoir d'enfants.
Il faut combattre cette tendance par de raisonnables compensations.
Le couple d'élite recevra, le jour de la majorité de chaque nouvel enfant, une prime égale au quart de la prime de mariage. Enfin, pour que les parents observent, avant le coït et pendant la gestation, les règles de Thygiène nécessaires à la procréation des hommes remarquables, les principaux succès de Tenfant dans la vie leur vaudront encore mie prime variable suivant Timportance du succès obtenu.
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Les deux iujeto accouplés appartiendront, autant que possible, à la même catégorie. Ils seront, Tun et l'autre, inventeurs, organisateurs, urtisans ou ouvriers. On obtiendra ainsi cette spécialisation héréditaire que Baudément réclame pour les animaux et qui est nécessitée par le balancenpiçnt des organes. L'économie, en effet, ne peut fournir qu'une certaine somme de travail et la prééjninence d'une fonction ou d'une faculté entraîne l'amoindrissement des autres. Il faut donc nous résoudre à ne pas produire des « hommes complets », qui ne sauraient être que des médiocres, mais des hommes héréditairement spécialisés.
Dans ces limites, on laissera l'instinct sexuel exercer son choix. Ce choix sera, en dépit des apparences, plus vaste qu'il ne l'est actuellement, les sujets susceptibles d'être choisis ayant été rassemblés. Alors ce passage d'Arthur Schopenhauer prendra toute sa valeur : « Le but des intrigues d'amour... a réellement plus d'importance que tous les desseins que peut se proposer l'homme. En effet il ne s'agit de rien moins que de la
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composition de la génération suivante... Il ne s'agit pas ici du bonheur ou du malheur d'un individu, mais c'est le bonheur ou le malheur de la race humaine qui est en jeu. » ^
(i) Schopenhauer and Darwinism, in Journal of anthropology. janvier 1871, p. SaS.
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