LE RECRUTEMENT DES PENSIONNAIRES
le tabagisme, Topiomanie, le diabète, Talbuminurie, la syphilis, la tuberculose, le cancer, Tarthritisme (l'arthritique à la 4* génération étant presque toujours infécond), les altérations fonctionnelles du système nerveux.
Les sujets dont la taille sera inférieure à celle de leurs parents, les obèses, les maigres, ceux dont les urines présenteront une composition anormale * seront également éliminés.
Les organes génitaux seront l'objet d'une étude attentive. Pour les hommes la cryptorchidie*, qui entraîne généralement la stérilité, et la monorchidie ', qui diminue l'activité sexuelle, seront une cause d'exclusion. Il en sera de même de l'oligospermie * et de l'azoospermie ', l'examen du sperme étant ici d'autant plus nécessaire qu'un développement cérébral élevé entraîne parfois le retard de la maturité sexuelle.
(i) E. Maurel. Contribution à Vétude de Veugénisme, Province médicale, 191a, p. ii3.
(a) Rétention d'un ou des deux testicules dans l'abdomen.
(3) Existence d'un seul testicule.
(4) Rareté du sperme.
(5) Absence de spermatozoaires dans le sperme.
170 IM HARAS HUMUIN
Les femmes atteintes de rétrécissement du bassin^ d'ovariteS de salpingite % de métrite*, de dégénérescence de l'ovaire ou de l'utérus, de déviation de ce dernier organe, d'adiposité ou de chlorose (ces deux dernières affections s'accompagnant d'une diminution de l'aptitude à être fécondées) ne seront pas admises.
; En revanche les sujets chez lesquels les caractères du sexe seront bien accusés, les hommes musclés, poilus, barbus, à gros testicules, à scrotum ferme, à sperme épais, les femmes hanchues et tétonnières seront pris de préférence aux autres.
Combien le haras contiendra-t-il de pensionnaires ?
Sur un million d'hommes, cinq cents environ sortent de la moyenne, cinquante sont vraiment remarquables, un est tout à fait supérieur. La population de la France étant d'environ quarante millions d'habitants, on peut prévoir que le haras contiendra, en comptant les membres étrangers, cinquante
(i) Inflammation des ovaires.
(2) Inflammation des tubes qui font communiquer les ovaires avec l'utérus.
(3) Inflammation de Tutérus.
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pensionnaires soit, étant donné la différence des sexes au point de vue de Tintelligence et de Ténergie, 46 hommes et 5 femmes, soit encore lo couples et 4o célibataires mâles.
Ces quarante célibataires devront féconder, à raison de 3 par décade ou de io8 par an, les femmes célibataires appartenant aux élites nationale et provinciales. 4.320 femmes d'élite seront ainsi annuellement engrossées. *
Elles entreront au haras assez de temps avant la fécondation pour être assainies par Thygiène antéconceptionnelle et regagneront leur pays immédiatement après la disparition des menstrues.
m. — l'apparbillement des couples
En ce qui concerne Tappareillement des couples, il y aura lieu de se conformer à certaines règles.
On évitera les trop grands écarts de face,
(i) En i848, une pétition fut envoyée à la Chambre pour demander rétablissement de la polygamie en France. « Pourquoi, disaient ses auteurs, imposer une seule femme à rhommc puisqu'il peut procréer chaque année plusieurs enfants ? »
1^2 LE hauas humain
car, dans ce cas, la rétrogradation ou Tinfécondité est souvent observée. Il en est ainsi chez les mulâtres et les métis.
Les unions consanguines ne sont à craindre que chez les sujets tarés parce qu'il se produit alors une accumulation des tares. Chez les sujets sains, elles ne présentent que dès avantages. Bâtes, éleveur célèbre, dit que les croisements consanguins, faits avec une mauvaise souche, « sont ruine et dévastation », mais qu'avec des animaux d'élite on peut les pratiquer en toute sécurité.
« Comme dans les unions consanguines, écrit Sanson, la majorité des caractères est commune aux deux procréateurs, il s'ensuit nécessairement que ces caractères communs se renforcent par la puissance héréditaire du père et de la mère. Aussi est-ce la méthode à employer, au début de la création d'une variété, pour en fixer les particularités. » *
A plus forte raison, l'inceste, qui est « l'hérédité à bref délai », l'hérédité à puissances accumulées.
L'inceste est la règle chez beaucoup d'ani-
(i) Cornevîn. Traité de zootechnie générale, Paris, Bail- Hère, 1891, p. 685.
l'appareillement des couples 173
maux vivant en liberté, pigeons, canards, cygnes, etc.
La race ovine de Southdown, les mérinos soyeux de Mauchamp ont été obtenus de cette manière. Tant que le bélier de Mauchamp s'accoupla à des brebis quelconques, on n'obtint que très peu de sujets possédant sa toison. Du jour où il féconda celles de ses filles auxquelles il l'avait léguée, il n'engendra plus que des mérinos soyeux. Il en fut de même dans les belles races ovines de la Bretagne et de l'Auvergne.
Dans le troupeau de Charks CoUing, le taureau Favourite féconda, en seize ans, six générations de ses filles et de ses petites filles et fixa ainsi la forme, la puissance digestive, la facilité à l'engraissement et la précocité qui caractérisent la race durham.
Enfin un grand nombre de coursiers célèbres furent obtenus par l'inceste.
« La consanguinité, écrit Alfred Bourgeois, est le moyen employé par les personnes compétentes pour créer et conserver les plus belles races. Une observation consciencieuse fait voir que, dans l'espèce humaine, la consanguinité mène aux mêmes
résultats, quand des vices héréditaires n existent pas préalablement chez les. auteurs »\ Ce médecin a fait l'histoire de sa propre famille, issue d'une union consanguine au y degré. Elle fournit, en i6o ans, gi alliances, dont i6 consanguines, sans qu'il en résultât ni infirmité, ni stérilité.
Voisin et Daily citent des faits analogues.
Deux petites îles françaises, Batz et Bréhat, où les mariages consanguins sont très nombreux, ont une population saine et vigoureuse. Dans la commune de Batz, qui compte 3.000 habitants, il n'existe qu'une dizaine de familles et. la plupart des unions se font, depuis un très grand nombre d'années, entre parents du 3% 4^ ou 5* degré. Or les Batzois n'en sont pas moins vigoureux, sains et féconds.
Dans le village pyrénéen de Goust, dont les habitants se marient entre eux, il y eut, de i482 à 1848, une majorité de centenaires. *
(i) Alfred Bourgeois. Quelle est Vinflaence des marui'ges consanguins sur les générations. Tht-sc de Pixv'i^, iSBg, pp. 342-343.
(2) M. A. Legrand. La longévité à travers les âges. Paris, Ptammarion, igii.
l'appahsiixbmpnt' des couples 175
Aussi les anciennes lois de la Perse et de TÉgypte permettaient-elles le mariage entre proches parents. Il en fut de même en Syrie jusqu'à l'époque des Séleucides. Bien plus l'expérience avait conduit les pharaons et «les incas à épouser leurs sœurs. Cette pratique s'est conservée dans les familles royales d'Hawaï et du Dar-Four et dans toute la population chez les Ghippeonais, tribu de Peaux-Rouges.
Nous pouvons donc appliquer au haras humain ce passage de Corne vin, relatif aux espèces animales : « Lorsqu'il y a possibilité de pratiquer une consanguité étroite, c'est-àdire l'union du frère et de la sœur, on doit le faire, car c'est le moyen par excellence de fixer les variations. On est parfois obligé de descendre plus bas. Mieux vaut encore, pour le but étudié en ce moment, ces unions de sujets d'une parenté plus éloignée que celles qu'on est forcé de faire en dehors de la famille » \
(1) Cîornevin. Traité de zootechnie générale* Paris, Baîllièrc, 1891, p. 38a.
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Toutefois Tinceste humain ne sera pratiqué que s'il existe un attrait sexuel entre les deux sujets. Ce phénomène est assez fréquent quand les parents n'ont pas grandi ensemble. Il se rencontre même entre frères et sœurs élevés dans la même maison. Les médecins et les confesseurs sont fixés sur ce point et toutes les manifestations de l'hypocrisie ne supprimeront pas ce phénomène.
S'il y a répulsion sexuelle, il vaudra mieux s'abstenir, le produit devant être un enfant de l'amour ou tout au moins du désir sexuel.
Les deux sujets à accoupler seront d'un âge équivalent et d'une taille sensiblement égale. Un homme très grand et très fort produira, chez une petite femme, un fœtus qu'elle aura de la peine à nourrir ou qui, trop volumineux pour les voies génitales, provoquera des accidents lors de l'accouchement.
Le contraire est moins à craindre. Un petit étalon arabe, barbe ou persan donne, avec une jument vigoureuse, des poulains qui deviennent de bons carrossiers. De même un homme petit et énergique peut avoir, d'une femme forte, de très beaux enfants.
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Dans* ces limites, on laissera Tinstinct sexuel agir dans rappareillement des couples. Chacun des générateurs suivra l'impulsion secrète qui pousse les animaux et les hommes vers la beauté. La beauté traduit l'adaptation des organes aux fonctions et des fonctions à l'organisation de l'univers. Quand un homme est séduit par une femme aux larges flancs, aux seins arrondis et fermes, à la démarche souple, au geste harmonieux, quand une femme est attirée vers un homme bien proportionné, vigoureux et de belle allure, quand l'un et l'autre obéissent à l'attrait de l'intelligence et de l'énergie, ils agissent inconsciemment dans l'intérêt de l'espèce. « C'est, selon la belle expression d'Hugues le Roux, un piège que l'espèce tend à l'individu avec la volonté de le conduire à ses fins sans qu'il s'en doute » \
En réalité l'instinct sexuel traduit l'affinité chimique des deux organismes, des deux cristaux protoplasmiques en présence et de leurs particules cristallines, le spermatozoaire et l'ovule. Nous aimons avec tout no-
(i) Hugues Le Roux. Nos filles, Paris, Léyy, p. 88.
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ire corps et, dans ce corps cachés, des millions d'ancêtres attisent nos désirs, suscitent nos enthousiasmes et bandent nos muscles tendus vers l'étreinte éternelle. Obéissons donc à Vamour, à Tamour que Platon appelle « le pilote, le camarade, Taide, le sauveur. »