LES UNIONS ACCIDENTELLES
joindre Tun à Tautre, étaient heureux quand ils pouvaient le faire, souffraient amèrement quand ils ne pouvaient pas et qui, cependant, après un laps de temps plus au moins long, en sont arrivés à éprouver des sentiments tout à fait différents, ou même contraires, pour l'objet de leur ardente inclination. Ces couples ont-ils le droit de se marier P Certainement. Leur union doit même être réclamée dans l'intérêt de Tespèce. Mais la monogame à vie sera-t-elle toujours compatible avec leur bonheur ? Personne n'osera l'affirmer. Le fait est que l'homme n'est pas un animal monogame... Si choquant que cela puisse sembler, je dirai qu'on peut aimer à la fois plusieurs personnes avec une tendresse à peu près égale et l'on n'a pas besoin de mentir pour affirmer à chacune sa passion. Quelque amoureux que l'on soit d'une personne, on ne cesse pas pour cela d'être accessible à l'influence du sexe entier... La fidélité absolue n'est pas dans la nature humaine ; elle n'est pas une nécessité physiologique de l'amour... Il faut bien se dire que la civilisation, qui est parvenue à
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dompter d'autres instincts, n'a jamais réussi à étouffer l'instinct polygamique, quoique l'Église le menaçât des peines de l'enfer et que la loi et la morale officielle le condamnassent. Dans les pays civilisés, l'homme vit .en état de polygamie, en dépit de la monogamie légale ; sujp cent mille hommes, on en trouverait à peine un qui, à son lit de mort, pourrait jurer que, dans toute sa vie, il n'a eu plus d'une- femme ; si le principe de la monogamie est suivi plus sévèrement par les femmes, ce n'est pas toujours parce qu'elles n'ont pas envie de l'enfreindre, mais parce que les gardiens de la morale officielle surveillent plus attentivement la femme et châtient plus durement ses révoltes qu'ils ne le font pour l'homme * ».
On pourra donc, sans inconvénient, instituer cette communauté des femmes que Platon recommande dans sa République et suivre, en ce qui concerne les pensionnaires et les clientes du haras, l'exemple du socialiste John Humphrey Noyés, qui constitua, à Oneida Creek, dans les États-Unis d'Améri-
(i) Max Nordau. Les mensonges conventionnels de noire civilisation. Paris, Alcan, igoS, pp. 3oi à 807.
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que, un mariage groupé de plus de deux cents personnes *.
Vacher de Lapouge propose même, pour multiplier l'élite, d'employer la fécondation artificielle. Le passage est à retenir : « En opérant dans des conditions déterminées, écrit-il, un très petit nombre d'individus masculins d une perfection absolue suffirait pour féconder toutes les femmes dignes de perpétuer la race et la génération ainsi produite serait d'une valeur proportionnelle au choix plus rigoureux des reproducteurs mâles. Le sperme en effet peut être, sans perdre ses propriétés, dilué dans divers liquides alcalins. La solution au millième dans un véhicule approprié reste efficace à la dose de deux centimètres cubes injectés dans Tutérus. Minerve remplaçant Éros, un seul reproducteur en bonne santé suffirait ainsi à assurer deux cent mille naissances annuelles. Le sperme peut être aussi transporté... J'ai obtenu, à Montpellier, une fécondation avec du sperme envoyé de Béziers par la poste*. »
(i) Morris Hillquit. Histoire du socialisme aux Etats* Unis, Stuttgard, Dictz, 1906.
(2) Vacher de Lapoujre. Les Sélections sociales. Paris, Thorin. 1896, p. 472.
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Les reproducteurs du haras seront divisés en plusieurs catégories suivant leur valeur sociale et rémunérés en conséquence.
Un sujet tout à fait supérieur, un « as » de la reproduction, touchera un traitement au moins égal à celui d'une étoile de cinéma, c'est-à-dire un million par an. Cette somme ne paraîtra pas exagérée si Ton songe que Tadministration des haras a payé des étalons, comme Flydersham et Physician, plus de soixante mille francs. Ce traitement pourra être porté à cinq millions pour les bons raceurs.
En revanche on ne devra pas conserver, quelles que soient leurs performances, des sujets analogues à ce Gladiateur qui, maintes fois vainqueur sur les champs de course, ne put produire aucun coursier remarquable.