‹ Le hasard du coin du feu. Ouvrage illustré de 7 dessins de E.P. MilioChapitre 13 sur 32 · I..\ MARQUISE · texte numérisé non relu

I..\ MARQUISE

La grosse comtesse est donc bien fîère ! Eh ! a-t-elle aussi quitté quelqu'un pour prendre Plessac ? Était-elle par hasard en état de faire un sacrifice ?

LE DUC

Oh ! oui ; elle avait depuis douze ou quinze jours un M. des R..., la plus belle créature du conseil, qui, dit-on, ne revient pas d'étonnement de la fragilité des honneurs et des plaisirs de la cour. On m'a dit encore qu'il avait eu l'intention de proposer à la petite d'unir leurs douleurs et leurs cœurs; mais que quelqu'un qui la connaît, et qu'il a consulté là-dessus, lui a conseillé de n'en rien faire. Le pauvre homme en est donc réduit à sécher dans les feux et dans les larmes! Et pour qui ?

LA MARQUISE

Tout ce qui se passe dans le monde est, en vérité, bien ridicule! Et pourquoi ne revient-elle pas ici ? Elle n'a actuellement rien à faire à la cour.

LE DUC

Pardonnez-moi, Madame, elle y est couchée, poussant les hauts cris, et n'y voulant voir que fort peu de monde.

LA MARQUISE

Quelque peu qu'elle y en puisse voir, elle n'y en voit encore que trop. Le beau spectacle qu'elle y donne! C'est un pays où l'on est bien compatissant, et surtout à des malheurs de l'espèce du sien, pour s'obstiner, comme elle fait, à y rester! Il faut qu'elle soit folle! Je lui écrirai demain que je veux-

absolument qu'elle revienne ici. Est-ce là tout ce qui est arrivé en inconstance . le m c Ce sont, du moins, les seules marquées et dont on parle.

LA MARQUISE

Mais ce n'est pas trop en huit jours.

LE Di C

En effet, j'ai vu des semaines qui rendaient davantage. Ma foi! on a bien raison

de le dire : tout dépérit.

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