‹ Le heros de ChateauguayChapitre 2 sur 2 · LA REVOLUTION AMERICAINE · texte numérisé non relu

LA REVOLUTION AMERICAINE

En 1806, l'Angleterre, en guerre contre Napoléon Ier, ayant besoin de marins, se permit de rechercher et de prendre tous les matelots de naturalité anglaise, qu'elle put trouver sur des vaisseaux étrangers. Elle voulut plutôt opérer sur les vaisseaux américains, qui employaient beaucoup de

marins anglais. La frégate américaine "Chesapeake," fut attaquée par un vaisseau anglais, qui tua et blessa plusieurs hommes de l'équipage et en fit quatre prisonniers, les réclament comme déserteurs.

Aussitôt le gouvernement américain ferma ses ports à la Grande Bretagne, jusqu'à ce qu'elle eût donné satisfaction à l'insulte faite au drapeau de la Confédération. En même temps ils se préparent à la guerre.

Tels furent les événements qui se passèrent entre les Etats-Unis et l'Angleterre entre 1808 à 1809; et les Américains résolurent de s'emparer du Canada qu'ils convoitaient depuis longtemps.

Il y eut de part et d'autre de petits combats sur mer.

La guerre fut déclarée en juin 1812, et fut proclamée aussitôt solennellement à Québec et à Montréal.

En présence de l'attitude de plus en plus agressive des Etats-Unis, le gouvernement anglais qui était occupé à renverser Napoléon, comprit que toute sa force reposait dans les Canadiens en Amérique.

Sir Georges Prévost fut envoyé en Canada, comme gouverneur, il s'efforça, par son administration, de faire oublier aux Canadiens les mauvais traitements qu'ils avaient endurés sous le gouvernement de Sir James Craig. Sir Prévost visita le district de Montréal, la frontière du lac Champlain et les positions militaires qui se trouvaient sur la rive droite du Saint-Laurent. Salaberry de retour d'Europe trouva à son

arrivé, son père occupé, avec messieurs de Courcy et d'Eschambault à organiser une milice canadienne.

Pendant que son père arrêtait dans sa marche l'armée américaine, à la Pointeaux-Trembles, le fils se couvrait de gloire sur les frontières.

Dans la campagne de 18 12, les Américains éprouvèrent plusieurs échecs.

Ils résolurent en 1813, de venger les échecs qu'ils avaient subis l'année précédente.

Au mois de septembre 18 13, le général Hampton franchit la frontière avec une armée forte de 5000 hommes. Ils tentèrent de surprendre le district de Montréal, mais ils furent arrêtés dans leur marche par le colonel de Salaberry, qui n'avait que 600 hommes.

Après quelques escarmouches, l'armée républicaine, n'osant risquer une action générale dans les bois, se retira à Four- Corners. Le colonel de Salaberry, avec 200 voltigeurs et 130 sauvages, surprit leur camp, qu'il jeta dans une grande confusion.

Mais le temps d'agir n'était pas encore arrivé pour Hampton, il attendait le général Wilkinson, pour opérer ensemble. Salaberry avait rendu impraticable par des abatis d'arbres, la route de la frontière jusqu'au village de l'Acadie.

Hampton voulant se rapprocher du corps du général Wilkinson, se dirigea vers la source de la rivière Châteauguay ; mais il trouva cette route embarassée d'abatis d'arbres. Le plant du général Prévost était d'empêcher les deux armées de se réunir.

Dès le 2 1 octobre les postes avancés de Tannée anglaise avaient été repoussés par l'avant-garde d'Hampton sur la route de Piper. Mais le colonel de Salaberry en avait été informé à temps, le lendemain il rejoignit à deux lieues du camp ennemi, à l'entrée d'un petit bois, les capitaines Lévesque et de Bartsh.

Salaberry prit le commandement des troupes, remonta la rivière Châteauguay sur la rive gauche, qu'il choisit à cause de ses ravins très profonds. Toute la journée fut employée à fortifier l'entrée du bois.

La rive droite de la rivière Châteauguay était fortement boisée. Il y mit une partie de ses troupes pour y défendre l'approche d'un gué. Il fit détruire tous les ponts en avant de sa position, puis entre la rivière

et un marais, il fit abattre un grand nombre d'arbres. Il ne cessa de se fortifier qu'à l'approche de l'ennemi.

Tous ces travaux lui permirent de lutter contre des forces supérieures aux siennes, et furent approuvés par le général Watteville. Car il n'avait que 300 Canadiens, une couple d'Ecossais et quelques sauvages, à opposer aux 7000 hommes du général Hampton. Mais Salaberry était doué d'une intrépidité et d'un courage sans bornes.

Il attendit l'armée américaine d'un pied ferme, confiant dans le succès.

Le général Hampton divisa son armée en deux corps. Le premier était composé de cavaliers et de fantassins, soutenus par 2000 hommes, se présenta d'abord

dans la plaine, pour attaquer de front les Canadiens sur la rive gauche de la rivière- L'autre corps commandé par le général Purdy qui avait sous ses ordres 1500 hommes, était chargé d'opérer sur la rive droite, pour prendre cette position à dos, après avoir franchi le gué, dont je viens de parler.

Le front de bataille de Salaberry, était défendu par trois compagnies et quelques sauvages. Les lignes étaient défendues par des Ecossais, postés derrière des abatis d'arbres.

Le général Hampton, envoya en avant une compagnie d'infanterie commandé par un officier de haute stature qui, en s'avançant, criait aux voltigeurs en français : " Déposez les armes, braves Canadiens,

nous ne vous voulons pas de mal ! " Pour toute réponse, il reçut une balle en pleine poitrine, qui le renversa de son cheval, ce fut le signal de la bataille.

Les Américains furent reçus par une décharge générale ; les Américains tiraient au hasard, car ils ne voyaient pas leurs adversaires qui se cachaient derrière des abatis d'arbres. Ils furent repoussés partout et échouèrent dans leur tentative d'entourer les braves voltigeurs de Salaberry ; ils furent obligés de se retirer après avoir essuyé de grandes pertes.

Mais le bruit de la fusillade attira l'attention du colonel Purdy qui était après opéré de l'autre côté de la rivière, et qui s'était égaré. Il porta ses troupes en avant, et força les troupes anglaises à reculer.

C'était le moment où les troupes du colonel Hampton retraitaient.

Salaberry voyant Hampton fuir, s'empressa d'aller sur l'autre point. Il envoya en avant, ses voltigeurs, qui ouvrirent un feu si meurtrier sur le flanc ennemi, ceux-ci fuirent en désordre, et finalement retraitèrent avec précipitation.

Telle était l'ardeur des combattants, qu'on vit des voltigeurs traverser la rivière à la nage, pendant le feu, pour aller forcer les Américains à se rendre prisonniers, (i)

C'est ainsi, qu'après une bataille de quatre heures, le colonel de Salaberry devient maître du champ de bataille, après avoir battu 7000 Américains avec 300 voltigeurs.

(1) Garneau, Histoire du Canada, vol. III, page 172.

Le colonel de Salaberry fut remercié publiquement par le gouverneur Prévost, lui et ses voltigeurs.

Une médaille d'or fut frappée en son honneur.

La guerre continua Tannée suivante 1814, mais les Américains ayant été battus presque partout, s'empressèrent de signer un traité de paix à Gand, qui mit fin à la guerre.

En 18 18, Salaberry fut nommé conseiller législatif.

Il mourut à Chambly, le 27 février 1829, à l'âge de 51 ans, on l'enterra dans la nouvelle église de Chambly, l'ancienne église ayant été détruite par l'incendie de 1806.

Monsieur de Salaberry a laissé pour le pleurer, un fils, qui fut plus tard député Adjudant-Général de la Milice de la Province de Québec.

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