LE MONDE OU L'ON TETTE
Jamais ce monde ne demeure
Dans le repos :
Quand au rire on le croit dispos, Il pleure!
Son fantasque et mobile esprit
Est plein de charmes :
Quand on le croit prêt pour les larmes, Il rit!
Un rien, un souffle qui Teffleure
Peut l'affoler;
Et voulez-vous le consoler?
Il pleure!
Parfois il tombe, il se meurtrit,
Et son front saigne; Mais, tout étonné qu'on le plaigne, Il rit!
Pour lui la vie extérieure
Semble un tourment :
Dès qu'il faut mettre un vêtement, Il pleure !
Candide en ses goûts, il chérit
La simple mise :
Otez-lui jusqu'à sa chemise.
Il rit!
A des amis veut-on une heure
L'aller montrer?
A tous ceux qu'il va rencontrer Il pleure !
Dans la nuit sa lèvre fleurit,
Quand il s'éveille; Son père en vain veut qu'il sommeille Il rit!
Voici du lait, des œufs, du beurre.
Pour le sevrer :
Mais au sein il veut s'enivrer.
Il pleure!