‹ Le hochet d'or;Chapitre 18 sur 111 · LES MANIES · texte numérisé non relu

LES MANIES

Les objets dès lors adoptés, A les voir toujours il s'obstine :

C'est pour lui que sont inventéfî Les oreillers de la routine.

Il croirait perdre la raison, Si Ton lui changeait ses usages :

Il veut toujours, à la maison^ Mêmes aspects, mêmes visages.

Tous ses actes sont assurés, Tout nouveau changement l'irrite :

Il a ses jouets préférés, Il a même sa favorite.

Qu'on observe, à table, en sa cour.

L'ancienne étiquette du Louvre :

Il salue avec même amour Le sucrier qui se découvre.

Toujours près des mêmes voisins Son fauteuil doit garder sa place :

Il est tiède pour les cousins.

Pour l'étranger il est de glace.

C'est surtout, le soir, au coucher. Que le cérémonial règne; Le sommeil viendra le chercher.

Pourvu qu'à ses tics on s'astreigne.

L'un suce ses doigts alternés Ou son édredon qu'il triture; L'autre se chatouille le nez Du duvet de sa couverture;

Un autre dans un vieux fichu Sent seulement ses yeux se clore; Ce n'est plus qu'un haillon déchu, Quand l'Habitude reste encore.

Ainsi chaque jour est rempli, Toute l'existence est réglée :

L'âme en naissant reçoit son pli, D'un bandeau facile aveuglée.

0 petits vieux de quelques mois.

Qui supportez ces tyrannies, Qu'on aime à suivre les exploits De vos adorables manies I

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