LA JOIE D'ÊTRE GRAND-PÈRE
....Et le bon vieux, la canne entre les jambes, Dit en riant : « Oui, plus d'un s'y trompa; Si nous étions moins sourds et plus ingambes, Chacun voudrait devenir Grand-Papal
Vous ignorez le bonheur que procure
La dignité de ce titre charmant :
Être Grand-Père est une sinécure.
Qui, par malheur, ne dure qu'un moment.
Des beaux bébés le rire intarissable.
Malgré nos maux, toujours nous divertit : On cause, on joue, on fait des tas de sable. On fait la bête avec le plus petit.
LA JOIE DÈTRE GRAND-PERE 16t
Quand Mai fleuri conseille qu'on espère, Ensemble aux champs, joyeux Bohémiens, Nous flânons tous, petits-fils et Grand-Père, Car les enfants de mon fils sont les miens.
Mais pour mon fils si je fus trop sévère. Pour ses enfants je me sens faible et doux : Je leur permets de vider tout mon verre Et de grimper cent fois sur mes genoux.
Avec les ans Tindulgence est venue.
Je ne sais rien qu'absoudre et que bénir! Tout est plaisir, la peine est inconnue; Car je n'ai plus le chagrin de punir! »
LE BAPTÊME DU FLOT
Sous un soleil de flamme, ainsi que dans un rêve
Éblouissant, Se déroule, déserte, immense, en blanchissant,
La Grève.
Du fond de Thorizon, où comme un sourd sanglot
Remplit la brume, Part et s'approche, avec son aigrette d'écume.
Le Flot.
Et portant vers la vague, où le vent s'exaspère,
Un bébé nu, S'avance à pas hardis le marin devenu
Grand-Père.
LE BAPTEME DU FLOT
« Et le vieillard présente au grand Flot triomphant
« L'être qui pleure, « Mais le Mot s'adoucit et d'un baiser effleure
« L'enfant! »
LE BAPTEME DU FLOT 165
Et le vieillard présente au grand Flot triomphant
L'être qui pleure, Mais le Flot s'adoucit et d'un baiser effleure
L'Enfant!