LE 2 JANVIER
Tout en roulant des cigarettes, Le pied se prend dans les charrettes : Pauvres papas !
Des bazars folle succursale, Le salon voit avec la salle D'étranges envahissements; Sur les fragiles étagères Voltigent les balles légères :
Pauvres mamans !
Partout des tirs, des jeux de boule, Quelque chemin de fer qui roule.
Cassant tout pendant les repas :
Les clowns, les pantins à cymbales Contre vous forment leurs cabales, Pauvres papas !
Que de fracas ! Tambours, trompettes, Rauques soufflets de mille bêtes, Automatiques instruments, Voix, chants et cris, jamais oreilles N'ont subi tortures pareilles :
Pauvres mamans !
Du nouveau sport un nouveau membre Fait déjà du tricycle en chambre, L'exercice est rempli d'appas ; Sans attendre les doux zéphires, Lancez sur les lacs les navires.
Pauvres papas !
Si quelque poupée est venue, Prenez l'aiguille ! elle est bien nue, Il lui faudrait des vêtements :
Puis pour charmer vos demoiselles, Sautez à la corde avec elles, Pauvres mamans!
Voilà certes de vrais supplices, Mais vous en êtes les complices Et vous ne vous en plaignez pas :
C'est votre joie et votre vie, 0 mamans à Fâme ravie, Heureux papas !