‹ Le hochet d'or;Chapitre 85 sur 111 · CONCOURS DE BÉBÉS · texte numérisé non relu

CONCOURS DE BÉBÉS

Et ce monde délicieux, Dans la salle aux voûtes sonores, Où souvent de beaux mirliflores Bat l'entrechat facétieux,

Aux bras des mamans et des bonnes Gazouille et crie avec fracas.

Remplaçant la voix des trombones Qui rythment Tessor des polkas.

L'appel se fait; et tous, sans faute, Répondent à leurs numéros.

Laissant sous les langes qu'on ôte Voir tout ce qui fait les héros.

Tous défilent, yeux d'escarboucles, Bleus, gris, verts comme les houblons.

Cheveux absents ou longues boucles, Bruns, roux, châtains et surtout blonds.

Des teints, des chairs toute la gamme.

Nerfs vibrants ou muscles d'acier, Fille du petit épicier Ou fils de quelque grande dame :

Tous sont dévêtus, visités D'une manière très courtoise, Pesés et passés à la toise.

Retournés, palpés, auscultés.

Sur eux est braqué le binocle Du Président, des assesseurs, Ainsi qu'un marbre sur un socle Est contemplé des connaisseurs ;

Les doctes examinatrices Font deviner, dans leurs propos.

Leurs remarques approbatrices Par les plumes de leurs chapeaux.

Enfin la voici, forte et calme, La merveille des nourrissons, Celle qui sur tous les garçons Mérite d'emporter la palme!

Bien prise, solide des reins, Élancée et svelte et sereine, Elle semble aisément la reine Des Bébés ses contemporains.

Maintenant tresse, 6 Renommée, Tes couronnes et tes festons!

La lauréate est proclamée :

Battez, tambours; soufflez, pistons!

Honneur à la beauté robuste!

Tandis que, d'orgueil rougissant, La mère, fière de son sang.

Reçoit la récompense juste.

CONCOURS DE BEBES 219

Toutes l'admirent en rêvant, Se demandant avec envie Comment, sous quel arbre de vie Peut croître une semblable enfant !

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