CHAPITRE PREMIER
Observations.
CBSERVATION I
(Communiquée par M. Ragot)
M. E...G..., quarante-six ans, tonnelier. Sans antécédents | pathologiques, aucuns phénomènes prodromiques les jours précédents. Etat de santé parfaite. Un soir, le 16 novembre 1920, après une journée de travail particulièrement pénible, à rouler des barriques sur les quais, rentre chez lui en sueur; il néglige de changer de flanelle et s’assied dans sa chambre la fenêtre ouverte pour lire son journal. Le hoquet apparut aussitôt, il n'y fit guère attention d'abord-mais il en éprouva une grosse gêne pendant son repas. Il continua à hoqueter toute la nuit ; le lendemain il ne put aller à son travail et le soir du second jour il se décida à entrer à l'hôpital, craignant que ce hoquet si persistant ne fut le prélude d'une maladie grave. |
Je le vis le lendemain matin : il avait la figure rouge et les yeux un peu injectés. Pas de température. L’auscultation ne décèle rien. Le hoquet entrecoupait ses paroles et j'eus de la peine à comprendre son histoire. Les secousses étaient très fréquentes, une toutes les dix secondes environ. Le bruit glottique était si fort que cela provoquait l'hilarité de la salle, et que pour la nuit on dut le mettre dans un cabinet isolé. C'était le premier cas que je voyais et je ne connaissais pas l'existence d’un hoquet épidémique. Le simple effort qu'il faisait pour me causer semblait redoubler son hoquet et à un certain moment il faillit vomir. Je le condam-
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nai au silence, lui fis donner des morceaux de giace à sucer, et lui fis une injection d$ un milligramme d’atropine.
Quand je revins le soir à cinq heures, je trouvai mou malade guéri, il me demanda à sortir de l'hôpital. Le hoquet avait cessé vers trois heures, il avait donc duré près de quarante-huit heures. J'ai revu cet homme depuis, il n'a rien ressenti de nouveau.