LB DÉPUTÉ
Citoyen Rozel !
SYLVAIN
En condamnant cette femme, que j’étais sûr de sauver, vous tuez mon frère, que voici gisant anéanti à mes pieds. Vous m’étez toutl Vous avez desséché mon cœur. J’avais pour la patrie, notre mère, un cœur d’enfant idolâtre, fanatisé. A elle chaque battement, chaque souffie, toute ma viel C’était trop peu pour payer un de ses sourires ; elle était ma force et ma foi. N’avons- nous pas toujours entendu dire, nous autres soldats, que tout ce qui s’abrite sous 1 étendard est inviolable et sacré? N’est-ce pas pour cela que nous le levons si haut dans les batailles, et qu’en tombant nous lui faisons hommage de notre dernier soupir? Eh bien! on nous a trompés, mensonge! Le drapeau, impuissant, n’a rien gardé dans ses plis! Je l’ai eu, moi. je l’ai rapporté autour de ma poitrine ! Je l’ai étendu, tiède encore de mon sang, sur la tête d’une enfant que je voulais rendre â mon frère, et je ne demandais que sa grâce pour toute récompense, et la patrie m’a répondu : Non! Et cette femme est morte assassinée par votre loi, sous mon drapeau!
(L« Député fait un signe il l’un des oTiciers, qui sort précipitamment.)