SCÈNE II
LA MARQUISE, PÉLACHOT.
LA MARQUISE, venant de droite.
Riche et riant pays. Je ne regrette pas ce dur voyage. Le domaine est superbe.
PÉLACHOT.
Madame la marquise s’y plaira. Je me régale ici de ‘ dire madame la marquise. Ce n’est pas comme à Paris.
LA MARQUISE
Oui, à Paris, vous vous régaliez de m’appeler citoyenne et de me tutoyer. (Elle va s’asseoir sur le Ltfne, à droite.) Dieu merci ! nous voilà en Allemagne. -
PÉLACHOT.
Ce n’a pas été sans peine, et j’ai donné un fameux coup d’épaule avec mes certificats de civisme. Après tout, madame est marquise et monsieur son fils marquis de Manslein , cela fera très-bien ici en Allemagne ; mais à Paris, d’où nous venons, ah 1 grand Être suprême, cela faisait bien mal, et sans moi le voyage de madame la marquise se fût arrêté à la place de la...
LA MARQUISE
Mon cher, le jour où certain déserteur affamé, traqué, qui s’appelait Germain Pélacliot, vint se réfugier dans mon hôtel, je certifiai qu’il se nommait Anacharsis; sans mon témoignage, il était fusillé. A son tour, Anacharsis a certifié mon patriotisme et obtenu pour moi ^ et mon fils la liberté de passer un mois en Allemagne, j’en suis reconnaissante ; mais si nous comptions bien, vous me redevriez encore quelque chose : ne comptons