SCÈNE V
Les Mêmes, LE GOUVERNEUR, BRAXDT.
ELUMi-NTHAL.
Eli! bonjour, mon cher ami... Je n'espérais pas vous voir si lot.
LE GOLVERIVEUR.
Ni moi non plus... mais c'est Sa Majesté qui a avancé ma visite (Je qucKjues jours.
CHARLES
Et toi , mon vieux Brandt , est-ce aussi le roi qui t'envoie prcs de nous?
BRATs'DT.
Oui... je vous expliquerai ça plus lard.. . mais laissez toujours pailer l'ancien, parce que, voyez-vous? provisoirement, c'est mon chef de file... I\t respect à la discipline... Je ne connais que ça.
BLUMENTHAL
Ah ça ! quelles nouvelles de l'arinéel
LE GOUVERNEUR
Excellentes! mon ther, excellentes 1 Les hostilités ont recommencé... Tous nos braves se portent en avant; et moi, vu mon âge et la nature de mes fonctions, j'ai reçu l'ordre de me porter en arrière... comme de coutume.
THEODORE
Oiii-, et malgré tout ça, vos campagnes vous comptent double , a est-ce pas ?
LE GOUVERNEUR
Ce n'est pas votre affaire, monsieur... (^jd BlitmenthaL )
Au surplus, vous saurez, mon ami, que Sa Majesté vous appelle au commandement d'une colonne d'infanterie.
BLUAÎENTIIAL.
Est-il vrai?... Je pourrai donc encore ajouter quelque gloire au nom de Blumentlial.
LE GOUVERNEUR
Ça dépendra de vous , absolument. . . Quant à moi , je vous remplacerai^ jusqu'à nouvel ordre, dans le comiiiandement du fort de Newrod... Voilà mes instructions et les vôtres.
THEODORE , bus.
Nous tombons bien.
BRANDT
Si vous voulez jeter en même temps un coup-d"œil sur ma nomination de concierge, mon commandant, ça m obligera.
CHARLES
Comment, concierge, toi?
BRANDT
Eh! mon Dieul oui. Voyant que, malgré mon éloquence, je ne pouvais pas obtenir votre grâce : Coibleu, sire, ai-je dit, envoyez-moi du moins près d'eux... — Attends, me répondit le roi, tu es un brave; tu as combattu long-temps; tes services méritent une récompense... La place de concierge de Newrod est vacante; je te la donne. — J'accepte, sire, puisqu'il n'y a p s d'autre moyen de me rapprocher de mon baron; mai^ je vous préviens (|ue je donne ma démission aussitôt qu'il sera libre; car, voyez- vous? fermer les portes, ce n'est pas mon fort : j'ai toujours mieux aimé les enfoncer, moi... Là-desssus il prend la liberté de me rire au nez... il signe mon brevet... je pars dans la compagnie de... Enfui, c'est égal... je pique dos deux, et me voilà. ( Pendant ce temps , Btuineiithal parcourt ses dépêches. J
Air : l'amour a'iisi qiCUi nature...
Nous fum'rons pour nous distraire, Nous boirons en parlant d'guerre.
Ah 1 l'essentiel , mes amis , C'est qu'iious soyons réunis.
Quand l'enimi viendra, ce m'serable.
Si nous n'pouvons l'arroser.
Nous nous ennuierons ensemble, Et c'est presque s'amuser.
LE corVEBNEUR, à Blumenthaî.
Les instructions stuit pr«'cises, n'est-ce pas?
BLUMENTHAL
Gui , sans doute \ et il îaiit nous h ter de les exécuter.
LE GOLVERNEUK.
Ail ça! dites moi donc?... Avez-vous parlé à la petite?
BLIMENTIIAL.
Soyez traiicjuilie, elle est prévenue... mais ce n'est pas le moment de nous occii|)er de cette affaire.
THEODORE
Qu'est-ce c^uils disent donc?
BLUMENTHAL
Suivez-moi... Il faut que je vous présente à la garnion,
LE GOU\ERNEUR.
AL'- oui ,à propos.
Bi.L'>!ENTHAL, a Biandt.
Vous, mon ami;, attendez ici mes ordres.
ERANDT, faiuatit ir.iUtuirciiient.
Oi i , mou commandant,
BLUMENTHAL
Air du Vaudeville des Vpa'de'.tes de Grenadier. Venez, mon cher ; à mon devoir fidèle , Des ennemis e cours hraver les conps ; Un vicnx soldat , quand la gloire l'appelle, Ne se fait |ias attendre au rendez-vous.
CHARLES, THÉODORE et BRANDT.
Qu'il est heureux! à son devoir fidèle. Des ennemis il va hraver les coups.
Ah ! quand la gloire en ce jour nous appelle, Faut-il , hélas , manquer au rendez-vous !
lE GOUVERNEUR.
Venez, mon cher;., a mon devoir fidèle, Des ennemis, moi , j'évite les coups.
! Je suis prudent, et, dans la citadelle, 1 \ J'ai mieux aimé prendre mon rendez-vous.
BLUMEATHAr.
Venez, mon cher, etc.
( Blumcnihal sort avec le gouvcTiicur par la droite. )