‹ Le hussard de FelsheimChapitre 3 sur 32 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CHARLES, THÉODORE, ]>ages du Hor, Officiek.s Sentinelles <^rt/i^ le fond.

(^Au lever du rideau, les Pages sont couchés sur des bancs autour de la salle., et donnent profondément. Deux jeunes officiers en font autant. Les sentinelles se promènent dans le fond. Ll j a une bougie allumée sur chaque table. La fui de T ouverture sert d'introduction au morceau suivant. )

UNE SENTINELLE, en deJiors , pendant une nuisiçiie mystérieuse.

Qui vive?

THÉODORE , de même.

Pase du roi!

VyU UES SENTINELLES DU fUtili , plus boS .

Qui vive?

( Charles et TJiéodore paraissent. )

CHARLES

Page du roi. ( Ils parlent bas à la sentinelle , et entrent avec précaution dans la salle des gardes. )

Air de M. Doche fils.

ENSEMBLE

Enfin nous voilà de retour...

Prenons garde qu'on ne s'éveille...

Nous sommes encor loin du jour...

( Us vo/it regarder ceux qui sont couchés. )

Ils dorment tous... c'est à merveille!

(Charles s'approche de la table de gauche, Théodore de celle de droite.)

Mettons-nous là... travaillons bien , Le roi ne saura rien.

( Ils sont assis tous deux, et causent en travaillant. )

CHARLES

Nous voilà bien... Cinq cents Frédérics de moins.

THÉODORE

■Saîs-tn qu'il est bien heureux que nous u^^yions pas eu plus d'argent, car nous avions un ni.'ilheiu 1... C'est ta faute aussi, situ as voulu absolument suivre la noire.

CHARLES

Ce n'est pas notre perle qui m'afflige le plus dans cette raaudiie soiiée.

THÉODORE

Il appelle ca unesoirée, lui... depuis quatre lienres après midi jusqu'à àe^iTi. heures du m.iiin... Il est charmant !

CHARLES

Comment ai-je pu oubUer qu'elle m'attendait?

THÉOD.ORE

Allons, bon! te voilà encore avecelle... Mais qui ça? elle enfin... Situ n'en dis jamais davantage, lu ne la compromeiiras pas.

CHARLES

Le premier devoir d'mi amant n'est -il pas d'être discret... Avec ça que je ne sais pas encore son nom.

THÉODORE

A la bonne heure donc... Je disais aussi... (Il sa lèwe.) Ça se trouve hien toujours... car toi, qui rêves tout haut , tu pourrais, sans le vouloir, la perdre de réputation... C'est une très-mauvaise habitude cpie tu as là , au moins... tji le beau sexe le savait^ cela te ferait beaucoup de tort.

CHARLES, se levant aussi.

[caisse donc, tu plaisantes toujours... Si tu pouvais la voir!...

THÉODORE

Oh! je m'en fais bien une ide'e, va... Des yeux bleus.

CHARLES

C'est-à-dire noirs.

THÉODORE

Des cheveux blonds.

CHARLES

Non... bruns.

THÉODORE

Une tournure enchanteresse... une piiysionomie aneélique, etc., etc.. parce que elle, c'est toujours comme ça.

CHARLES

Qu'aura-t-elle dit en ne me voyant pas a la promenade?

Elle t'avait donc donné reudez-vons?

CHARLES

Oui... de loin... par signes. C'est le huitième que nous nous donnions ainsi... Peut-être bien, hier, aurais-je pu lu; parler!... Ah! je ne jouerai plus jamais... C'est une chose affreuse que le jeu !

THÉODORE

Certainement... quand on perd, burtoui.

CHARLES

Pourvu encore que mon vieux hussard , le fidèle Brandr , ne soit pas instruit de ma faute!... il ne me pardonnerait pas.

THÉODORE

Tiens, est-ce qu'il a des droits sur toi ?

CHAULES.

Air : De la Robe et les Bottes.

C'est lui qui forma ma jeunesse , Qui m'enseigna les dcvoiis du soldat, Kn nie disant : La ])lus belle noblesse- Est de mai cher le premier au combat.

Puis il m'aj)pi it à ne jamais me rendre , A ne pas perdre et l'honneur et mon rang.

THÉODORE

Il aurait dû d'abord t'apprendra A ne i)as perdre ton argent.

A propos, dis donc, avauces-tu dans ton [>l.:n de Breslaw, toi?... ( // retourne s'asseoir. )

CHARLES, allant aussi a sa place.

Pas trop... et loi ^ qu'est-ce que tu fais la?...

THÉODORE

Moi?... noe copie delà dernièie réponse du roi à M. de Voltaire... JNotre vieux flatteur de gouverneur a beau dire, ce n'est pas ;:uiusaut la réponse... j'aimais mieux la letire.

CHARLLS.

^ ovons, oùen étaiî-]e resté ?... Ah! là... sous la poterne.

THÉODORE

El moi , sur le haut du Parnasse. ( // bâille. )

CHàKLES.

Eb bien ! qu'esl-ce qne tu as donc ?

THÉODORE

Puen; c'est le Parnasse, apparemment... Je ne sais pas comment ca se fait... mais je crois que mes yeux se ferment... (// conimence à s'endormir. )

CHARLES, appuyant sa tête sur la table.

C'est drôle... et moi aussi... On veut travailler... oa s'assied... on prend la plume, et puis...

THÉODORE

Dis donc, Charles!...

CHARLES

()uoi?

THÉODORE

Est-ce que tu dors?

Laisse-moi donc tranquille...

THÉODORE

C'est égal. .. In aurais mieux fait de prendre la lo ige , parce que la noire... Ne ronfle pas, eniends-lu?... Je n'aime pas ça, moi... Eli! Charles!...

CHARLES

Hein?

THÉODORE

Rien... bonsoir. ( Ils dorment tous deux. ) {^A ce nioinent, Frédéric sort de son appartement y suivi dun officier. Pendant La scène suiuajile ^ l'orchestre joue très-piano et en sourdine le morceau mystérieux du Mdlelier. }

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