SCÈNE VII
Les Mêmes , LE GOUVERNEUR.
LE GOUVERJSEl'R.
Messieurs , je suis porteur d'une mauvaise nouvelle.
BKANDT.
Four nous ?
LE GOUVERNEUR
Hélas! oui... ï e roi ayant découvert que M. de Felslifùni avait (U 1 imprudence de jouer et le malheur de per<lre beaucoup , le condamne à passer trois mois au fort de Nowrod. Voiri l'ordre.
( // lui remet un payier.)
BP. A.\nT.
(Comment', rnfcrmir nxon bnron , au moment oîi l'on
va se b.itire!
LE GOUVERKÏLR.
Voici loi drp, vous dis-jc... (/est vous, monsieur Théo-
dore, qui êtes chargé de conduire le prisonnier à M, votre oncle.
Moi.,., ail! par exemple^ si je ra'nttendaîs a aller en prison , je croyais bien que ce serait pour mon compte.
CHAULES.
Mais qni a pu instruire le roi ?... Vous , peui-être , monsieur....
BRAKDT.
Si je le savais I
LE GOUVERNEUR
Du tout, du tout , ce n'est pas moi... c'est M. de Felsheim lui-même, pendant son sommeil.
THÉODORE
C'est clair , tu auras encore rêvé tout haut... Je te disais bien que ça finirait par te jouer un mauvais tour... Tu vois, moi, je ne rêve pas ; aussi j'ai la confiance de mon souverain... Mais sois tranquille, j'aurai pour mon prisonnier tous les égards, tous les soins...
LE GOUVERNEUR
Je suis forcé de vous quitter , messieurs...
THÉODORE
Oh ! ne vous gênez pas.
LE GOUVERNEUR
Je vais faire tout préparer pour votre départ... {A Tliéodore.^ Vous annoncerez ma prochaine visite à M. deBlumenthal et à sa charmante fille ; entendez-vous.., raontieur ?
THÉODORE
Je n'y manquerai pas,., monsieur.
Air NOUVEAU de M. Saint- Hilaire.
Z.E GOtTVEBITBT}R.
Allons , de la philosophie , Il faut savoir supporter son destin ;
D'ailleurs , l'amitié qui vous lie Adoucira les ennuis du chemin.
THÉODORE, à Charles.
Te êavais bien que pour notre incartade , Nous méritions une bonne leçon ;
Mais devait-on charger Pilade
De conduire Oreste en prisoij?
LE GOUVERNEUR, CHARLES tt THÉODO»ï.
Allons, delà philosophie, Il faut savoir supporter son destio :
D'ailleurs l'amitié qui j > lie
^ I nous \
Adoucira les ennuis du chemin.
BRANDT
Est-il une philosophie Qui puiss' souffrir un semblable destin ?
Miir bomb's ! ou j'y perdrai la vie , Ou c'est pour s'butti' qu'ils s'mettront en chemin.
(Ze gouverneur sort.')