Effacé : Mat
à tourmenter les impies, consoleront les bons chrétiens d'une manière toute merveilleuse, annonçant aux uns leur dernier malheur et aux autres leur souveraine félicité. Qui n'estimeroit ce sort heureux, et qui ne s'écrieroit alors : Heureuses les larmes qu'on a versées, heureux les travaux, et les peines qu'on a souffertes pour J. C., puisqu'elles se terminent à un si grand bonheur et à une joye éternelle.
Mais pourquoy le fils de Dieu parle ainsi à ses fidelles serviteurs : c'est parce que' n'est pas craindre le jugement, l'attendre avec joye, ne point redouter le visage du juge, mais paraître devant luy la tcte levée; c'est la marque d'une bonne conscience, come le tremblement est l'effet d'une conscience criminelle, ce qui arrive lorsqu'on a été fidèle à Dieu durant le cours de sa vie.
Aussi nous apprenons de S' Paul que le propre des vrais chrétiens en ce monde est de vivre dans une douce et paisible attente de la seconde apparition de J. C, lorsqu'il viendra en qualité déjuge, parce que c'est signe qu'ils ont le cœur pur et qu'il rend ce fidèle témoignage devant Dieu, qu'ils honorent son p(remie)r avènement, par lequel il est venu en qualité de sauveur, exprimant en eux-mêmes une vive image de sa naissance, de sa mort, et de sa résurrection.
C'est aussi pour nous renouveller dans cette sainte disposition que l'Eglise nous propose ce s(ain)t temps de l'Avent come un temps de ferveur, de désir, de gémissements et de soupirs, et qu'elle nous fait entendre dez le p(remie)r jour cette parole consolante pour ceux qui attendent leur libérateur : regardés en haut et levez la tête, parce que votre rédemption est proche : respicite etc..
Pour suivre donc l'esprit de cette sainte mère, j'entreprends de vous faire voir dans ce discours que j'ay l'honneur