‹ Le Japon: histoire, religion, civilisationChapitre 25 sur 47 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Secte Kégon (Mahâ yana)

Chaîne de la secte

Dans l'Inde : Bouddha (1); Vaghosiia qui, dans le Mahâyêna, Çraddotpâda-Câstra enseigna le grand véhicule, et Nâgârjuna auteur du Mahâ cintyaa, Castra. « Traité du grand inconcevable » 2e patriarche.

En Chine : Le même Nâgâarjuna, To-jun Dhaï-Shi (684) et quatre autres patriarches.

Au Japon : Dô Sen (636) Shin-Shô qui, par ordre du mikado, expliqua l'Avatamsaka — Sûtra dans le grand monastère oriental où, depuis cette époque, on l'enseigne tous les ans.

(1) D'après le Sûtra de la secte, dans la seconde semaine qui suivit sa Bodhification, Càkiamouni exposa le Kégon dans huit assemblées tenues, deux au même endroit et quatre en des lieux différents sur la terre et dans les cieux, 11 pouvait faire cela sans quitter le trône de Tlllumination (sous l'arbre Bodhi). C'est de là qu'il prêchait sa doctrine qui est non conditionnée et infinie (c'està-dire indépendante du temps et de l'espace). Les Gravakas tels que Câriputra et Mahâ-mandja-yana assistaient à la 8e assemblée, bien qu'ils ne soient devenus disciples de Bouddha que postérieurement. Ils y étaient présents par la force de la Dharani de Bouddha, laquelle, comme dit le Sûtra « tourne à volonté tous les Kalpas du passé vers l'avenir ou de l'avenir vers le passé. »

En langage bouddhique on dit qu'il y a six textes du sutra dont le premier est le texte constant et le dernier le texte sommaire. Voici le résumé du texte constant : Chacun des grains de poussière qui remplissent l'infinité des mondes renferme d'innombrables bouddhas qui, éternellement, ont prêché, prêchent et prêcheront l'Avatamsaka soutra. Parmi les pensées de Gakyamouni, une seule constitue la vérité absolue qui s'applique dans le temps et l'espace, ainsi que toute pensée qui ne lui est pas contraire. Ce qu'un bouddha enseigne, tous les bouddhas l'enseignent aussi, ainsi que le dit le Lothus de la bonne Loi.

Doctrine de la secte

L'École divise la prédication du bouddha en cinq périodes dont la première comprend la petite doctrine, soit les six écoles du petit véhicule ; les quatre autres correspondent à des enseignements supérieurs étages.

Des six écoles du petit véhicule (1) :

La première affirme à la fois le moi et les qualités (manifestations) ;

La seconde admet le moi et nie l'existence des qualités ;

La troisième nie que rien apparaisse ou disparaisse (nie le moi et les manifestations).

(4) Cette nomenriature est un exposé abrégé des écoles bouddhiques dans Tordre historique et génésique.

La quatrième affirme la perception actuelle du réel et du transitoire dans un même objet.

La cinquième distingue la vérité commune (les phénomènes extérieurs) qui est fausse, de la spirituelle (intérieure) qui est réelle, mais inaccessible à notre entendement.

La sixième professe que les qualités (modes) ne sont que des noms (sans réalité).

Les quatre enseignements supérieurs sont :

L L'enseignement initial (du grand véhicule); tout est irréel.

IL L'enseignement final (du grand véhicule), la doctrine la plus avancée du grand véhicule.

IIL L'enseignement de la soudaineté.

Page 1