LE PÈRE NOURRICIER
\oThrj otre grand sultan — que Dieu fe>^\3 ' soit satisfait de lui I — a dai-
gné conférer à mon épouse l'honneur d'allaiter sa fille. Je suis le sévère gardien des deux fontaines où se désaltère notre petite gazelle, et je ne vous engage pas à vous approcher du domaine que parfume ce lis du Paradis. ®@®®®®®@®®®®®®©®®® ® Quand Zina sommeille sur mes genoux, je ressemble à un cerisier noueux auquel le printemps n'aurait accordé qu'une seule fleur. Quand elle me sourit, je ne sens plus le poids des péchés que j'ai commis et qui m'ont noirci la face. ®® ®@ @® ®@ ®® @® @® @ Souvent, je la cache sous mon manteau. Alors, je ressemble à l'huître qui recèle une perle. Les passants disent : « Que porte-t-il avec tant de soin ? » Les uns croient que c'est une
pâtisserie, les autres pensent que c'est un sac d'or, et certains parlent d'un poème d'amour. . . ®@ ®® ®@ @® @ Ils ont tous raison, car Zina est pour moi un gâteau de miel, un trésor inestimable, une kacida enivrante. ®@ @®