ANIMAUX ARTICULÉS
Crucifères; il tira l'un d'eux, el tous les quatre vinrent à lu fois tomber dans sa main, car ils étaient soudés ensemble par leur partie inférieure. Je le priai de me montrer les six étamines, dont deux courtes cl quatre longues; il n'y en avait en tout que deux, qui, par leur filet, tenaient au bas de la corolle. Ce fut dans la troupe un bruyant éclat de rire, que l'observateur inexact partagea bientôt de bonne grâce.
« Celle-ci du moins est une véritable Crucifère, me dit celui qui riait le plus haut, en me montrant une plante â feuilles divisées en découpures arrondies, d un vert bleuâtre, et dont la tige laissait suinter un suc jaune; puis il enleva fièrement l'un après l'autre les quatre pétales jaunes, en croix, de la corolle. -Voyons, dis-je, le calice à. quatre folioles. - 11 est tombé. -Prenez une Heur en bouton. » Il ouvrit le calice, il n'y avait que deux folioles. « Comptez les étamines. » Au lieu de six, il y en avait une trentaine. Les plaisanteries de l'assemblée changèrent de direction, et le railleur fut raillé à son tour; mais il ne se tint pas pour battu, et il s'écria : « Voyez le pistil ! n'est-il pas organise comme dans la Ciroflée, et les pièces qui le composent ne se décollent-elles pas de bas en haut, laissant les graines suspendues à un ourlet semblable' Vous avez raison, répondis-je; aussi la Grande Éclaire, ou Chélidoine (c'est ainsi qu'on nomme cette plante à suc jaune), est-elle une alliée .le la famille des Crucifères.
Quel est cet arbrisseau, que nous avons trouve en abondance dans les baies et sur le bord du bois? Sa lige est garnie d'aiguillons étalés par trois, par quatre, par cinq, comme 1rs doigts de la main : en dedans de ers épines naissent des toulfes ,1e feuilles d'un vert gai ; l«s fleurs sont jaunes, disposées en grappes pendantes. -C'est le Berberis, ou Èfânc-vinelle. Voyez 1rs six étamines contenues dans chaque fleur: les unes sont appliquées contre le pistil les autres sont couchées dans le creux des pétales. Prenez une épingle, et gratte/, légèrement le filet d'une de celles qui sont étalées e, hors... Voyez comme ce filel
s'est relevé tout à coup, et rapproché du pistil, contre lequel il reste ensuite appliqué; si vous donnez à la branche une secousse subite et violente, toutes les étamines vont se relever avec une vélocité qui échoppe à la vue, et les pétales eux-mêmes suivront celte impulsion. L'expérience fut réitérée à plusieurs
re P«8e8, et le i ivement des étamines fut évident pour tout le monde; il s'é
leva dans la troupe un long cri d'admiration : ., Un arbre sensible!! ' Des étamines qui frémissent quand ou les touche !
.l'avais l'intention de mettre à profit celle herborisation pour préparer mes élevés a I élude des Insectes, de ces animaux contemporains des Fleurs et dont I histoire es) inséparable de celle du Règne végétal. Lue scène du dri «multiple qui se joue sans eiitr'acle dans celle Classe immense vint me fournir h' sujet de ma première leçon, el ce fui un pauvre Hanneton qui en lit les Irais.
Un Hanneton donc traversai! paisiblement, à pied, le sentier an bord duquel nous étions assis. Toul a coup nous voyons courir sur lui, d'un pas agile, nu •'litre Insecte, verl dore, a la taille élancée, aux pâlies longues et fauves.
; "ix cornes fines el mobiles, qui l'attaque avec furie. Le Hanne protégé par
son enveloppe coriace, 8'efforce de fuir; mais l'autre i -ne avec prestesse
'"""'"' '''' '"'• H srs manœuvres rapides in phenl de la démarche lente et des
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^ouvenients lourds de l'inoiïensive créature; tous ses efforts tendent à trouver 80Ug 6 aiU de la cuirasse, et il y réussit après des évolutions multipliées. C'est char eXUémité t,u ve,ltl ' e <l u ' a P lon ge sa tête effilée, et bientôt il la retire HUelf 66 ^ } mm ; Dès lors '• lie s'oppose plus à la retraite du vaincu: mais lier- p ret ' aite désastreuse < lj0 » Dieu ! Le Hanneton ne s'éloigne pas tout enlire' e f tremité (,e ses entrailles est restée au pouvoir de son ennemi, qui les
e avid co, "ps de s
e ment à lui sans les rompre, et les dévore à mesure qu'il les arrache i( 'e sa victime. L'infortuné Hanneton gravit péniblement la pente du Point l' fl i 6 clam l ,ouno a " S()l P our «cbapper au ravisseur; celui-ci ne lâche , eo . lai e fl1 fatal Par lequel il retient sa proie, et il la suit tranquillement, en lous 1 S6S tiraillements atroces sur la résistance qu'il éprouve. Lorsque enfin "larcl b | int,sllns sont dévorés, il abandonne le Hanneton, qui continue sa e languissante vers le gazon, où nous le voyons bientôt mourir.
Carabe lu:inl un Ibnni'lnii.
'otnppg ,''" X s l"'<tacle révolta tous les assistants. Chacun se disposait à jnler- 8érati " tSl '" ''" vn 'n<|iieur, et même à lui faire un mauvais parti, parcommi- (c'ét a j| ,'""," ''' vaincu; mais je m'y opposai. « Laisse/, leur dis-je, ce Carabe V; 'nt(. .!' (,a '" 1 "' '''"'' ; ) achever en paix son repas. S'il se nourrit de proie viliii ,. 0n Ce8t qu'il en a reçu l'ordre du Créateur, qui avail ses raisons pour le 'l'ievou" 11 '" 1 "' M '' is v, " ls ' ''iil'aiils, qui ll( ' vous attendrissez que sur les maux s °cte y S „" avez pas lails ' n'avez-vous pas été cent fois plus cruels que cet InilV (| .. |s "'"''' ■ v,l| is a-t-il été ordonné par la Providence de torturer, de mutiler, 'les milliers de Hannetons, semblables n celui que vous voyez avec
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indignation devenir la pâture d'un animal qui, sans celte pâture, mourrait d« iaim. Songez que ce Hanneton, qui ne pouvait plus voler, parce qu'il avait accompli sa destinée, et déposé en terre les œufs qui doivent perpétuer son espèce, songez que ce Hanneton n'avait plus désormais que quelques heures à vivre, et que, s il fut mort de vieillesse, son corps aurait, en se décomposant, corrompu la pureté de l'air que vous respirez : il était donc utile qu'un autre animal s emparât de cette matière presque inanimée, et lui donnât une nouvelle vie en 1 assimilant à sa propre substance. Celle prévoyance de Dieu est claire et manifeste, et l'existence des Insectes carnassiers sera justifiée aux yeu* de quiconque sait réfléchir. Quant à celle des Insectes qui, comme le Hanneton, rongent les feuilles des arbres et causent souvent de grands dommages, nous n en devinons pasl utilité, mais, mus n'hésiterons pas à l'admettre, si nous jugeons des intentions secrètes de la Nature par la sagesse merveilleuse qu'elle nous révèle en tant d'autres circonstances. »
Aussitôt les questions plenvent de foules paris : « Qu'est-ce qu'un Insecte '!
- Qu'est-ce qu'un Carabe'!
- Comment un Carabe peut-il dévorer un Hanneton, qui est plus gros que lui'
- Comment le Hanneton a-l-il la force ,1e marcher après avoir perdu *« entrailles ? '
- En quoi le Hanneton, qui vit de feuilles, dilïere-t-il du Carabe qui se repaît de proie vivante ? » Je m'emparai alors de notre Hanneton, ainsi que i' Carabe et je repondis provisoirement à mes jeunes naturalistes:
« Un Insecte est un animal dont le sang est blanc, tandis que celui des Ma*»»leres O.seaux, Reptiles et Poissons est toujours rouge. Soi, corps ne rente*" pas d os auxquels viennent s'attacher ses organes mous ; la partie la plus soli^ de Insecte est située a l'extérieur ; c'est une peau plus ou moins coriace, * dedans de laquelle s attachent les muscles de l'animai.
■ Le corps d'un Insecte (prenez pour exemples le Hanneton et le Carabe) & div.se en trois portions, la tête, le eoneiet, Y abdomen. La tête porte les •/««*
les antenms et la bouche. Les yeux sont taillés e " facettes ; les antennes sont les deux cornes placé« s ^ j) j, sur la 'été au devant des yeux ; la bouche se com-
pose : I» de (\e\\x mandibules dures et crocliU eS ' placées à droite et à gauche ; 1" de deux mâchoire* plus molles, situées en dedans et au-dessous d« s mandibules; 5° d'une lèvre supérieure, iionii»»'''
#0* J " l " ,m '' ,oimiml ordinairement une sorte de visière
qui recouvre les mandibules; 4° d'une lèvre W'
Heure qui est placée au-dessous des mâchoire 8 '
Parte de |a bondis d'un Carabe '. '' e l( ' vrc est une pièce dure et solide; les »""" '"
butes sont des espèces de dénis servant à broyf ou à déchirer les aliments : les mâchoires s " 1 ' '
Labre
labiaux
*i 0. Mandibules.
M l. * rres. p M. Palpes maxillaires !.. Lèvre.