FAMILLE DES PLAN1PENNES
ouvrit-ru, qui marchèrent douze ou quinze de Iront sur une ligne droite. Quelques soldais étaient mêlés parmi eux, et il y en avait de répandus de côté et d'autre de la ligne, à un ou deux pieds de distance, qui semblaient protéger la marche. '» autres soldais montaient sur les plantes, se plaçaient sur les pointes des leuilles, à douze ou quinze pouces au-dessus du sol, et de temps en temps, en frappant sur les feuilles avec leurs pattes, ils faisaient un bruit, auquel l'armée entière répondait par un sifflement, et hâtait le pas. Les deux colonnes delà troupe se rejoignirent à environ douze ou quinze pas de l'endroit où elles s'étaient séparées, et descendirent dans la terre par deux ou trois trous.
Les nègres et les Hottentots sont très-friands de ces Insectes : ils les font griller clans des pots de fer sur un feu doux, les mangent sans sauce, et les trouvent délicieux. Kœnig, clans son Essai sur l'histoire des Insectes, rapporte qu'il en a goûté de préparés de cette manière et qu'ils lui ont paru nourrissants et sains. H dit aussi que quelques Indiens font avec les Termites et de la farine différentes Pâtisseries, qu'ils vendent au peuple à bon marché, et que clans la saison où cette nourriture est abondante , l'abus qu'on en fait produit une dyssenterie épidémique qui emporte le malade en vingt-quatre heures.
Latreille a découvert aux environs de Bordeaux une espèce de Termite dont ''a pu étudier les habitudes, c'est le Termite lucifuge {Termes lucifugum, (le ftossi). Il est noir, luisant; les ailes sont brunâtres, un peu transparentes, av ec la côte plus obscure; les extrémités supérieures des antennes, les jambes et les tarses, sont d'un roussâtre pâle. Il vit en sociétés nombreuses dans les h'oncs de quelques pins et de quelques chênes, vers le collet de ces arbres ; il mange la partie ligneuse la plus voisine de l'écorce sans attaquer celle-ci, et Pratique un grand nombre de trous et de galeries irrégulières. Ces Insectes posaient un acide dont l'odeur est très-pénétrante, et qui peut-être leur sert à ramollir le bois. Ils se sont tellement multipliés à liocbcfort dans les ateliers et les magasins de la marine, qu'on ne peut réussir à les détruire, et qu'ils y font de grands ravages. Aux Antilles, les colons, pour couper le cbemin au Termite Soveeon {Termes mono, de Fabricius) qui habite leur pays, frottent le lieu Par où passent ces Insectes avec l'huile d'une espèce de Ricin. L'huile animale lle Lamantin produit le même effet, et si l'on en verse sur leur nid, ils l'abandonnent à l'instant. Ce Termite est connu dans l'Amérique méridionale sous le nom de Pou de bois.
Les Perles, qui forment le cinquième genre de la famille des Névroptères plani- Pennes, ont trois articles aux tarses; les mandibules sont membraneuses et petites; les ailes inférieures, plus larges que les supérieures , sont doublées sur elles-mêmes au côté interne ; leur corps est allongé, étroit, aplati , avec la tête assez grande, les antennes sélacées, les palpes maxillaires très-saillants; les ailes sont couchées et croisées horizontalement sur le corps ; l'abdomen est terminé ordinairement Par deux soies articulées. Les larves des Perles sont aquatiques et vivent dans des fourreaux qu'elles se construisent, et où elles passent à l'état de nymphes. Elles subissent leur dernière métamorphose aux premiers jours du printemps. Telle est la Perle brune {Perla bicaudata, de Latreille) qui est si commune aux mois de mars et d'avril sur les parapets des quais le long de la Seine; sa 'aille est de huit lignes; sa couleur est d'un brun obscur, avec une ligne jaune
t-ââ INSECTES NÉVROPTÈRES.
longitudinale sur le milieu de la tête et du corselet ; les nervures des ailes sont brunes, les soies de la queue presque aussi longues que les antennes. — La Perle jaune (Perla luira, de Latreille) est une espèce fort petite, jaune verdâtre, qui a l'extrémité des antennes noires, les yeux noirs et les ailes blanches; elle est commune en France, et souvent entre dans nos maisons, le soir, pendant l'été. Sa larve se construit un fourreau de soie, qu'elle recouvre avec les feuilles de la Lentille d'eau, mais elle n'emploie pas cette feuille telle qu'elle csl ; elle la taille et la coupe en petits morceaux carrés très-réguliers : elle ajuste bout à bout sur son fourreau ces petites plaques vertes, qui forment une espèce de spirale semblable à un ruban vert, qu'on aurait roulé sur un cylindre. Ce joli fourreau, que vous ne prendriez pas pour la demeure d'un Insecte, est ouvert aux deux bouts : lorsque la larve veut se changer eu nymphe, elle en ferme les deux ouvertures avec des fils de soie qu'elle croise en différents sens, pour eu former une espèce de grille à chaque bout : ces grilles suffisent pour interdire l'entrée de sa demeure aux Insectes carnassiers et donner passage à l'élémenl dans lequel vit l'animal. Cet ouvrage fait, la larve change de peau, et devient une nymphe longue, dans laquelle on distingue aisément les différentes parties de 1 Insecte parfait. Au bout de quelque temps on le voit sortir de ce fourreau, qui est près de la surface de l'eau, et s'élever ensuite dans l'air, qu'il doit habiter sous sa dernière forme.
Famille des Néviuiptèbes plicipennks. — Cette famille, qui se compose du genre Frioane, de Linné, se distingue des deux autres familles de 1 ordre des Névroptères par l'absence des mandibules et la disposition des ailes inférieures, qui sont plus longues que les supérieures, et plissées dans leur longueur : de là le nom de pUeipennes, signifiant ailes plissées, par opposition à celui des pianipennes ( ailes étalées ) que porte la famille précédente.
Les Friganes ont l'air, au premier coup d'œil, de petites Phalènes, ce qui les a fait nommer par Réaumur Mouches papUlonacées ; leur corps forme avec leurs ailes un triangle allongé, comme chez beaucoup de Lépidoptères nocturnes ; leur tête est petite et porte deux antennes sélacées fort longues et dirigées en avant; les yeux sont arrondis et saillants. 11 y a deux yeux lisses sur le front; les palpes sont au nombre de quatre, les maxillaires ont cinq articles et les labiaux trois ; le labre est courbé, les mâchoires sont réunies à une lèvre membraneuse. Le corps est ordinairement hérissé de poils ; les ailes sont simplement veinées, colorées ou presque opaques, souvent soyeuses ou velues, et toujours en toit très-incliné; les pieds sont allongés, épineux, les tarses ont cinq articles. - Les Friganes volent rarement pendant le jour, elles ne prennent l'essor que vers le coucher du soleil ; elles s'éloignent peu du bord des eaux parce que les femelles déposent leurs œufs sur les plantes aquatiques; ces œufs sont enveloppes d une matière glaireuse, de la consistance d'une gelée molle et semblable à du frai de Grenouille, qui s'attache promptement à la plante. Les petites espèces voltigent par troupes au-dessus des étangs et des rivières ; plusieurs pénètrent le soir dans les maisons, attirées par la lumière, et viennent y brûler leurs ailes: elles volent avec vitesse et légèreté, marchent très-vite et semblent glisser en marchant: quand on les prend avec les doigts-, elles y laissent une odeur fétide.