FAMILLE DES MELL1FÈKES
antèr cures ; d'autres, grimpant le long des parois verticales, se réunirent à elles, en s'accrochant à leurs jambes postérieures, au moyen de celles de la première paire ; elles composaient ainsi des chaînes fixées par les deux bouts aux parois supérieures de la cloche, et servaient de pont ou d'échelle aux Ouvrières qui venaient se joindre à leur rassemblement : bientôt celui-ci forma une grappe dont lés extrémités pendaient jusqu'au bas de la ruche, et il représenta une pyramide on cône renversé dont la base était fixée contre le haut du récipient.
Pour leur épargner les excursions et hâter le commencement de leurs travaux, Huber plaça près de la ruche une mangeoire pleine de sirop de sucre ; elles y vinrent en foule prendre leur repas, puis elles retournèrent sur le massif pyramidal. Bientôt après, ce massif offrit une immobilité complète; les Abeilles civières digéraient, et pendant que leurs membres étaient en repos, leurs organes intérieurs élaboraient la cire. Quelques heures après, on put observer qu'elles avaient presque toutes des lames de celte substance sous les anneaux de leur abdomen, qui paraissaient galonnés de blanc. Tendant le repos des Cirières, les petites Abeilles, ou nourrices, avaient conservé toute leur activité ; elles seules allaient aux champs, rapportaient du pollen, faisaient la garde à la porte de la ruche, s'occupaient à la nettoyer et à mastiquer ses •tords avec de la propolis. Le lendemain, Huber porta toute son attention sur •a voûte du récipient de verre, bien persuadé que les préludes de la construction des gâteaux devaient avoir lieu au centre des massifs, et qu'ils ne tarderaient pas à se faire remarquer. Ce massif était toujours composé des mêmes individus; la lumière qui éclairait la base de la cloche se reflétait vers son sommet, et permettait de voir distinctement les premiers chaînons de toutes les chaînes d'Abeilles qui pendaient du sommet de la voûte; les couches concentriques formées par ces animaux ne laissaient entre elles aucun intervalle ; mais la scène changea bientôt. Une Cirière se détacha d'une des guirlandes centrales de la grappe, fendit la presse en écartant ses compagnes, chassa a coups de tête les chefs de file qui étaient accroches au milieu de la voûte, et forma, eu tournant, un espace vide dans lequel elle pouvait se mouvoir libremet. Elle se suspendit alors au centre du champ qu'elle avait déblaye, et qui avait trois pouces de circonférence. Aussitôt, elle saisit une des plaques de cire qui débordaient ses anneaux ; dans ce but, elle approcha de son ventre une des jambes de la troisième paire; elle l'appliqua immédiatement contre son corps, ouvrit la pince formée par la jonction de la palette avec la brosse, insinua «droilement la dent de la brosse sous la lame qu'elle voulait enlever, referma l'instrument, enleva la plaque de cire, et la prit enfin avec les ongles de ses jambes antérieures pour la porter à sa bouche. L'Abeille tenait alors cette lame dans une position verticale; elle la fit tourner entre ses mandibules a l'aide des crochets de ses premières jambes; et le bord de cette lame lut urisé et concassé en peu d'instants; les parcelles de cire qui s en détache, en . tombèrent aussitôt dans la double cavité bordée de poils que vous avez remarquée en étudiant les mandibules des Abeilles ; ces fragments, presses par d autres nouvellement hachés, reculèrent du côté de la bouche, et sortirent de ^Ite espèce de filière sous la forme d'un ruban for. elro.t. Ils se présentèrent
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ensuite à la lèvre inférieure ; celle-ci les imprégna d'une liqueur écumeuse, semblable à une bouillie. La languette faisait, dans cette opération, les manœuvres les plus variées : tantôt elle s'aplatissait comme une spatule; tantôt c'était une truelle s'appliqnantsur le ruban de cire; d'autres fois elle s'offrait sous l'aspect d'un pinceau terminé en pointe. Après avoir enduit toute la matière du ruban avec la liqueur dont elle était chargée, la lèvre poussa en avant cette cire, et la força à repasser une seconde fois dans la même filière, mais en sens opposé. Le mouvement qu'elle communiquait à la cire la fit avancer vers la pointe des mandibules, et, à mesure qu'elle passait sous leur tranchant, elle était hachée de nouveau.
L'Abeille appliqua enfin ces parcelles de cire contrôla voûte de la ruche. Le gluten dont elle les avait imprégnées facilitait leur adhésion ; puis elle continua cette manœuvre jusqu'à ce que tous les fragments qu'elle avait hachés et humectés de liqueur blanchâtre fussent attachés à la voûte ; elle commença alors à faire tourner entre ses mandibules le reste de la lame qu'elle avait tenue écartée pendant la fabrication du ruban; cette seconde opération fut semblable à la première, puis l'Ouvrière appliqua au plafond les particules qu'elle venait de préparer, et ne s'arrêta que quand elle eut épuisé la matière que cette plaque pouvait lui fournir. Une seconde, une troisième plaque furent ensuite mises en œuvre par elle, de la même manière; enfin elle quitta la place, et se perdit au milieu de ses compagnes.
Aussitôt une autre Cirière lui succéda, saisit une de ses plaques et la travailla comme sa devancière; elle ne déposait point au hasard les fragments de cire qu'elle avait mâchés ; le petit tas qu'avait fait l'Abeille Fondatrice la dirigeait, car elle plaça le sien dans le même alignement et les unit l'un à l'autre par leurs extrémités; une troisième Ouvrière vint la remplacer et arrangea ses matériaux près de ceux que ses deux compagnes avaient accumulés, mais ils furent imparfaitement alignés et faisaient angle avec les premiers: une autre Ouvrière s'en aperçut, et enleva cette cire mal placée pour la porter auprès du premier tas; elle la disposa dans le même ordre et suivit exactement la direction qui lui était indiquée. 11 résulta de ces opérations un bloc dont les surfaces étaient raboteuses et qui descendait perpendiculairement au sommet de la voûte : ce n'était encore qu'une simple cloison en ligne droite et sans la moindre inflexion , longue de six à huit lignes et élevée à peine d'une ligne et demie ; elle se rabaissait vers ses extrémités.
Bientôt l'espace vide formé au centre du massif fut remplie par une troupe d'Ouvrières qui s'accumulèrent sur les deux faces du bloc; le voile s'épaissit au point qu'il ne fut plus possible de suivre leur travail : et Huber dut se contenter pour cetLe fois d'avoir vu les premières manœuvres des Abeilles et l'art avec lequel elles posent les fondements de leur édifice.
Après d'inutiles efforts poursuivre les travaux d'architecture des Abeilles Cirières au milieu de la grappe qui les entourait, Huber avait renoncé à l'emploi de la cloche de verre; vainement il avait réussi à éclairer la base de ce massif d'Abeilles accumulées contre le dôme de la ruche ; leur foule innombrable ne lui avait permis de voir que les préparatifs de la maçonnerie. Mais les obstacles n avaient fait qu'irriter sa curiosité, et il ne perdait pas courage : après de Ion-
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gués méditations, il lui vint à l'esprit de contrarier, à certains égards, les habitudes de ces Insectes ; il espéra que, forcés de suivre les inspirations de l'instinct au milieu de circonstances nouvelles, ils lui laisseraient apercevoir quelques traces de l'art que le Créateur leur a enseigné. Mais le choix des moyens était délicat : il fallait éloigner toutes les Ouvrières inutiles momentanément à la construction des gâteaux, sans rebuter celles dont il comptait tirer quelques lumières ; il fallait surtout éviter, tout en les contrariant, de les faire sortir de l'état de nature.
Comme les Abeilles posent toujours les fondements de leurs gâteaux dans le haut des ruches, à l'endroit même où est suspendue la grappe formée par la '«union de tout l'essaim , Iluber pensa que le seul moyen d'isoler les travail-
mises était de les amener à changer la direction de leur maçonnerie et de 'es obliger à construire les gâteaux de bas en haut, c'est-à-dire à faire l'inverse (| e ce qu'elles font tous les jours : manœuvre extraordinaire, mais qui n'était P a s opposée à leur instinct, car il est des cas rares où elles l'exécutent. — 11 lit uonc construire une boîte carrée, haute de neuf pouces, dont le plafond vitré pouvait s'enlever à volonté; il choisit dans une de ses ruches des gâteaux dont les alvéoles étaient remplis d'œufs, de miel et do pollen, afin qu'ils renfermassent tout ce qui pouvait intéresser les Abeilles : il les coupa en bandes d'un pied de l0ll g sur quatre pouces de hauteur, les ajusta verticalement au fond de la caisse, ct eut soin de laisser entre chacun de ces rayons parallèles autant d'intervalle 'lu il y en a d'ordinaire entre ceux que ces Insectes arrangent eux-mêmes. Il
«couvrit ensuite le bord supérieur de chacun des rayons d'une petite tringle e 'i bois qui ne le débordait pas et laissait une libre communication entre toutes
es parties de la ruche ; il restait entre ces baguettes et le plafond un espace de
ln, I pouces : Huber, qui savait que les Mouches ne pourraient poser des fonle| flents sur la surface glissante de la glace horizontale servant de toit à la 1 Liche, espérait qu'elles les élèveraient au-dessus des tringles, c'est-à-dire en
"uitant; son espoir ne fut pas trompé.
"peupla la ruche ainsi construite; l'essaim s'y établit de lui-même; les Alj eilles à petit ventre (nourrices) déployèrent aussitôt leur activité naturelle: elles se répandirent dans toutes les parties delà ruche pour nourrir les jeunes
ai ' v os, nettoyer leur logement et l'approprier à leurs convenances; les gâteaux lu on leur avait donnés, ayant été endommagés vers leurs bords, pour être as-
Ujettis au fond de la caisse, elles s'occupèrent aussitôt à les réparer : on les Cacher la vieille cire, la pétrir, et en former des liens pour consolider leurs
a )°ns. Mais ce qu'il y eut de plus surprenant, ce fut de voir que la moitié de
c le "ombreuse population ne prenait aucune part aux travaux et restait immobile; c'étaient les Cirières, qui, s'étant gorgées du miel qu'on avait misa
e ur portée, se livraient à un repos absolu pour sécréter leur cire. Au bout de ^'"gt-quatre heures, celle précieuse matière élait formée de toutes pièces sous
len
's anneaux, et Huber vit s'élever, sur une des baguettes qu'il avait disposées
'"'■'lessus des gâteaux, ce petit bloc, ou plutôt ce mur à crête arrondie, dont il nva 't si difficilement observé la formation, à la voûte de sa cloche de verre ; mais aft s la nouvelle ruche, comme la grappe d'Abeilles était suspendue au-dessous
des ba
guettes, elle ne gêna plus l'observateur par sa niasse et son opacité.
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Huber allait enfin recueillir le fruit de son ingénieuse persévérance : les Abeilles se disposaient à sculpter sous ses yeux, « et ce ne fut pas, dit-il, sans une sorte d'émotion que nous les vîmes donner les premiers coups de ciseau au bloc qui venait d'être construit sur la tringle. » Ce bloc, au lieu d'être suspendu comme sous la cloche de verre, s'élevait perpendiculairement: c'était un petit mur, long de six lignes, haut de deux lignes, épais d'une demi-ligne ; son bord était arqué et ses faces raboteuses. Bientôt on vit une Ouvrière, de la caste des nourrice!;, quitter la grappe qui pendait entre les rayons, monter sur la tringle, où les cirières avaient posé les matériaux qu'elles avaient retirés de dessous leurs écailles, tourner autour du bloc, et, après avoir visité ses deux faces, se fixer sur celle qui était du côté des observateurs ( nous appellerons par convention cette face du bloc, face antérieure, et celle du côté opposé, face postérieure). L'Ouvrière se plaça donc le long de la face antérieure, de manière que sa tête répondait au milieu du bloc ; elle la remuait avec vivacité; ses mandibules agissaient sur la cire et enlevaient des fragments de manière à former une petite cavité de la largeur d'une cellule ordinaire : c'était une espèce de cannelure dont elle rendait les bords saillants par l'accumulation des particules de cire qu'elle avait broyées et humectées. Après quelques instants de travail, l'Abeille s'éloigna; une autre vint continuer son ouvrage; une troisième, une quatrième, une vingtième, vinrent successivement approfondir la cannelure, rehausser et rectifier les bords latéraux à l'aide de leurs mandibules et de leurs pattes antérieures.
Quand le travail fut arrivé à ce point, une Abeille sortit de la grappe des Ouvrières, fit le tour du bloc, et choisit la face postérieure pour l'objet de ses travaux ; une autre Ouvrière vint presque en même temps travailler vis-à-vis de celle-ci. du même côté, et chacune des deux commença à creuser une cannelure; bientôt, elles cédèrent la place à plusieurs Ouvrières qui contribuèrent tour à tour, et séparément, à compléter les cannelures ébauchées par les deux premières. Ces deux cavités, adjacentes et séparées l'une de l'autre par le rebord commun formé de l'amas des particules de cire tirées de leur intérieur, étaient adossées, chacune pour moitié, à la cannelure primitive creusée sur la face opposée, cannelure qui répondait par son milieu au rebor séparant les deux autres.
Tandis que les trois Ouvrières nourrices travaillaient à approfondir lew excavation, on vit des Cirières s'approcher du petit bloc, tirer de dessous leurs écailles des plaques de cire, les appliquer sur le bord arqué du bloc, et en augmenter la longueur en même temps que la hauteur.
Bientôt, ce nouveau terrain Tut exploité, et sur la face postérieure, au-dessus des deux cannelures, qui étaient un peu moins allongées que la première, un Abeille vint commencer une cavité qui correspondait a la partie supérieure ( Ç la cannelure primitive. Les Ouvrières, en creusant la cannelure isolée de la face antérieure et les deux cannelures du côté opposé, les avaient bordées a droi et à gauche par de petites saillies ou arêtes verticales, destinées à servir base aux pans verticaux des alvéoles. Bientôt, elles bordèrent également ci saillie l'extrémité arquée de ces cannelures, puis ce rebord cintré fut modifie ■ au lieu d'un arc, on vil s'élever des arêles formant, l'une sur l'antre.
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angle obtus, et les cavités offrirent un contour pentagonal (en comptant la tringle pour un des côtés).
Ce lut entre les deux cavités pentagonales que fut creusée la cannelure qui «levait servir de fond à la première cellule du second rang; cette cannelure aurait été pentagonale, comme celles du premier rang, si sa base ne s'était trouvée entre les côtés obliques de celles-ci; mais, par une conséquence nécessaire de sa situation, celte base se brisa en deux lignes, et le contour de la cannelure, au lieu d'offrir une figure pentagonale, comme les précédentes, fut celle d'un Hexagone.
Nous ne suivrons pas Huber dans les détails infiniment curieux qu'il donne sur la manière dont les Abeilles pourvurent à la conformation intérieure de ces cavités : il faudrait, pour les comprendre, avoir sous les yeux la nature même, °u de nombreuses figures; nous vous dirons seulement que celte conformation «erivait de la position respective des ébauches. Les Abeilles, clouées d'une admirable délicatesse de tact, dirigeaient leurs mandibules principalement là où a cire était la plus épaisse, c'est-à-dire dans les parties où d'autres Ouvrières avaient accumulé cetle malière en travaillant sur le revers ; cette manœuvre v ous fera comprendre pourquoi le fond des cellules est creusé angulcusement derrière les saillies sur lesquelles doivent s'élever les pans des trois cellules f jui lui correspondent du côté opposé.
Dans la cellule du premier rang, les fonds des cavités furent donc divisés en Plusieurs pièces qui faisaient angle ensemble, et le nombre comme la forme te ces pièces dut dépendre de la manière dont les fonds ébauchés sur la face °I'Posée partageaient l'espace qui leur était adossé. Ainsi la plus grande des cannelures, qui était opposée à trois autres fut divisée en trois parties (deux ''apezes et un rhombe) , tandis que, sur l'autre face, celles du premier rang, ( I U| n'étaient adossées qu'à celle-ci, ne furent composées que de deux pièces Se ulement (deux trapèzes). Par une conséquence de la manière dont les canuelures étaient opposées les unes aux autres, celles du second rang et toutes celles qui vinrent après, adossées partiellement à trois cavités, furent composées de trois pièces égales, dont la forme était celle du rhombe.
Nous vous avons exposé la manœuvre qui servit à fabriquer deux cellules du Premier rang et une cellule du second ; ceci suffit à l'explication de tout le reste. ais n'allez pas croire que, lorsque les Abeilles ont terminé une cellule, elles ^ ébauchent de nouvelles, il n'en est pas ainsi : les travaux de ces Insectes cuvent une marche combinée; tandis que les uns s'occupent à polir et à perfectionner les fonds, d'autres Ouvrières travaillent à dégrossir les cellules adjacentes : il y a plus encore, c'est que l'ouvrage fait sur une face est déjà un mniencement de celui qui doit se faire sur la face opposée; tout cela se tient 1 un rapport mutuel des parties, qui les rend toutes dépendantes les unes des ' ^ 'es. Ainsi tenez pour certain qu'une petite irrégularité qui aurait lieu dans r avail des Abeilles sur l'une des faces altérerait d'une manière analogue la °nne des cellules situées sur le revers.
^es fonds des alvéoles une fois construits, chacune des arêtes qui en foreut le bord servit de base à l'un des pans de l'alvéole. Ceux du premier rang eut cinq pans (en comptant pour un la surface de la tringle) ; les cellules
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du second rang et des suivanls curent six pans correspondant aux six arêtes des trois riiornbes qui constituaient leur fond ; mais dans ce travail les Abeilles durent tenir compte de l'inégalité qui existe dans les arêtes formant le bord du fond de l'alvéole, inégalité qui produit trois saillies et trois enfoncements pour les Tonds pyramidaux: il fallut qu'elles commençassent à suppléer à ce qui manquait au contour, en ajoutant plus de cire sur les arêtes les moins élevées, qu'elles n'en mettaient sur les plus saillantes.
Iluber avait forcé ses Abeilles à sculpter leurs cellules de bas en haut; il voulut voir si elles agiraient de la même manière dans la direction opposée, qui est leur direction naturelle; il lit pour cela construire une ruche dont le plafond était composé de lames de verre et de bandes de bois placées alternativement dans un plan horizontal; le verre permit de voiries Abeilles travailler sur les tringles, et ces tringles, pouvant d'ailleurs se lever à volonté, montrèrent a l'observateur que la marche des opérations, en descendant comme en montant, était toujours la même ; seulement les travaux de haut en bas produisirent des résultais plus rapides. La célérité de ces architectes est souvent presque incroyable : on les a vus construire eu trois jours un gâteau de deux pieds carres, ce qui fait quatre mille cellules par jour; mais alors les cellules ne sont pas toutes complètes. Celles qui occupent les limites du gâteau ne sont encore qu ebauchées; plus tard elles s'élèvent au niveau des cellules supérieures. Cependant, lorsque tout parait achevé, il reste à mettre la dernière main à l'œuvre, et l'on voit les petites Ouvrières entrer dans chaque alvéole pour en polir et raboter les parois ; elles encadrent de propolis les pans et les orifices des cellules; elles remplacent aussi par cette matière, comme nous vous l'avons déjà dit, »« premier rang de cellules. Si, malgré ces précautions, un gâteau se délache du dôme de la ruche, elles construisent sur ce gâteau de nouvelles cellules jusqu a ce qu'il ait atteint la partie supérieure, ou bien, si la saison des fleurs est passée, elles assujettissent par le bas avec de vieille cire, non-seulement ce gâteau, mais encore tous les autres, comme si, averties par cet accident, elles voulaient prévenir tous ceux du même genre. Est-ce là (le l'instinct ou de l'intel-