ROUSSETTE SANS QUEUE
V Le Kalong {Pleropus jaranicus, DEhji.) a les ailes de cinq pieds (l,G2l) d'envergure; il c^l noir, excepté sur le dessus du cou, qui est d'im roux enfumé; il a ipiolipies [loils blancs mêlés aux autres sur le dos. On le trouve dans lile de .lava, et il a les niéiTies mœurs que l'espèce suivante, dont peut-être il n'est qu'une variété.
i^a Roussette {Ptnropus vuli/aris, Geoff. La Ruusselle, Rui e. Le Chien volant , Daub).
Quoiqm' moins singulier dans ses formes ipic la |iluparl des chauves-souris, cet animal n'en est pas moins un des [dus extraordinaire que l'on connaisse; il est brun ou d'un brini marron en dessus, d'un fauve ronssAtre à la face et aux côtés du dos, d'un noir foncé, ou rpiebiuefois marron, en dessous. Son corps a environ un pied (0 5ij) de longueur, et ses ailes ont une Irès-graïule envergin'e.
Une des premières bizarreries de la roussette est que la femelle, qui a ses deux mamelles sur la poitrine, est sujette il certaines incommoililés pi-riodiques des femmes et de quelipies femelles de quadrumanes. En outre, plusieurs espèces de cette famille ont de cluKpie roté du corps des sortes de podies membraneuses dans Icscpielles elles jilacenl leurs petits pour les transporter aisément pendant qu'elles volent; car elles ne s'en séparent (pie lors<(u'ils sont assez grands pour pouvoir remplir eux seuls et sans secoms to:iles les fonctions de l'animalité. Longlemjis même après et lie ('poque elles les guident on les suivent, les aidant de leur vieille expérien( e. Il résulte de celte habitude (|ue ces animaux vivent en société, et (pion les rencontre 11' plus ordinairement en grande trouiie.
« Les anciens , dit Rull'on , connaissaient imparfaitement ces
(piadrupèdes ailés, qui sont des espèces de monstres, et il est vraisemblable que c'est d'après ces modèles bizarres de la nature (pie leur imagination a dessiné les harpies. Les ailes, les dents, les grill'es, la cruauté, la voracité, la saleté; tous les attributs diU'ormes, toutes les faillites nuisibles des harpies, conviennent assez à nos roussettes. Hérodote parait les avoir indi(piées lorsipi'il a dit qu'il y avait de grandes chauves-souris qui incommodaient beaucoup les hommes ipii allaient recueillir la casse autour des marais de 1 Asie; qu'ils étaient oblig('s de se couvrir de cuir le corps et le visage pour se garantir de leurs morsures dangereuses.
» Ces animaux sont plus grands, plus forts, et peut-être plus méchants que le vampire; mais c'est à force ouverte, en plein Jour aussi bien ipie la nuit , ([u'ils font leurs dégftts; ils tuent les volailli s et les petits animaux; ils se jettent même sur les hommes, les insultent et les blessent au visage par des morsures cruelles, et aucun voyageur ne dit qu'ils sucent le sang des hommes et des animaux endormis. »
Ceci , comme on le pense bien, est fort exagéré, et je ne crois pas qu'aucun voyageur moderne ait vu atta(|uer Ihomme par des roussettes. Ces animaux vivent principalement de fruits; néanmoins ils dévorent aussi de petits mammifères et des oiseaux. Ils peuvent très-bien poursuivre ceux-ci dans les airs pendant le jour, car ils supportent sans iieiiie la lumière, ipioique le plus souvent ils ne sortent de leur retraite ipiau rri'puseule.
Les roussettes sont généralement farouches; elles n'établissent leur domicile que dans les lieux les plus sauvages des forêts, où elles se suspendent aux branches des arbres par leurs pieds de derrière à la manière des chauves-souris.
Le Mei.anou-Hoiihou (Pleropus edulis , Péron) a quatre pieds (1,2j!)) d'envergure; il est entièrement noiritre, avec le dos couvert de poils ras et luisants. 11 se trouve dans les Molmpies, el n'habite que les cavernes les plus ténébreuses contre Ihabilude des autres roussettes. Les habitants du pays lui font activement la chasse pour le manger, et trouvent .sa chair délicieuse. Les Eur«>|)éens ipii en ont goùlé la comiiarent à lelle du meilleur lapin (le garenne.
y La Roussette d'Edwaiius (/'/eropus Edwarsii, Desm. La grande Chauve-souris de Madagascar, Edw. Vespertilio vampirus , Linn.) n'est peut-être, comme le pense Temminck, qu'une variété de la préci'dente. Son pelage est dun brun marron sur le dos, d'un roux vif sur les eiUés, et d un briiu clair sur le ventre. De Madagascar.
, La Roecettë (Pleropus rubricollis, Geoff. Vespertilio vampirus, Li.NN. La Roagelle, Ruff. La Roussette à collier, G. Cev.) a deux l)ieds (U,K>0) d'envergure; elle est d'un gris brun, avec le cou
ios
LES CARNASSIERS CHÉIROPTÈRES
rouge. Celle espèce habite l'île de Bourbon , où elle vit dans les arbres creux.
^ Le Famhi (Pleropus Keraudren, Quov el Gaim. C'est le Poé des îles Carolines). Il est singulier que dans l'ile d'Oualan cet animal était nomme' par les habitants Ouoy, c'est-à-dire (lu'il portait le même nom que le naturaliste qui l'a décrit le premier. 11 est noirâtre , avec le cou, les épaules et le derrière de la tête jaunes. 11 a les oreilles courtes et noirâtres.
On trouve le fanihi depuis les îles Pelew jusqu'aux Carolines orientales. Il vit en grande troupe dans les forêts, où il passe le jour suspendu au.x branches mortes des arbres.
La RoLSSKTTE DE DussuMiER [PleToiius Dussuiiiieri , Is. Geoff.) est voisine de la précédente , mais elle en dirtêre par la couleur brune de la gorge et du devant du cou ; le ventre et le dos sont
rées qu'elles obscurcissent l'air de leurs grandes ailes , qui ont quelquefois six palmes d'étendue. Elles savent discerner, dans l'épaisseur des bois, les arbres dont les fruits sont mûrs; elles les dévorent pendant toute la nuit avec un bruit qui se fait entendre de deux milles, et, vers le jour, elles retournent dans leurs retraites. Les Indiens, qui voient manger leurs meilleurs fruits par ces animaux, leur font la guerre non-seulement pour se venger, mais pour se nourrir de leur chair, à laquelle ils prétendent trouver le goùl du lapin. «
Si le badur n'est pas cette chauve-souris, du moins il est certain (pie comme elle il vit en troupe, dévaste les vergers, et a une chair que les habitants estiment beaucoup.
La Roussette i>e Leschenal'i.t {Pleropus Lcschenuultii , Desm.) a un pied et demi 'O.'iH") d'envergure; elle est d'un fauve cendré
La Roussette.
bruns, mélangés de poils blancs; la partie supérieure de la poitrine est d'un l)run roussâtre; les c6tés du cou, depuis le bas des oreilles jus(|u'aux épaules, sont d'un fauve un peu roussatre. Sa longueur totale est de sept iiouces (0,1 8'J), et ses ailes ont deux pieds trois pouces (0,751) d'envergine. Elle est du continent indien.
La Roussette grise {Pteropus griseus , Geoff.) a un pied six pouces (0,/»87) d'envergure; elle est grise, avec la tête et le cou d'un roux vif. Elle est de Timor.
Le lÎMiMi [Pleropus médius, Ti;mm.) a quatre jiieds et demi (1,401) d'envergure; la tète, l'occipul, la gorge sont d'un marron noirâtre ; le dos est noirâtre , li'gcreraent teinté de brun ; la nuipie est d'un roux jaunâtre ; les côtés du cou et les parties inférieures sont d'un riiux brun feuille-morte; les ailes sont brunes. Les Indiens lui font une chasse active.
Le badur habile Calcutta, Pondichéry et d'autres parties de l'Inde. Les voyageurs l'ont généralement confondu avec le melanou-bourou, (pioiqu'il n'ait pas les nuîmes habitudes. Je crois que c'est à cet animal qu'il faut applicpier ce passage de VHistoire générale des voyages : « On voit sur les arbres une infinité de grandes chauves-souris qui pendent allaclu'cs les unes aux autres sur les arbres, et (pii prennent leur vol à l'cnln'c de la nuit pour aller chercher leur nourriture dans lis bois fort éloignés; elles volent queUpiefois en si grand riouibic et si ser-
tiniforme en dessus, un ])eu blanchâtre en dessous; on lui voit quelques points blanchâtres à la base des membranes des ailes. Elle a une queue ? Elle habite les environs de Pondichéry.
La Roussette a face nouie {Pleropus plia'iups, Temm.) a le corps <le dix pouces (0,271) de longueur, et trois |)ieds cini| pouces (1,1 10) d'cuveigure. Elle est très-grosse, trapue, à museau long; son pelage, grossier, mais très-fourni, est un peu frisé. Sa face est noire, le haut du corps d'un jaune paille, la poitrine d'un roux doré très-vif, le dos d'un noir marron un |)eu mêlé de jaunâtre; les ailes sont noires. Elle habite .Madagascar.
u Aux îles de Mascareigne el de Madagascar, dit un voyageur, les chauves-souris sont grosses comme des poules, cl si communes tpie j'en ai vu l'air obscurci. Leiu' cri est épouvantable. »
Le Saiiaosiki {Pteropus dasijmalus, Tumm. Pleropus rubricollis, Su 1101 11) est un peu |iliis grand que le fanihi ; il a le pelage long et très-laineux, d'un brun foncé; avec le cou et les ('paiilcs d'un brun sale tirant un peu sur le jaunâtre; ses oreilles sont ])clilcs et pointues; ses membranes sont d'un brun foncé, celles des flancs velues en dessus el en dessous. Il habite les environs de Nangasaki et de Jedo au Japon.
la lîiiussETTE A tète chMu;ÉE (Pleropus poliocephalus , Temm.) a un i)ieil (0,325; de longueur, et trois pierls trois pouces (1,050) d'envergure. Son corps est gros et Irapu ; son pelage W) |)eu frisé, long. épai-;. (l'iiii gris eeiidré bmei' en dessus, varié de