‹ Le jardin des plantesChapitre 37 sur 100 · ROUSSETTE SANS QUEUE · texte numérisé non relu

ROUSSETTE SANS QUEUE

Le KaLowG (Pteropus javanicus, Des.) a les ailes de cinq pieds (1,624) d'envergure ; il est noir, excepté sur le dessus du cou, qui est d’un roux enfumé; il a quelques poils blancs mêlés aux autres sur le dos. On le trouve dans l'ile de Java, et il a les mêmes mœurs que l'espèce suivante, dont peut-être il n’est qu'une variété.

La RousserTE (Pteropus vulgaris, Grorr. La Roussette, Burr. Le Chien volant, Daus.).

Quoique moins singulier dans ses formes que la plupart des chauves-souris, cet animal n’en est pas moins un des plus extraordinaire que l’on connaisse ; il est brun ou d'un brun marron en dessus, d’un fauve roussâtre à la face et aux côtés du dos, d'un noir foncé, ou quelquefois marron, en dessous. Son corps a environ un pied (0,525) de longueur, et ses ailes ont une très-grande envergure.

Une des premières bizarreries de la roussette est que la femelle, qui a ses deux mamelles sur la poitrine , est sujette à certaines incommodités périodiques des femmes et de quelques femelles de quadrumanes. En outre, plusieurs espèces de cette famille ont de chaque côté du corps des sortes de poches membraneuses dans lesquelles elles placent leurs petits pour les transporter aisément pendant qu'elles volent; car elles ne s’en séparent que lorsqu'ils sont assez grands pour pouvoir remplir eux seuls et sans secours toutes les fonctions de l’animalité. Longiemps mème après cetle époque elles les guident ou les suivent, les aidant de leur vieille expérience. Il résulte de cette habitude que ces animaux vivent en société, et qu’on les rencontre le plus ordinairement en grande troupe.

« Les anciens, dit Buffon, connaissaient imparfaitement ces

quadrupèdes ailés, qui sont des espèces de monstres, et il est vraisemblable que c'est d’après ces modèles bizarres de la nature que leur imagination a dessiné les harpies. Les ailes, les dents, les griffes, la cruauté, la voracité, la saleté; tous les attributs difformes, toutes les facultés nuisibles des harpies, conviennent assez à nos roussettes. Hérodote paraît les avoir indiquées lorsqu'il a dit qu'il y avait de grandes chauves-souris qui incommodaient beaucoup les hommes qui allaient recueillir la casse autour des marais de l'Asie; qu'ils étaient obligés de se couvrir de cuir le corps-et le visage pour se garantir de leurs morsures dangereuses.

» Ces animaux sont plus grands, plus forts, et peut-être plus méchants que le vampire; mais c'est à force ouverte, en plein jour aussi bien que la nuit, qu'ils font leurs dégâts; ils tuent les volailles et les petits animaux ; ils se jettent mème sur les hommes, les insultent et les blessent au visage par des morsures cruelles, et aucun voyageur ne dit qu'ils sucent le sang des hommes et des animaux endormis. »

Ceci, comme on le pense bien, est fort exagéré, et je ne crois pas qu'aucun voyageur moderne ait vu attaquer l'homme par des roussettes. Ces animaux vivent principalement de fruits; néanmoins ils dévorent aussi de pelits mammifères et des oiseaux. Ils peuvent très-bien poursuivre ceux-ci dans les airs pendant le jour, car ils supportent sans peine la lumière, quoique le plus souvent ils ne sortent de leur retraite qu'au crépuscule.

Les roussettes sont généralement farouches ; elles n’établissent leur domicile que dans les lieux les plus sauvages des forêts, où elles se suspendent aux branches des arbres par leurs pieds de derrière à la manière des chauves-souris.

Le Meranou-Bourou (Pteropus edulis, PÉRON) a quatre pieds (1,299) d'envergure; il est entièrement noirâtre , avec le dos couvert de poils ras et luisants. Il se trouve dans les Moluques, et n'habite que les cavernes les plus ténébreuses contre l'habitude des autres roussettes, Les habitants du pays lui font activement la chasse pour le manger, et trouvent sa chair délicieuse. Les Européens qui en ont goûté la comparent à celle du meilleur lapin de garenne.

La Rousserre »'Ebwaros (Pteropus Edwarsii, Desw. La grande Chauve-souris de Madagascar, Eow. Vespertilio vampirus, Lanw.) n’est peut-être, comine le pense Temminck, qu'une variété de la précédente. Son pelage est d’un brun marron sur le dos, d'un roux vif sur les côtés, et d'un brun clair sur le ventre. De Madagascar.

La RouGerre (Pteropus rubricollis, Georr. Vespertilio vampirus, Lixx. La Rougette, Burr. La Roussette à collier, G. Guy.) a deux pieds (0,650) d'envergure; elle est d’un gris brun, avee le cou

rouge. Cette espèce habite l'île de Bourbon, où elle vit dans les arbres creux.

Le Faxiui (Pteropus Keraudren, Quox et Gaim. C'est le Poë des îles Carolines). Il est singulier que dans l'île d'Oualan cet animal était nommé par les habitants Quoy, c’est-à-dire qu'il portait le même nom que le naturaliste qui l'a décrit le premier. Il est noirâtre , avec le cou, les épaules et le derrière de la tête jaunes. Il a les oreilles courtes et noirâtres.

On trouve le fanihi depuis les îles Pelew jusqu'aux Carolines orientales. Il vit en grande troupe dans les forêts, où il passe le jour suspendu aux branches mortes des arbres,

La RousserrTe pe Dussumier (Pteropus Dussumieri, Is. GEorr.) esL voisine de la précédente, mais elle en diffère par la couleur brune de la gorge et du devant du cou; le ventre et le dos sont

rées qu'elles obscurcissent l'air de leurs grandes ailes, qui ont quelquefois six palmes d’étendue. Elles savent discerner, dans l'épaisseur des bois, les arbres dont les fruits sont mürs; elles les dévorent pendant toute la nuit avec un bruit qui se fait entendre de deux milles, et, vers le jour, elles retournent dans leurs retraites. Les Indiens, qui voient manger leurs meilleurs fruits par ces animaux, leur font la guerre non-seulement pour se venger, mais pour se nourrir de leur chair, à laquelle ils prétendent trouver le goût du lapin. »

Si le badur n’est pas cette chauve-souris, du moins il est certain que comme elle il vit en troupe, dévasle les vergers, et a une chair que les habitants estiment beaucoup.

La Rousserre pe Lescuenaurr (Pteropus Leschenaultii, Des.) a un pied et demi (0,487) d'envergure; elle est d’un fanve cendré

La Roussette.

bruns, mélangés de poils blancs; la partie supérieure de la poitrine est d’un brun roussâtre; les côtés du cou, depuis le bas des oreilles jusqu'aux épaules, sont d'un fauve un peu roussâtre, Sa longueur totale est de sept pouces (0,189), et ses ailes ont deux pieds trois pouces (0,751) d'envergure. Elle est du continent indien.

La ROUSSETTE GRISE (Pteropus griseus, GEorr.) a un pied six pouces (0,487) d'envergure; elle est grise, avec la tête et le cou d'un roux vif. Elle est de Timor.

Le Baour (Pteropus medius, TE.) a quatre pieds et demi (4,461) d'envergure; la tète, l'occiput, la gorge sont d'un marron noirâtre ; le dos est noirâtre , légèrement teinté de brun; la nuque est d’un roux jaunâtre ; les côtés du cou et les parties inférieures sont d'un roux brun feuille-morte; les ailes sont brunes. Les Indiens Jui font une chasse active.

Le badur habite Calcutta, Pondichéry et d’autres parties de l'Inde. Les voyageurs l’ont généralement confondu avec le melanou-bourou, quoiqu'il n’ait pas les mêmes habitudes. Je crois que c’est à cet animal qu'il faut appliquer ce passage de l'Histoire générale des voyages : « On voit sur les arbres une infinité de grandes chauves-souris qui pendent attachées les unes aux autres sur les arbres, et qui prennent leur vol à l’entrée de la nuit pour aller chercher leur nourriture dans les bois fort éloignés ; elles volent quelquefois en si grand nombre et si ser-

uniforme en dessus, un peu blanchâtre en dessous; on lui voit quelques points blanchâtres à la base des membranes des ailes. Elle à une queue ? Elle habite les environs de Pondichéry.

La ROUSSETTE À FACE NOIRE (Pteropus phaïops, Te.) a le corps de dix pouces (0,271) de longueur, et trois pieds cinq pouces (1,110) d'envergure. Elle est très-grosse, trapue, à museau long; son pelage, grossier, mais très-fourni, est un peu frisé, Sa face est noire, le haut du corps d’un jaune paille, la poitrine d'un roux doré très-vif, le dos d’un noir marron un peu mêlé de jaunâtre; les ailes sont noires. Elle habite Madagascar.

« Aux îles de Mascareigne et de Madagascar, dit un voyageur, les chauves-souris sont grosses comme des poules, et si communes que j'en ai vu Fair obseurei. Leur cri est épouvantable, »

Le Sapaosikt (Pteropus dasymalus, TEMM. Pteropus rubricollis, SiepoLp) est un peu plus grand que le fanihi ; il a le pelage long et très-laineux, d'un brun foncé; avec le cou et les épaules d'un brun sale tirant un peu sur le jaunâtre; ses oreilles sont petites et pointues; ses membranes sont d’un brun foncé, celles des flancs velues en dessus et en dessous. Il habite les environs de Nangasaki et de Jedo au Japon.

La ROUSSETTE À TÊTE CENDRÉE (Pteropus poliocephalus, TEMM.) a un pied (0,525) de longueur, et trois pieds trois pouces (1,056) d'envergure. Son corps est gros et trapu; son pelage un peu frisé, long, épais, d’un gris cendré foncé en dessus, varié de

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