‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 34 sur 54 · C.ALÉJADE · texte numérisé non relu

C.ALÉJADE

Puis un superbe maquereau Fit de l'œil, avecque sa queue, A Lise qui, toujours dans l'eau, En était tout' bleue !

Chaque poisson vint à son tour, (Poisson de mer, poisson d'eau douce,) Faire à ma belle un brin de cour Que Lise repousse.

Il y avait plus de poissons Tout autour de ma Cydalise, Que, dans l'église, de garçons.

Mais Lise s'enlise I

Soudain, ramassant mon filet, Flac ! Je le jette... pécaïre !

Ça me fait un drôle d'effet.

Mais je tire, tire...

Et je tire tant et si bien Que, dans ma barque, je ramène Assez pour apaiser ma faim Pendant un' semaine.

Là se termine ma chanson :

J'ai mangé Lise de caresses...

Mais nous fîm's, avec le poisson, Une bouillabaisse !

LES PRINCES (Air : V Expulsion des princes. — Mac-Nab.)

A Mitly Golfinéano, ban de Craioi-a.

On n'en finira donc jamais,

Paraît qu'il reste encor des princes !

Des Napoléon, des Ghimay...

Le sang d' Mac-Nab, il cri' K'ingince !

A la premier' pag' des journaux

On n'parl" que d" princes et d'priûcesses :

Ils ont beau avoir des châteaux \

Ils n'ont, conim' nous, qu'un' pair' de fesses ! ) "^

Les princ's, ils sont au-dessus des lois On n'a qu'à lir' l'IIistoir' de France ! Jadis, volé coinm' dans un hois, On tremblait devant leur puissance.

On nous prenait nos vach's, nos bœufs, Nos fils, nos femmes et nos filles... Mais le Peuple, en quatre -vingt-neuf,i

Pour se r' venger prit la Bastille ! *

J' sais bien qu'il est des exceptions, Et l'on voit souvent dans les drames.

Des princ's qui font de bonnes actions : — Priez pour le repos d' leurs âmes !

Vous m'dit's que le princ' d'Orléans A voulu se fair' militaire ?

Qu'il nous rend' d'abord nos argents ) ,, . > Ou bien qu'il reste en Angleterre ! ;

Tenez, voilà 1' princ' de Sagan :

On dit qu' c'est 1' Princ' de l'élégance.

Son chapeau gris l'chauss' comme un gant,

Son monocle a un mètr' de ganse.

II va s' fair' blanchir à London...

J'voudrais qu'un polic'man l'empo'gne!

Il donn' le chic, il donn' le ton :

Qu'il rend' les arbr's du Bois d' Boulogne !

{bis)

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