‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 46 sur 54 · ENCORE LA DAME VOILEE · texte numérisé non relu

ENCORE LA DAME VOILEE

Je suis l'ÉtornoI Féminin I...

Mon but se perd dans les étoiles !., C'est moi qui suis la grande Isis!.

Nul ne m'a retroussé mou voile!.., Ne songez qu'à mes oasis.

JuLi;s Lafououb.

{Le Concile féerique.)

A Ernest Delahaye

Je voudrais bien savoir si la Dame voilée, Dont on parle tant au Palais, Mais qu'on ne voit jamais Ailleurs que dans des allées Mystérieuses et solitaires, La nuit avec des militaires, Ne serait pas, oh ! par hasard, (La question est posée au colonel Picquarl) Celle que je connus, au sens biblique du mol, La Barine au marmot.

Qui existe en chair et en noce (Chanson rosse) Ou du moins qui existait Au temps où l'on se fréquentait...

158 LE JAIIDIX DKS UONCES

La question est ainsi posée :

— Dites-moi si la Dame voilée

Ne serait pas la Dame russe (Evitons de parler de l'affaire Dreyfusse)

Ma grande Dame russe qui

Faisait l'amour en troïka ?

(Hélas ! Plaisir d'amour ne dure qu'un instant!. Et ça vaut tout autant.)

Mais où sont les neiges d'antan ?

(Jr ne siérait-il pas, puiscju'aussi bien l'auteur Se pique, assez souvent, d'être dessinateur, Qu'il nous donnât ici Un portrait réussi, El l'état d'âme

Aussi De cette dame Ci?

— Celle qui me donna ses lèvres et son gosse, (Dame rosse !) Celle dont je connus Le cœur et les seins nus, (Vous roulai-je, 0 boules de neige ?) Assumait, tout voile ôté, Une fort belle nudité Comparable à Galathé', Diane ou Aphrodite !

Et ce régal Que vous avez, mes yeux ! tout un hiver goûté, Ne fût point déjà si banal !

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