‹ Le jardin fruiter du muséum (volume 3)Chapitre 26 sur 38 · P. CARMÉLITE · texte numérisé non relu

P. CARMÉLITE

du fruit, ouvert, à divisions ovales-lancéolées, étalées, pubescentes ou soyeuses ; cœur arrondi, entouré de granulations assez grosses ; loges petites, à parois minces; pepins petits, géminés, noirs.

Cain cassante, légèrement musquée. Fruit mangeable cru, inférieur de beaucoup à plusieurs autres variétés, mais excellent en compote.

« Carmélite, Romain ou Piecour, est ronde, grosse comme Vallée, toute grise, et d’un brun-roux, estant meure, et marquetée de petites marques, a la queue courte et assez grosse. Très-hon en décembre. » Dom CI. Saint-Étienne, /nstr. bons F'r., p. 122 [1670].

« Prestre est ronde, grosse comme Portail, de minime brun, marqueté de gris, et vient toute rousse, marquetée de gris blanc, a la queue grosse et fort courte. Très-bonne. » 1bid., p. 73.

« La Poire de Malte ou la Poire de Prêtre est presque ronde, d’un gris-brun tavelé, a la queue grosse et courte, est d’une eau douce rosate et excellente ; elle est cassante et se mange pendant un long temps. » Merlet, Abrégé, p. 87 [16901.

La Quintinye cite deux.Poires Carmélites : la nôtre, qu'il classe parmi les mauvais fruits; puis une autre, à laquelle il donne pour synonyme le Gilogile où Mazuer. La Quint , p. 186 [16901].

« La Poire du Prêtre est grosse, ayant 928 lignes de diamètre sur 27 de hauteur ; presque ronde, un peu aplatie par la tête et par la queue ; d’une forme approchante de celle de la Pomme. La queue bien nourrie, et longue d’environ 9 lignes, est reçue dans une cavité plus creusée. La peau est presque de la même couleur que le Messire-Jean , tiquetée de gris blanc. La chair est demi-cassante et assez fine ; elle a quelques pierres auprès des pepins. Elle mürit en février et a quelque mérite dans cette saison.» Duham. , Arbr. fruit., p. 190 [1768].

« La Carmélite est d’une grosseur médiocre et ronde; sa peau est grise d’un côté, rougeàtre de l’autre, marquée de taches de couleur foncée. La chair est communément dure et sèche, de sorte qu’elle n’est pas fort estimée. On la mange en mars. » Mill., Dict., p.189 [1785].

Plusieurs pépiniéristes confondent ce fruit avec la Bergamote rouge, qui mürit au commencement de l’automne.

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P. SALVIATI

Fruit d'été, moyen, arrondi ; à queue grêle, droite, un peu enfoncée dans le fruit; à peau lisse, jaune, unicolore ou portant près du pédoncule une sorte de plaque fauve; à chair presque cassante, granuleuse, sucrée, musquée, trèsodorante.

ARBRE Vigoureux et très-productif; seions grêles, légèrement flexueux, de couleur fauve ou brune, parsemés de nombreuses lenticelles jaunâtres ; yeux coniques, un peu écartés du scion.

FeuiLes florales ovales ou ovales-elliptiques, pubescentes en dessous, ciliées; les adultes à peu près de même forme, ovales-arrondies ; celles des rosettes planes et portées sur de longs pétioles; celles des scions ovales, acuminées, crénelées, arquées, à bords très-relevés.

Feurs blanches, assez grandes, à pédoncules longs, grêles, presque glabres ou légèrement tomenteux ; calyce à divisions lancéolées, aiguës, étalées ou réfléchies, couvertes de poils blonds en dessus; pétales obovales-orbiculaires, onguiculés, laissant peu d'intervalle entre eux.

FRuir commençant à mürir à la fin d'août, odorant, moyen, arrondi, régulièrement turbiné ou’ quelquefois cydoniforme, à queue

* Célèbre famille italienne. — Bern. Salviati, frère du cardinal Jean Salviati, fut premier aumônier de Catherine de Médicis, qu’il suivit en France en 1533.

P. SALVIATI

droite, verdàtre ou fauve, un peu verruqueuse, et portant les traces de quelques bractéoles ; peau jaune citron, lisse, unicolore ou marquée d’une large tache brunâtre au voisinage du pédoncule; œil placé dans une légère dépression entourée de fines gerçures concentriques, ainsi que d’un léger duvet blanc à divisions lancéolées, pubescentes en dessus, canaliculées, étalées ou rapprochées par la base et accompagnées quelquefois de petites bosses ; cœur arrondi ou dessinant sur la coupe longitudinale du fruit une sorte de losange; loges arrondies, un peu larges, entourées d'assez grosses granulations; pepins d’un brun fuligineux; lacune centrale grande, atténuée vers l'œil.

Caair d'apparence grossière, cassante, sèche, d’une odeur musquée tres-prononcée et rappelant celle du Coimg.

« La Poire de Salviati est assez grosse, ronde et plate, a la queuë longue et menuë, est belle et jaune comme une Poire de cire, d’un beurré solide, se garde assez et est la plus sucrée des Poires et des meilleures. » Merlet, Abrégé, p. 86 [1675].

« La Salviati ressemble entierement par sa figure au Bésidéry, mais non pas par sa couleur; c’est une Poire assez grossette, ronde, queuë longuette, assez inenuë, un peu enfoncée, l’œil pareillement un peu enfoncé, et petit, le coloris d’un jaune blanchâtre; celles où il y a de grands placards roux ont la peau assez rude, les autres où le roux n’est pas l’ont assez douce ; la chair en est tendre, mais peu fine ; l’eau en est sucrée et parfumée, tirant au goust de Robine plutost qu’à celuy d’orange , mais cette eau est en petite quantité. La Poire est assez bonne, et seroit encore mieux reçuë si elle ne venoit pas avec les Pêches

à la fin d'aoust et au commencement de septembre. » La Quint., /nstr. jard., p. 176 [1692].

« Ce Poirier est vigoureux greffé sur franc. Sa greffe réussit mal sur le Coignassier. Son fruit est de grosseur moyenne, rond ; il a 23 lignes de hauteur, et un pareil diamètre. L’œil est placé dans une cavité peu profonde, bordée de quelques petites côtes ; la queue est longue, placée dans une très-petite cavité ; les échancrures du calyce demeurent vertes quelquefois jusqu’à la maturité du fruit. La peau est belle, d’un jaune de cire, un peu rouge du côté du soleil, quelquefois tavelée de grandes taches rousses, et alors elle est rude. Sa chair est excellente, demi-beurrée, sans marc. Son eau est sucrée et parfumée, quelque-

P. SALVIATI

fois peu abondante. Cette Poire est bonne au sucre, et à faire du ratafa. » Duham., p. 137 [1768].

« Ce fruit est gros, rond, aplati, fort ressemblant au Bésidhéri, mais d’une couleur différente; sa queuë est fort longue et mince. Cette Poire est un peu creuse à l’œil et à la queué ; sa couleur est jaune sur le côté tourné au soleil, mais blanchâtre de l’autre ; sa chair est tendre, un peu molle et sans cœur; son jus est sucré, parfumé , et a un peu de goust de celui de la Robine, mais il est moins abondant. » Mill. Dict., édit. franç., p. 177 [1785].

« Le Salviati veut être greffe sur franc. Son fruit, rond, de grosseur moyenne, est couvert d’une peau jaune de cire, lavée de rouge par le soleil, et parsemée de grandes taches rousses qui le rendent rude. Sa chair, demi-beurrée et sans marc, est sucrée, très-parfumée, quelquefois un peu sèche. Cette Poire mürit en août. » Le Berryais, Traité des Jard., p. 313 [1789].

« Cette variété réussit mal sur Coignassier. Elle a de la vigueur sur franc. Ses bourgeons, coudés, quoique grèles, sont chargés de boutons rapprochés, qui sont gros, pointus, bruns, détachés du bois et portés sur des supports saillants. Ses fleurs paraissent petites , parce que ses pétales sont fort concaves. Ses feuilles, d’un vert clair, sont petites et repliées. Le fruit est rond, écrasé aux deux exirémités. Son ombilic est enfoncé d’une manière sensible. Le fruit reste constamment vert jusqu’à sa parfaite maturité ; alors il se colore légèrement de rouge, et a quelquefois des taches rousses. Sa peau est d’un jaune foncé. Cette Poire est fondante, et est recherchée par son parfum et sa douceur. On en fait du ratafia de Poire, qui est agréable lorsque le fruit est bien parfumé. [1 müûrit à la fin de thermidor. » Calvel, Traité gén. des Pép., T. IT, p. 294 [1805].

« Le Salviati est un arbre assez vigoureux, qui prend naturellement la forme pyramidale ; il a les rameaux nombreux, très-divisés, et, quoiqu'ils'affectent une direction verticale dans leur jeunesse, ils finissent pourtant par devenir pendants. La forme générale du fruit est en toupie très-raccourcie ; l’œil est ouvert, placé dans un léger enfoncement ; la queue, menue, longue de 0,04, est enfoncée dans le fruit; la peau est fine, très-unie, jaune à la maturité. La chair est d’un blanc jaunâtre, ferme, grenue, demi-cassante, pierreuse vers Le centre ; l’eau est sucrée, musquée, assez abondante. » Poit., Pom. [1846].

On voit par tout ce qui précède que la P. Salviati décrite et figurée dans le Jardin fruitier de Noisette (2° édit., p. 118, PI. XLI, f. 1) n'a absolument aucun rapport avec l’ancien fruit que nous décrivons.

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P. BLANQUET À LONGUE OUEUL.

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P. BLANQUET A LONGUE QUEUE

Fruit d'été, jaune, lisse; à queue longue, courbée, charnue, accompagnée de plis à son insertion sur le fruit; à chair blanche, demi-cassante, très-juteuse, sucrée, légèrement acidulée, parfumée,

ARBRE atteignant de grandes dimensions, très-fertile; scions assez gros, courts, de couleur cendrée ou fauve, violâtres du côté du soleil, à coussinets saillants; veux coniques, aigus, rapprochés du scion.

Feuizces florales elliptiques ou lancéolées-elliptiques, acuminées, atténuées à la base, presque glabres en dessus, pubescentes et blanchâtres en dessous; les adultes à peu près de même forme, longuement pétiolées, ovales ou ovales-arrondies, presque entières, à bords généralement redressés et formant la gouttière.

Fceurs blanches, moyennes ou grandes, longuement pédonculées ; calyce à divisions linéaires-lancéolées , aiguës, réfléchies, pubescentes, blanchâtres; pétales elliptiques ou ovales, très-étalés, onguiculés, laissant quelque intervalle entre eux.

Frurr commençant à mürir à la fin de juillet, petit, de couleur verte ou olivâtre; à pédoncule très-long, courbé, épaissi et ridé à son insertion sur le fruit; peau jaune pàle à la parfaite maturité, lisse ou à peine pointillée, n’offrant jamais de taches fauves et se colorant rarement en rose du côté du soleil; œil à fleur du fruit, très-grand, à

P. BLANQUET A LONGUE QUEUE

divisions longues, linéaires, aiguës, étalées ou sinueuses, pubescentes, blanchätres; cœur arrondi sur la conpe longitudinale du fruit, à peine distinct de la chair; lacune centrale large, atténuée vers l'œil; loges petites ou moyennes; pepins solitaires ou géminés, noirâtres.

Car blanche, demi-cassante, assez fine, très-juteuse ; eau sucrée, acidulée, d’une saveur particulière assez agréable.

Poire Blanchète a longue queue. Dalechamp, Hist. gen. Plant., Mb. IT, p. 306 [1587]. :

«Muscat à la grande queuë est semblable au petit, mais de meilleur goust et plus coloré, et a la queuë fort longue et crochuë, excellent. » Dom CI. Saint- Etienne, Nouv. Instr., p. 33 [1670].

« La Blanquette à longue queuë est une Poire bien faite, dont l’œil est assez grand, et en dehors, le ventre rond, assez longue vers la queuë , qui est un peu charnuë , assez longue, et un peu courbée; la peau fort lisse, blanche, et quelquefois un tant soit peu colorée à l’aspect du soleil; la chair en est cassante et tendre, fort mince, ayant très-bien de l’eau, et cette eau fort sucrée et fort agréable. Elle a les défauts de la plupart des Poires d’esté, qui sont d’avoir un peu. de mare, et de devenir pâteuses quand on les laisse trop meurir. Cette Poire, non plus que le gros Blanquet , ne sont pas encore trop communes, mais elles méritent bien de le devenir.» La Quint., /nstr., p. 162 [1692].

«Ses bourgeons (scions) sont gros, droits, gris de perle du côté de l’ombre ; le côté du soleil et la pointe du scion sont d’un rouge violacé.…. Son fruit est petit. Il vient par trochets , est pyriforme , arrondi du côté de l’œil, qui est gros, placé à fleur du fruit, terminé en pointe aiguë vers la queue, qui est longue , un peu charnue, et souvent courbée. Sa peau est lisse, blanche, ou d’un vert-clair presque blanc, quelquefois teinte très-légèrement de roux du côté du soleil. Sa chair est demi-cassante, blanche, et assez fine. Son eau est abondante, sucrée et relevée d’un parfum agréable presque vineux ». Duham., Traité des Arbr., p.131, tab. 6, tig. B [1768].

« Cet arbre a un beau port; ses branches s’élèvent d’une manière pyramidale , comme le Peuplier d'Italie. Elles jettent des bourgeons forts, droits, qui se mettent facilement à fruit, et sont très-fertiles ; ils sont brun foncé et tiqueté de gris. Les pétales sont légèrement lisérés de rouge et un peu allongés. Les fruits

P. BLANQUET A LONGUE QUEUE

naissent en bouquets ; ils sont allongés, ont une petite bosse à l'insertion du pédicule ; leur peau est lisse, d’un jaune clair, brillant ; la chair est douce, sucrée, d’une eau agréable et parfumée ; elle mürit vers la fin de juillet. » Calvel, Traite gén. des Pépin. , , p. 281 [1805].

« Cette Poire est plus allongée et plus grosse que le Petit-Blanquet ; elle en à la couleur; mais ce qui l’en distingue plus particulièrement, c’est qu’elle vient par bouquets et que sa queue est fort longue. Sa chair est blanche , cassante , fine,

d’une saveur sucrée, parfumée et agréable. » Noisette, Jard. fruit., 2 édit., p.117 [1839].

Cette Poire a été figurée sous le nom de Muscat royal dans la Pomologie de Poiteau, mais cet auteur reconnait dans la description qu'il en donne qu’elle n’a aucune ressemblance avec le fruit décrit par Duhamel et qu’elle se rapproche du Blanquet à longue queue.

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P. BESI DE HÉRIC.

Fruit d'hiver, moyen, vert-jaunâtre ou jaune pale lavé de rouge, pointillé, légèrement déprimé aux deux extrémités, à queue longue et grêle ; à chair blanche, cassante, sucrée,

peu parfumée.

ARBRE à rameaux très-tortueux et pendants; scions grêles, à entrenœuds rapprochés, flexueux, de couleur fauve ou olivacés, à coussinets à peine saillants; yeux petits, ovoides on coniques, très-écartés du scion.

FeuriLees florales ovales-arrondies, acuminées, entières, blanchàtres en dessus, très-cotonneuses en dessous; les adultes à peu près de même forme; celles des rosettes arrondies, acuminées, ondulées sur les bords; celles des scions ovales-arrondies et brusquement acuminées , à bords crénelés et ondulés, étalées, glabres sur les deux faces.

FLEurs moyennes, blanches , à pédoncules très-tomenteux ou floconneux ; calyce à divisions lancéolées, aiguës, légèrement recourbées

* Héry ou Héri sont deux manières fautives d'écrire le nom d’une paroisse située à six lieues au N.-N.-0. de Nantes; ce nom s’écrit officiellement Hérie, et dans les vieilles chartes Theric. Cette paroisse, dépendant de la châtellenie de Blain, a appartenu aux sires de Clisson jusqu’au XV siècle, époque à laquelle Béatrix, fille de l’illustre connétable, la porta dans la maison de Rohan. (Voir la notice de M. Bizeul, publiée dans la Revue des Provinces de l’Ouest, septembre 1853.)

P. BESI DE HÉRIC.

à l'extrémité, recouvertes en dessus de poils blonds; pétales obovales, onguiculés, concaves, ondulés, laissant des intervalles entre eux.

FRuir mürissant en hiver, moyen, maliforme, à pédoncule droit ou arqué, grêle, cylindracé, de couleur olivâtre et placé au milieu d’une dépression régulière; peau fine, très-lisse, d’abord verte, puis jaune päle et lavée de rouge à la maturité, parsemée de très-petits points fauves gercés, mais dépourvue de marbrures proprement dites, excepté autour de l’œil et dans la dépression qui reçoit le pédoncule ; œil large, placé au centre d’une dépression régulière, à divisions étalées, canaliculées, pubescentes, blanchâtres: cœur dessinant sur la coupe du fruit une sorte de losange atténué vers l’œil et bordé de granulations,; lacune centrale plus ou moins apparente ; loges grandes; pepins noirs ou brun-acajou, comprimés, ne remplissant pas les loges.

CHaiR très-blanche, cassante, peu granuleuse, juteuse, laissant, à l’époque de la parfaite maturité du fruit, un arrière-goût de Raisin muscat dans la bouche, mais rappelant avant la maturité parfaite l’odeur de la fleur de Sureau.

« Le Poirier de Beside-Héry est un arbre qui a la brinde comme celle de Messire-Jean ; l'espèce est venuë de Bretagne depuis peu de temps ; les Bretons luy ont donné le nom de Beside-Héry, qui vaut autant à dire que Poires de Henry. Chose qui est véritable ; car, lors que le Roy Henri LE Gran, d'heureuse mémoire, fit son voyage en Bretagne pour la réduire en son obeyssance , comme il estoit à Nantes il m’envoya querir pour voir un jardin qui est auprès de Nantes, qui se nomme Chassée. Incontinent après que ie fus arrivué à Nantes, les Messieurs de Rennes envoyèrent un panier de ce fruit à Sa Majesté ; c’estoit au moi de Mai. » CI. Mollet, Theâtre des Plans et Jardinage, p. 34 [1659].

« Bezi Dhéri est rondelet et gros comme Bergamote, et se peut manger dès la Toussaints ; est sujet à estre mangé des limassons, à cause qu’il a la peau fort tendre. Très-bon. » Dom CI. Saint-Étienne, Znstr. bons Fr., p. 641670].

« Le Besidhéry est une Poire ronde, jaune et lisse, assez grosse, meilleure cuite que cruë, sentant trop le Fenoüil, qui est bon aux Poires cuites. Elle vient de basse Bretagne, de la forest de Héry, d’où cette Poire a tiré son nom, Bézy

P. BESI DE HÉRIC.

ou Bésier voulant dire sauvageon, tant en Bretagne, Normandie, que plusieurs autres provinces. » Merlet, Abrégé bons Fr., p. 94 [1675].

« Les Poires cassantes, qui étoient autrefois en si grande vogue dans tous les jardins, sont bien éloignées de se voir aujourd’hui en faveur ; on ne fait plus guères de cas des Messire-Jean, ny des Martin-Sec, ny des Portail, ny des Besidery, et, si elles paroissent dans les bonnes tables, ce n’est pas pour n’en plus revenir, et, pour y donner quelque plaisir au goust ; ce n’est tout au plus que pour aider à une construction solide et durable des pyramides. » — « Le Besi- Déry est une Poire très-ronde, de la grosseur à peu près d’une grosse bale de jeu de paume; le coloris jaune, et d’un verd blanchâtre ; la queuë assez droite et longue, et meurissant en octobre et novembre. » La Quint., Znstr., p. 158 et 172 [1699].

« Il y a encore plusieurs espèces de Poires qui ont été estimées, et qui en quelque chose méritent de l'être, comme le Besidéry, l'Amadote, la Grosse Queue, le Citron musqué et le Saint-Lézin , qui sont toutes Poires cassantes et musquées, mais qui ont perdu leur mérite depuis que l’on a découvert les Poires Beurrées. » Anonyme, Jacq. Colombat, Observat. cult. Arbres fruit., p. 92 [1718].

« Le Besi-d’'Héri est une Poire ronde, jaune, lisse, assez grosse, meilleure cuite que crue. Elle vient mieux sur le franc que sur le Coïgnassier. » Cat. Pepin. Chartr., p. 32 [1767].

« Cette Poire, peu estimée et peu estimable dans la plupart des terreins, n’est pas sans mérite dans les bonnes terres fortes. Elle a quelque ressemblance avec le Salviati pour la forme. Sa grosseur est moyenne; sa forme est presque ronde ; sa peau est lisse, jaune d’un côté, vert-blanchâtre de l’autre. Sa queue est droite et longue. Elle mürit d'octobre en décembre.» Duham., 7raité Arbr. fruit., p. 139 [1768].

« Le Besi d’'Héry est de petite stature, très-rameux, diffus, souvent tortueux ; il a l’air d’un sauvageon languissant. Le fruit est de moyenne grosseur ; sa peau est fine, lisse, nue, et devient d’un jaune pâle presque blanc dans la maturité. La chair est blanche, cassante, sans pierres ; elle laisse un peu de marc dans la bouche. Son eau est abondante , sucrée , mais pas assez relevée. La maturité du fruit arrive en novembre et décembre; son mérite peut être contesté. » Poit., Pomol. [1841].

« Le Bezy d’Héry est un fruit moyen, presque rond, lisse, d’un vert pâle tirant sur le jaune, relevé de points verdâtres presque imperceptibles, teinté parfois de

P. BESI DE HÉRIC.

rouge du côté du soleil. Son pédoncule fort long, mince, verdâtre, droit, implanté presque à fleur dans l’axe du fruit. Chair d’un blanc mat, sèche, d’un goût peu agréable. Nous conseillons sa culture en arbre de plein vent, seulement pour les terres fortes et substantielles. » Willermoz, Poir., p. 186 [1848].

Les Poires figurées dans le Nouveau Duhamel (tab. 72, p. 206), ainsi que dans le Journal de Flore et Pomone (vol. XIV, p. 179), ne paraissent point appartenir au Besi de Héric.

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P. DE SAINT-GERMAIN

Fruit d'hiver, gros, oblong, à peau vert-jaunâtre, parsemée de points et marquée de taches près du pédoncule ainsi qu'autour de l’œil, à queue insérée obliquement et un peu en dehors de l’axe du fruit, à chair blanchâtre, demi-fondante, granuleuse, sucrée, acidulée.

ARBRE à sCions assez grêles, légèrement flexueux, de couleur fauve olivâtre ou bronzée ; yeux moyens, coniques, un peu écartés du scion, qui présente des lenticelles arrondies, peu nombreuses.

FeuiLes florales lancéolées ou oblongues-lancéolées, légèrement pubescentes en dessous, ciées; les adultes à peu près de même forme ; celles des rosettes longuement pétiolées , ovales ou oblongues-lancéolées, aiguës, presque entières ; celles du scion lancéolées, arquées, à bords très-relevés et finement dentés.

FLEurs à pédicelles courts, toutes blanches, petites ou moyennes ; pétales obovales-elliptiques, un peu apiculés ou subaigus, laissant des intervalles entre eux.

Fruir commençant à mürir à la fin de l'automne, gros, oblong, quelquefois légèrement bosselé, à queue insérée obliquement un peu au-

* Paroisse près de Le Lude, sur le Loir, à 17 kilometres S.-E. de La Flèche (département de la Sarthe).

P. DE SAINT-GERMAIN

dessous du sommet du fruit, qui offre alors une sorte de petite bosse du côté opposé à l'insertion du pédoncule et portant les traces de quelques bractéoles ; peau vert-jaunâtre, rarement lavée de roux, parsemée de points et marquée de taches ou de marbrures fauves autour du pédoneule et dans le voisinage de l'œil, d’abord assez lisse, puis légèrement chagrinée ; œil placé au milieu d’une dépression régulière peu profonde, à divisions ovales-lancéolées, cotonneuses, étalées ou légèrement resserrées; cœur dessinant sur la coupe du fruit une sorte de losange allongé, granuleux ; lacune centrale très-étroite ou nulle; loges assez larges; pepins brun-fauve où noirs, souvent avortés.

Cuarm blanchètre, assez grossière, demi-fondante; eau abondante, acidulée, légèrement astringente, parfumée.

Dans une note insérée dans les Annales de la Société d'Horticulture de Paris (tome XXV, p. 234), M. Dever signale un Poirier de Saint- Germain remarquable par sa force et son grand àge; cet arbre, anciennement palissé contre un des murs d’une cour de l’hospice de Chantilly, a un tronc de 2 mètres de hauteur sur 0,81 de circonférence , et ses trois branches, élevées à 2 mètres de terre, forment un éventail de 20°,66 d’envergure sur 5",66 de hauteur.

« La Poire de Saint-Germain, ou de l’Arthéloire, est semblable au Bugy, est moins ronde, et est plus pointuë ; elle beurre très-bien, et son eau est bonne et sucrée. » Merl., Abr., p. 112 [1675].

« La Poire de Saint-Germain, ou lInconnue-la-Fare, est grosse et longue, très-beurrée et fondante, assez semblable à la Virgouleuse, qui est un Fruit extraordinaire pour sa bonté et sa garde, qui se mange pendant un long temps, et jusqu’en mars, dont on ne peut avoir assez d’Arbres, qui sont des plus beaux et chargent des mieux ; nous devons cet excellent Fruit à un Sauvageon, qui s’est trouvé sur le bord de la petite Rivière de la Fare, dans la Paroisse de Saint- Germain, près de Le Lude; et, quoyque greffé et bien cultivé, il a encore quelques espèces d’épines dans son bois, et a ses feüilles des plus longues , assez étroites et fermées, comme celles d’un Oranger qui a soif : quelques-uns veulent que la Saint-Germain, et la Fare, soient deux différents Fruits : et je suis de cet avis,

P. DE SAINT-GERMAIN

la Saint-Germain étant petite, verdâtre et moins fondante, quoyque fort semblable à la Fare pour le bois, les feuilles et le Fruit; ce dernier vaut tous les Fruits d’Hyver, dont j’ay la connoissance depuis plusieurs années, ayant toutes les bonnes qualitez de la Virgouleuse, et non les mauvaises, ne se crevaceant pas, et ne prenant aucun mauvais goust. » Merl., Abr., p. 98 [16901].

« À voir la Saint-Germain fort longue et assez grosse, les unes vertes et un peu tiquetées, les autres rousses, et toutes jaunissant beaucoup en maturité, la queuë courte, assez grosse et penchée, on la prendrait pour une très-belle Poire de Virgoulée ; à l’égard de celles qui restent petites, elles ressemblent assez au Saint-Lezin : cette espèce de Poires vient presque toujours en même temps que la Virgoulée, l’Épine, l'Ambrette, Leschasserie, quoyqu'’elle les devance quelquefois, et quelquefois aussi ne fasse que les suivre, ce qui d’ordinaire dépend de la manière, dont l’Esté et l’'Automne se sont comportez..…. Cette Poire de Saint- Germain, autrement l’Inconnue-de-la-Fare, a la chair fort tendre, point de marc, grand goût et beaucoup d’eau, mais cette eau a souvent quelque points d’aigret de citron, qui plait à certains curieux, et déplaît à quelques autres. » La Quint., Instr., p. 154 [16992].

« Le Saint-Germain est gros, long, ayant deux pouces six lignes de diamètre et trois pouces six lignes de hauteur, Le côté de la queue diminue de grosseur assez uniformément, et se termine ordinairement en pointe obtuse. La queue, qui est brune, grosse à son extrémité, est implantée, très-souvent obliquement, sous une espèce de bosse. Tout le fruit est presque toujours relevé de bosses et de côtes qui sont quelquelois sensibles sur toute la longueur. Sa peau est verte, assez rude, tiquetée de brun, souvent marquée de grandes taches roussâtres, surtout vers l'œil; elle jaunit lorsque le fruit mürit. Sa chair est blanche, trèsbeurrée et fondante, quoiqu’elle ne soit pas très-fine. Elle est sujette à avoir beaucoup de petites pierres sous la peau et auprès des pepins, lorsque l’arbre est planté dans un terrain sec, qui ne convient pas à ce Poirier. Son eau est trèsabondante et excellente, lorsqu'elle n’a d’aigre que ce qu'il en faut pour relever agréablement son goût. Cette Poire commence à mürir en novembre; il s’en conserve jusqu’en mars, et quelquefois en avril. Jamais elle ne devient molle. » Duham., Arbr. fruit., p. 225 [1768].

« Ce Poirier, qui porte bien son bois, est très-fertile, même en plein vent, sur franc. Ses scions, tiquetés de gris, et d’un vert rougeâtre au soleil, sont fluets : ses feuilles sont longues, étroites, pointues, et ont de la disposition à se former en gouttières. Ses fleurs sont en général petites ; leurs pétales sont longs, un peu pointus. Le fruit est gros, suivant les terrains, d’un pyriforme allongé ; sa chair a une eau abondante, d’un sucre quelquefois trop acidule. Elle est sujette, dans

P. DE SAINT-GERMAIN

certains terrams, à avoir une forte carrière autour du pepin, et susceptible , comme la Virgouleuse, de contracter de l’odeur. Elle est sujette, lorsque le soleil est trop vif, ou lorsqu’elle est exposée à des variations rapides de l’atmos-

phère, à se crevasser et à avoir une chair dure.» Calv., Traité génér. des Pépin., vol. I, p. 352 [1805].

« Le Poirier Saint-Germain est un des plus beaux arbres fruitiers par son port pyramidal et sa belle végétation ; il fructifie abondamment et résiste lun des mieux aux intempéries des saisons. Il est tellement caractérisé qu’on le r'econnaît facilement entre cent autres, d’abord par ses jeunes rameaux, qui forment un angle très-aigu avec la tige, ensuite par ses feuilles, qui sont étroites, arquées, un peu creusées en gouttière et portées sur un pétiole blanchâtre. Le fruit n’a de rapport dans sa forme et dans sa couleur qu’avec la Virgouleuse et la Louise-Bonne ; sa surface est inégale et bosselée. Sa chair est blanche , trèsbeurrée, fondante sans être très-fine. Le Saint-Germain partage seul avec le Bon- Chrétien la gloire de paraître en nature cinq ou six mois sur les tables somptueuses, et on le prépare de différentes mänières dans les offices. — 11 faut à ce Poirier une bonne terre substantielle, plus humide que sèche. » Poit., Pomol. [1841].

« Le Poirier de Saint-Germain est vigoureux, fertile, mais cependant délicat ; il craint les brouillards du printemps, qui font avorter ou gercer les fruits. Planté en espalier au midi ou au levant et préservé de toute intempérie, il donne un fruit de toute première qualité; en plein vent il est très-peu productif; dans une terre sèche et dans les années froides et humides le fruit est pierreux, amer et fort mauvais. » Willerm., Poër., p. 21 [1848].

Merlet et Duhamel ont distingué deux variétés de la Poire de Saint- Germain, mais quelques pomologistes ont porté aujourd’hui le nombre de ces variétés à quatorze. C’est à l’une des deux variétés primitivement décrites que doit, selon moi, se rapporter le Saint-Germain gris d'hiver ou le Saint-Germain brun, sur lequel je reviendrai plus tard.

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PANROIUENE

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