P. MARIE-LOUISE DELCOURT
sions sont roides et noires. La chair est blanche, assez fine, fondante; son eau est très-abondante, sucrée, et parfaitement parfumée. C’est un fruit de première qualité, dont la maturité a lieu en octobre. L'arbre qui a produit cette variété existe encore dans l’ancienne pépinière Van Mons, à Louvain; sa forme est plutôt sphérique que pyramidale. » Alex. Bivort, Annal. Pomol. belge, vol. V, p. 33 [1857], et A/b. pomol., vol. I [1847].
Cette variété a été classée au nombre des très-bons fruits par le Congrès pomologique tenu à Lyon en 1857.
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P. CADETTE
Fruit d'automne, moyen, arrondi ou un peu turbiné; à queue grêle, légèrement enfoncée dans le fruit, quelquefois accompagnée d’une petite bosse; peau jaune-verdûtre, passant au jaune vif ou orangée du côté du soleil, parsemée de petites taches fauves et marquée d’une large tache frangée de même couleur autour de la queue; chair fine, très-fondante et parfumée.
ARBRE à branches divariquées, à scions assez gros ou moyens, lésèrement flexueux, de couleur olivacée, à coussinets assez développés, parsemés de lenticelles arrondies jaunâtres ; veux petits, arrondis ou coniques.
Feuizues florales elliptiques ou ovales-elliptiques, entières, aiguës, pubescentes en dessous, glabres en dessus, à l'exception de la nervure moyenne qui est velue; les adultes à peu près de même forme : celles des rosettes ovales ou ovales-elliptiques, arrondies ou légèrement atténuées à la base, acuminées au sommet, dentées, portées sur de longs pétioles; celles des scions lancéolées ou lancéolées-elliptiques, acuminées aux deux bouts, dentées.
Fceurs blanches, souvent un peu rosées à l'extrémité, moyennes, assez étalées, portées sur des pédicelles un peu longs, grêles et presque complétement glabres ; calÿce presque glabre, à divisions très-aiguës, recouvertes de poils blonds en dessus ; pétales ovales ou ovales-elliptiques, laissant peu de vide entre eux.
P. CADETTE
Fruir mürissant à la fin d'octobre, moyen, obtus ou un peu déprimé aux deux extrémités; pédoncule légèrement courbé à son origine, droit, assez grêle, à peine enfoncé dans le fruit, de couleur fauve, souvent accompagné d’une petite bosse qui en rend l'insertion oblique ; peau d’un vert-jaunâtre ou d’un jaune plus ou moins vif, lavée de jaune-orangé du côté du soleil, parsemée de points fauves arrondis, gercés, inégaux, se confondant avec les taches que présente ordinairement la partie moyenne du fruit, qui porte toujours une large tache légèrement striée autour du pédoncule; œ1l placé au centre d’une petite dépression régulière, à divisions épaisses, étalées, aiguës, glabres, légèrement colorées en rouge-brun à l’intérieur; cœur dessinant une sorte de losange sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de très-petites granulations; lacune centrale très-étroite; loges grandes: pepins brun-fuligineux ou acajou.
CHair blanche, très-fine, fondante ; eau sucrée, acidulée, d'une saveur très-agréable, ni musquée ni fenouillée. Très-bon fruit.
Cette ancienne variété se trouve indiquée sur plusieurs catalogues sous le double nom de Beurré Beauchamp et de Bergamote Cadette; j'ai choisi naturellement le plus ancien.
« P. Cadet, Voie aux Prêtres.» Nicolas de Bonnefons, Jard. Franc.,p. 63 et 68 [1663].
« Le Milan, dit Cadet de Bordeaux, est façon de Bergamote Bugi, bon peu devant la Toussaint ; fort bon. » Dom. CI. Saint-Étienne, /nstruct. bons Fruits, p. 63 [1670].
« La Poire de Cadet, ou Voye aux Prêtres, est une espèce de Bergamote qui est grosse, ronde et verte, charge bien, et est assez bonne, étant mangée à propos; autrement elle devient pâteuse, et surtout quand elle est trop longtemps sur l’Arbre. Il en est de même des autres Poires sujettes à cotoner, qui sont beaucoup meilleures greffées sur le franc que sur cognacier. » Merlet, Abrégé des bons Fruits, p. 93 [1675].
P. CADETTE
« La Bergamotte Cadette est une Poire grosse et ronde qui charge bien, est assez bonne ; elle veut être mangée un peu verte, autrement elle devient pâteuse. Cat. Pép. Chartr., p. 38. » [1767.]
« Dans les terreins qui ne sont pas très-propres pour ce Poirier, le fruit n’a communément que vingt-quatre ou vingt-cinq lignes de hauteur, sur vingtcinq ou vingt-six de diamètre ; il est plutôt arrondi et de la forme d'Orange que turbiné. Le côté de la tête est assez arrondi, et œil, bien ouvert, est placé dans un applatissement. La queue, grosse, est plantée dans un enfoncement très-peu creusé et souvent recouvert de petites bosses à sa naissance. La peau se teint légèrement de rouge du côté du soleil, l’autre côté jaunit lorsque le fruit acquiert sa maturité. Elle est très-lisse. La chair et l’eau sont bonnes, quoique inférieures à celles de la plupart des autres Bergamottes ; mürit en octobre. » Duham., Arbr. fruit., p. 172, tab. 44, fig. 2 [1768].
« La Bergamote Cadette, confondue avec la Crassane à Bordeaux, est un fruit gros, un peu en forme de toupie, bien qu'il s’en trouve qui ont la forme d’une P. Orange; le côté de la tête est arrondi. L’œil est bien ouvert; il n’est pas enfoncé, et il est plutôt plat; le pédoncule, gros, peu enfoncé, a souvent une petite bosse à sa naissance. La peau est unie, verte, tachée de gris; le côté qui est vu du soleil prend du rouge ; au temps de la maturité elle jaunit partout. La chair et l’eau sont bonnes. Mürit en octobre. » Catros, Traité raisonné des Arbr. fruit., p. 350 [1810].
« Le fruit est moyen, sphérique, aussi large que haut, et mesure sept à huit centimètres dans ses plus fortes dimensions ; il est quelquefois turbiné-pyriforme. Sa peau, vert-clair, marbrée de taches de rouille, est rude ; elle se colore parfois de rouge vif au soleil, au point de rendre le fruit méconnaissable ; à sa maturité, elle jaunit plus ou moins fortement, et dansles fruits venus à l'ombre elle reste entièrement verte. Ces fruits sont toujours meilleurs que les autres. La chair est blanche, très-fine, beurrée, fondante ; son eau est abondante, sucrée et parfaitement parfumée. Nous déconseillons de placer cette variété en espalier, où elle perd beaucoup de ses qualités ; sa vraie forme est la haute tige ou la pyramide. Je ne puis assigner l’époque précise de sa première apparition, mais je la trouve portée sous le nom de Beurré Beauchamp au catalogue de Van Mons, publié en 1823, p. 25, n° 92. » Bivort, 4/6. pomol., p. 103 [1847].
« Fruit de grosseur moyenne, de forme sphérique, à peau lisse, d’un beau jaune citron et rouge du côté exposé au soleil. Pédoncule long de deux centimètres, courbé, gros, surtout à son attache au bois, brun foncé de ce côté et jaunâtre de l’autre, implanté dans l’axe du fruit entre trois bourrelets assez saillants. Chair blanche d’un très-bon goût et pleine d’eau parfumée. La Berga-
P. CADETTE
motte Cadette mürit en octobre; elle mollit promptement. Sa grosseur et sa couleur varient suivant lexposition.» Willerm. Obs. sur le genre Poirier, p. 162 [1848].
« Arbre très-productif, dont l'aspect des rameaux rappelle le Passe-Colmar. Le fruit est moyen, turbiné, bosselé vers le pédoncule; sa chair est fine, fondante, sucrée, mais un peu acidulée, rappelant la saveur du Saint-Germain. Le même arbre produit des fruits tout à fait ronds. Ils peuvent figurer avantageusement parmi les Poires d'automne. » Nicolle, Pomol. Seine-Inf., p.186 [1850].
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P. FLEUR DE GUIGNE
Fruit d'été, jaune, tache de rouge, très-lisse, à queue longue, droite, de couleur olivacée, portant la trace de bractéoles; à chair blanche, demi-cassante, juteuse, sucrée, peu parfumée. <
ARgrE atteignant de grandes dimensions, très-fertile; scions moyens, de couleur rouge-brun ou rouge-violâtre, à coussinets peu saillants ; yeux petits, rapprochés du scion.
FeuiLees florales ovales ou ovales-elliptiques, acuminées, arrondies à la base, ciliées, denticulées; les adultes à peu près de même forme, très-longuement pétiolées, ovales ou elliptiques, denticulées, étalées.
FLeurs grandes, blanches, longuement pédonculées; calyce à divisions linéaires-lancéolées , aiguës, réfléchies, pubescentes ; pétales ovales-elliptiques ou suborbiculaires-oblongs, peu concaves, brusquement onguiculés , souvent rosâtres sur les bords, laissant d'assez grands intervalles entre eux. | |
FruIT commençant à mûrir à la fin de juillet, petit, à pédoncule très-long, droit ou arqué, cylindracé, de couleur verte ou olivâtre, portant la trace de quelques bractéoles; peau jaune à la parfaite maturité, très-lisse, fine, à peine pointillée, n’offrant presque jamais de taches fauves et marquée de rouge du côté du soleil; œil à fleur du fruit, grand, à divisions linéaires, aiguës, rapprochées de manière à fermer l’orifice du calyce, glabres, accompagnées de petites protu-
P. FLEUR DE GUIGNE
bérances arrondies; cœur ovale sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de granulations; lacune centrale assez large, atténuée vers l'œil; loges moyennes; pepins solitaires ou géminés, de couleur fauve.
CHair blanche, demi-cassante, assez fine, très-juteuse; eau sucrée, peu parfumée. — Cette variété, très-estimée aux dix-septième et dixhuitième siècles, n’a de mérite aujourd’hui que par sa grande fertilité. Elle passe vite et doit être cueillie un peu verte.
Quelques pomologistes, Duhamel entre autres, comme on le verra par la description qu’il en donne, confondent cette variété soit avec la P. sans peau de Merlet, qui a pour synonyme le Gracioli, soit avec le Rousselet hâtif, qui a pour synonyme la P. de Perdreau, Amiré roux de Tours, de Chypre,etc.* C’est afin d'éviter toute confusion que j'ai choisi le nom de Fleur de Guigne, sous lequel notre variété a été désignée dans l’origine.
« La P. sans peau, qu'on nomme autrement Fleur de Guigne, et même Rousselet hâtif, par quelque ressemblance qu’elle a avec le véritable Rousselet dans sa figure longuette et son coloris roussâtre ; c’est une fort jolie Poire, et surtout vers le vingtième juillet, pour tenir compagnie à la Poire de Blanquet à longue queuë; elle a l’eau douce, sans aucun mélange de Rosat ou d’aigret, et a la chair tendre sans aucun marc : tout cela doit faire approuver le rang que je lui donne , et que j’aurois donné au Bon Chrétien d’esté musqué (Bujiarda) s’il venoit dans la même saison que luy, c’est-à-dire devant les Pêches.» La Quint., Instr., p. 164 [1692].
«La Poire sans peau est de figure longuette ; son coloris est roussatre, son eau douce, sa chair tendre, sans marc : le Poirier doit estre sur Coïignassier, en fonds plus sec qu'humide; sa maturité est vers la my-juillet.» B..... Traité ou Abrégée cur. touchant le jard., p. 184[1706\.
« Ce Poirier est vigoureux greffé sur franc ; greffé sur coignassier il est d’une force moyenne. Les scions sont gris dans l’ombre , rougeâtres du côté du soleil.
* On connait enfin une P. sans peau d'automne.
P. FLEUR DE GUIGNE
La feuille est grande, longue de trois pouces huit lignes , large de deux pouces six lignes, plate. Les bords forment quelques plis ou ondes, et sont garnis de dents très-écartées l'une de lautre, aiguës, très-peu profondes. Le pétiole est long de vingt-deux lignes ; les bords des feuilles moyennes sont garnis de dents fines , aiguës et peu profondes. Le fruit est de grosseur presque moyenne. Il est souvent relevé de quelques bosses , et tant soit peu renflé vers la queue, qui est droite, bien nourrie, longue de dix-huit lignes, plantée dans un enfoncement. L’œil est assez grand et placé dans le fond d’une cavité relevée de côtes. Quelquefois la partie la plus renflée du fruit est presque au milieu de sa longueur, et il va en diminuant vers les deux extrémités ; ce qui lui donne la forme d’une navette un peu plus allongée vers la queue que vers l'œil, et alors il ressemble à une petite Poire d'Épargne. Quelquefois il a la forme du Rousselet, mais plus allongé. La peau est fine, d’un vert pâle, marquetée de gris du côté de l'ombre, et jaune marquetée de rouge de sang pâle du côté du soleil. La chair est fondante , ne laisse aucun mare dans la bouche; l’eau est très-bonne, douce, parfumée. Cette Poire mûrit au commencement d’août. Elle passe fort vite.» Duham., Arbr. fruit., p. 150, tab. 13 [1768].
« La Poire sans peau est longue. Elle a la peau très-fine, et c’est ce qui a fait donner le nom de Sans peau; elle est demi-beurrée : son eau est sucrée, et elle mérite d’être mise au nombre des excellentes d’été.» Frère François, le Jardin. solit., p. 38 [1771].
«Ce fruit est plus long que gros; il est plus gros au milieu qu'aux deux bouts. Il a de la ressemblance avec la P. Épargne moyenne, avec laquelle on le confond à Bordeaux. Sa couleur est d’un vert pâle partout, excepté où le soleil a frappé; elle prend du jaune recouvert de rouge. La chair est fondante; l’eau en est bonne ; mais il faut aussi la cueillir dès que le vert de sa couleur commence à jaunir. Ses pousses viennent droites; elles sont de couleur presque rouge, très-tiquetées , particulièrement à la pointe. Les feuilles sont grandes et comme pliées par les bords, dont les dents sont pointues et très-peu profondes. Ce fruit, passablement bon, fera mieux en plein vent qu’en toute autre forme. » T. Y. Catros, Traité raisonné arbr. fruit., p. 303 [1810].
«Le fruit est allongé, ventru, long d’environ six centimètres, sur quatre centimètres de diamètre. Il a assez la forme d’une petite Épargne ou d’un Saint- Germain. La peau est très-fine, très-mince, d’où le nom de P. sans peau; elle passe du vert päle au jaune faible dans la maturité : le côté du soleil rougit un peu, et se couvre de points et de petites taches rougeâtres qui la rendent comme marbrée. L’œil est presque à fleur, quelquefois entouré de petites bosses. La queue est longue , menue , marquée de quelques cicatrices, et verte dans sa plus
P. FLEUR DE GUIGNE
grande longueur. La chair est blanche, très-fondante quoiqu’elle ait une roche ‘pierreuse très-considérable. L’eau est douce, sucrée, légèrement parfumée. Cette Poire mürit au commencement d'août. Elle est très-délicate , fondante, mais peut-être pas assez parfumée.» Poit., Pomol. [1846].
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P. NIRGOULEUSE"
P. VIRGOULEUSE.
Fruit d'hiver, moyen ou gros, arrondi ou ovale-arrondi, déprimé aux deux extrémités, à queue grosse, arquée, légèrement enfoncée dans le fruit; peau jaune-verdâtre, lisse, parsemée de taches fauves; chair ferme, très-juteuse et parfumée.
ARBRE très-vigoureux, à rameaux étalés, divariqués, à scions un peu gros, légèrement flexueux, de couleur olivacée, à coussinets assez saillants; yeux petits, obtus, appliqués contre le scion.
Feuizees florales ovales-cordiformes, mucronées, presque entières, pubescentes en dessous, glabres en dessus, légèrement sinueuses; les adultes de deux formes : celles des rosettes ovales-cordiformes, presque entières, planes, portées sur de très-longs pétioles; celles des scions ovales, dentées et en général contournées ou trèsondulées sur les bords, accompagnées de stipules longtemps persistantes.
FLeurs toutes blanches, moyennes, portées sur d’assez courts pédicelles; calyce à divisions lancéolées-aiguës, étalées, blondes ou roussâtres en-dessus; pétales elliptiques-orbiculaires , étalés, laissant un peu d'intervalle entre eux.
FruiT commençant à mürir en novembre et se conservant jusqu’à la fin de janvier, ovale-arrondi, déprimé aux deux extrémités, à
* Virgoulé, nom d'un village des environs de Saint-Léonard, dans le Limousin.
P. VIRGOULEUSE.
queue charnue , légèrement arquée, un peu enfoncée dans le fruit, ordinairement renflée aux deux bouts et accompagnée de petites bosses à son insertion sur le fruit, de couleur olivätre ou fauve; peau d’un vert gai, passant au jaune-verdàtre à la maturité, lisse,
parsemée de petits points fauves gercés et de marbrures ou taches
plus ou moins nombreuses de même couleur, quelquefois marquée de brun près de la queue, ainsi qu’autour de l'œil; œil ordinairement placé dans une dépression parcourue par de légers sillons, ou presque à fleur du fruit et placé un peu en dehors de l'axe, à divisions pubescentes, blanchâtres, étalées au sommet, charnues à la base et rapprochées de manière à fermer plus ou moins l'ouverture du calyce, persistantes ou caduques; cœur dessinant une sorte de losange sur la coupe longitudinale du fruit, bordé de très-petites granulations; lacune centrale linéaire; loges très-grandes; pepins larges ou plus ou moins avorlés, étroits et recourbés au sommet.
Cæair ferme, blanchâtre, à peine granuleuse, très-juteuse; eau
sucrée-acidulée, parfumée, très-agréable. Fruit de première qualité. :
Cette variété, longtemps et avec raison très-estimée, a été abandonnée depuis une vingtaine d'années pour une multitude d’autres Poires qui n'en ont cependant pas les qualités; on trouvera dans les citations suivantes, que j'emprunte aux plus célèbres pomologistes, l’explication de cet abandon et le moyen de réintégrer avec avantage dans nos vergers un des fruits les plus remarquables par sa longue conservation. ;
«La Virgoulette ou Virgouleuse.» N. de Bonnefons, Jerd. Francois, p. 66 [1665].
« Dans le mois de novembre, et les suivants, se mange la Virgouleuse , qui vient du Village de Virgoulée, près Limoges, dont le Baron de Chambray est Seigneur, ce qui le fait appeler dans le Pays la Chambrette. C’est une grosse Poire longue et verte, qui jaunit en meurissant, très-fondante , et d’un bœurré
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P. DE LUCON.
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Fruit d'hiver, gros, ventru, obtus, à queue tres-courte, oblique, enfoncée et ordinairement placée en dehors de l’axe du fruit; peau fine, bronzée, couverte de larges taches fauves, ainsi que de marbrures, lavée de rouge -brun;
chair fine, beurrée, très-agréable.
ARBRE fertile, à scions légèrement flexueux, de couleur fauve-olivâtre, parsemés de nombreuses lenticelles, à coussinets assez saillants ;
yeux petits.
Feuizzes florales ovales, mucronées, arrondies ou légèrement acuminées à la base, presque entières, glabres en dessus, à l’exception de la nervure médiane, pubescentes et blanchâtres en dessous; les adultes à peu près de même forme : celles des rosettes oblongues, acuminées, légèrement denticulées; celles des scions grandes, ovales ou ovales-elliptiques, acuminées, denticulées, étalées où à bords redressés, portées sur de longs pétioles.
FLeurs au-dessous de la moyenne, toutes blanches, portées sur des pédoncules courts et gros; calyce à divisions deltoïdes, aiguës, couvertes de poils roussâtres en dessus; pétales obovales, onguiculés, étalés, laissant un peu d'intervalle entre eux.
Fruir mürissant de novembre à janvier, gros, ventru, obtus; pédoncule remarquablement court, gros, presque aussi épais que long, gris fauve ou bronzé, enfoncé et placé én dehors de l’axe du fruit; peau très-lisse, fine, de couleur olive ou uniformément bronzée, parsemée de larges taches ou de marbrures plus foncées, d’une teinte semblable à celle que présentent la Reinette grise ou le Messire- Jean, quelquefois lavée en outre de brun-rouge du côté du soleil;
* Chef-lieu de canton du département d’Ille-et-Vilaine.
P. DE LUCON.
œil placé au fond d'un enfoncement assez protond, entouré de zones concentriques de couleur ferrugineuse, à divisions courtes, souvent caduques; cœur petit, arrondi, entouré de granulations, assez rapproché du calyce; loges moyennes; pepins bruns ou noirâtres; lacune centrale étroite.
Cuair blanchâtre, fine, fondante, très-juteuse; eau sucrée-acidulée, très-parfumée et légèrement fenouillée. Excellent fruit, désigné par quelques pépiniéristes sous le nom de Beurré gris d'hiver nouveau.
« Cette excellente variété a beaucoup de rapports avec le Beurré d’Amboise ; sa fertilité est la même ; ses rameaux, ses feuilles ont, à très-peu de chose près, la même physionomie; voici les principales différences : Le Beurré gris d'hiver nouveau est plus vigoureux que le Beurré d’Amboise; ses rameaux sont plus gros, plus marbrés de gris; leurs yeux sont plus rapprochés. L’arbre est en général moins sujet aux chancres et produit bien en plein vent, tandis qu’en Normandie le Beurré d’Amboise est presque toujours couvert de chancres et d’une écorce galeuse ; il exige la protection d’un mur pour produire. A ces différences il faut joindre celle de l’époque de maturité, laquelle étant plus tardive dans le Beurré de Luçon le rend d'autant plus précieux. Son fruit est moyen ou gros, irrégulièrement ovale ou arrondi, obtus, rarement turbinépyriforme ; son épiderme est vert-jaunâtre et presque entièrement recouvert de marbrures fauves, surtout autour de l'œil ;.le côté frappé par le soleil est ordinairement lavé de rose-rouge. Pédoncule gros, implanté presque toujours obliquement dans une cavité assez large et à bords irréguliers. OEil petit, ordinairement régulier, placé dans une cavité peu profonde. Chair demi-fine, fondante ; eau abondante, sucrée, parfumée. C'est un très-bon fruit, qui a parfois la saveur du Beurré d’Amboise. » Prévost, Pomol. Seine-Infer., p. 116.
« Fruit très-gros, de forme ovale, déprimé aux deux bouts. Pédoncule gros, court, inséré dans un enfoncement circulaire irrégulier ; œil petit, placé dans une cavité peu profonde, à divisions droites, persistantes. Peau fine, jauneverdâtre à sa maturité, fouettée de fauve-roux du côté du soleil et marquée de points blanchâtres, marquée d’une tache fauve autour du pédoncule et de l'œil. Chair blanchâtre, ferme et fondante, d’un goût très-agréable ; quelquefois un peu pierreuse lorsque l'arbre est planté en terrain fort, ce qui n’a pas lieu quand il l’est en terre légère et chaude. L'arbre est vigoureux et d’une extrème fertilité. Il est préférable de le cultiver en espalier qu'en pyramide. Le fruit mürit de décembre à janvier. » Willerm., Poër., p. 180 [1848].
P. VIRGOULEUSE.
solide et extraordinaire , qui dure et se mange pendant un long temps; elle ne veut pas estre enfermée, ny mise sur le sapin, ny la paille, non plus que les autres Fruits bœurez, qui en prennent le goust, mais bien sur le bois de chesne, ou sur le plastre. Son Arbre est le plus beau de tous, tant pour la verdeur des fetilles que pour l’abondance de sa sève, qui luy fait pousser des jets extraordinaires ; et lorsque dans un jeune Plant d’Arbres quelque Poirier meurt et languit, il faut mettre à sa place une Virgouleuse , qui vient promptement et passe les autres en peu d'années; on ne peut aussi en avoir trop grand nombre, son Fruit estant des plus exquis; il flétrit estant cüeilly avant sa maturité, et il demande le buisson plustot que le plein-vent, qui le fait tomber, tenant peu à l’Arbre. On en peut mettre en Espalier au Levant ou au Couchant, et jamais au Midy, qui fait jaunir l’Arbre et fendre le Fruit qui pourit et ne se garde pas. Il y en a d’une autre espèce rare et extraordinaire, dont le bois est rouge, et le fruit de mesme, qui se mange plus tard, va jusqu'en Fevrier, et a les mesmes qualités que la Virgouleuse.» Merlet, Abrégée des bons Fruits, p. 98 [1675]. -
«La Poire de Virgoulé, qu’on appelle Bujaleuf en Angoumois , Chambrette en Limousin, Poire de glace en Gascogne, Virgoulese et Virgouleuse en tant d’endroits, et qui, à l'exemple des Poires de Bési d’Hery, de l'Eschasserie, etc., doit ce me semble porter plustot le simple nom de Virgoulé * que tout autre : ce qui m'en fait juger ainsi, c’est à cause du village de Virgoulé, voisin de la Ville de Saint-Leonard en Limousin, duquel nous l'avons tirée, et où apparemment elle avoit passé un fort long temps sans éclat, ny plus, ny moins, pour ainsi dire, qu’une perle dans sa coquille; mais enfin, tant pour le bonheur de nos curieux , que pour l'ornement de nos Jardins, elle est sortie de ce village par la libéralité du Marquis de Chambret, qui en étoit le Seigneur, et qui nous la donna sous lenom de sa Poire de Virgoulée ; or depuis ce temps-là elle a commencé tout de bon à faire parler d’elle , si bien qu’aujourd’huy elle prétend avec assez de raison à l’honneur, qui est icy proposé (c’est-à-dire d'entrer en lice avec le Beurré et la Bergamotte). C’est une Poire d’une figure assez longue et assez grosse, ayant environ trois à quatre pouces de haut, sur deux à trois de large ; la queuë est courte , charnuë et penchée ; l'œil médiocrement grand, et un peu enfoncé ; la peau lice et unie, et quelquefois colorée, et qui enfin de verte qu’elle étoit à l’Arbre jaunit, à mesure qu’elle approche de la maturité, et en meurissant devient tendre et fondante ; en sorte que, quand on la prend à propos, elle se trouve un des meilleurs fruits du monde : sa réputation a fait en-
* L'usage a prévalu contre l'opinion de La Quintinye; le nom de Virgouleuse est généralement adopté.
P. VIRGOULEUSE.
suite, qu’en fort peu d’années elle s’est autant répanduë dans tous les jardins fruitiers de l’Europe, qu'aucune autre Poire que nous connoissions. ...... La Virgoulé donc prétend que le temps de sa maturité, qui eomprend environ trois mois, et la beauté de son Arbre, qui est toujours immanquable, luy doivent donner gain de cause tant sur le Beurré, et sur la Bergamotte que sur toutes les autres Poires , qui la veulent traverser, puis que d’ailleurs elle ne cède à aucune des autres par l'abondance du rapport, non plus que sur l’article de la bonté. » La Quint., Instr. Jard. fruit, p. 143 [1692].
« La Virgouleuse est une des plus belles et des meilleures Poires : l’arbre est celui de tous les Poiriers qui a le plus de beauté et de force; son bois est verd et lustré, sa feüille de même; son fruit est gros et bien fait; il a beaucoup d’eau, un goût très-relevé : on luy reproche qu’il prend aisément le goût des bois sur lesquels il est enfermé, et sur-tout du sapm, quand il est serré et enfermé dans des armoires de bois de sapin; et pour remédier à ce deffaut, il faut le mettre sur des planches de chesne , sur lesquelles on mettra du sable ou de la cendre une ligne d’épais, et sur cette cendre ranger les Poires sans se toucher, et par ce moyen ne prennent point le goût du bois sur lequel elles sont posées. Une des meilleures qualités de cette Poire, c’est qu’elle dure trèslongtemps; lon en mange encore pendant tous les mois de Novembre, Décembre , Janvier et Février, et même pendant les premiers jours de Mars, selon la qualité de la terre , et quand ces Poires sont venuës sur des arbres en espalier exposez au Nord. Car c’est encore une bonne qualité de ces arbres qu’ils réüssissent à l'exposition du Nord, et que les fruits qu’ils y produisent ont une eau fine et de bon goût ; il est vrai que quelquefois ils sont plusieurs années sans fleurir, mais quand ils fleurissent les fleurs nouënt à cette exposition comme aux autres, et les fruits y viennent assez beaux et assez bons. Ce fruit vient en buisson, en espalier, et en plein-vent, et celui qui vient en plein vent est encore plus excellent que les autres, la chair en étant plus beurrée et plus relevée ; mais il arrive très-peu à sa parfaite maturité, car il n°y a point de fruit qui tienne si peu à l'arbre, et les plus petits vents l’abattent. L'on a ei-devant observé que le Poirier de Virgouleuse était le plus vigoureux de tous les Poiriers ; par cette raison il est le plus long à rapporter du fruit; mais il est certain que la Virgouleuse est aussi fertile et porte du fruit aussi abondamment que les autres arbres, pourvu que l’on ait un peu de patience, et la sagesse nécessaire pour modérer sa vigueur. Cet arbre a cette vigueur même lorsqu'il est greffé sur Coignassier, et aussi il ne faut planter des Virgouleuses greffées sur franc que pour en faire des arbres de hautes-tiges ou dans des sables, ou des terres si sèches que les arbres ne peuvent en tirer beaucoup de nourriture; et qu’ainsi on peut espérer qu'ayant moins de vigueur ils seront plus faciles à mettre à fruit».... Observ.
P. VIRGOULEUSE.
sur la cult. des Arbr. fruit., p. 81. Chez Jacques Collombat, impr. ord. du Roy [1718].
« La Poire de Virgoulé ou Virgouleuse a la chair tendre et fondante, beaucoup d’eau douce et sucrée, d’un goût fin et relevé : sa figure est longue; les plus grosses sont de trois pouces de diamètre sur quatre pouces de haut; elle a la queue courte, charnue et penchée, l’œil un peu enfoncé et médiocrement grand, la peau lice et quelquefois colorée du costé du soleil : en meurissant elle jaunit. Il est nécessaire de couvrir les planches sur lesquelles on la met, dans la Fruitterie, d’un lit de mousse ou de sable de rivière bien sec, et les placer Pune auprès de l’autre sans qu’elles se touchent : il faut leur donner de l’air autant de fois qu’il fera beau temps. L’arbre est tardif à rapporter. Outre les défauts que nous venons de voir à cette Poire, elle en a encore un plus fâcheux, c'est que sans attendre sa maturité, elle se fend sur l'arbre, et puis elle pourrit et tombe : c’est une sérieuse mortification pour celui qui s’est bien donné de la peine et du soin pour élever l’arbre, et qui veut avoir sa provision de si excellent fruit. Pour corriger ce défaut je n’ay trouvé qu’un seul remède, qui est de planter le Poirier en buisson à l’ombre et en espalier au Nord; elle se conserve en l’un et l’autre de ces endroits, sans se fendre ni changer sa figure. Et ceux qui ont des Poiriers de cette bonne espèce exposés au grand chaud, ils eonviendront que, quoique l’apparence leur promettre une récolte abondante de fruits, néanmoins ils n’en recuillent de bonnes que celles qui sont dans le milieu de l'arbre ou cachées du soleil par des branches ou sous les feuilles. Qu’on ne craigne point que ombre ni exposition du Nord soient fatales pour le goût; il n’en est pas comme des Pêches, cela n’en diminuera guère la bonté; mais en tout cas ce défaut (s’il y en a) sera bien récompensé par la beauté du fruit, et corrigé par le sucre. » BR***, Traité ou Abrégé cur. touchant le Jardinage, p. 154. Paris, chez la veuve de J. Morel [1706].
« L'arbre est le plus ou un des plus vigoureux Poiriers, lent à se mettre à fruit; mais fertile, peu difficile sur le terrein et l'exposition : cependant l’espalier au midi lui convient peu, parce que son fruit s’y crevasse et s’y défigure. Le fruit est gros, son diamètre étant de deux pouces cinq lignes, et sa hauteur de trois pouces; long et d’une assez belle forme, son plus grand diamètre est plus vers l’œil que vers la queue. L’œil est petit, placé au sommet d’une cavité peu profonde et assez large. Le côté de la queue va en diminuant, et ne se termine pas en pointe, mais se renfle un peu à l’extrémité, où la queue, courte, n'ayant que onze lignes de longueur, un peu charnue à sa naissance, s'implante obliquement, dans une petite cavité bordée de quelques plis ; elle se détache aisément de la branche. La peau est lisse, semée de quelques petits
P. VIRGOULEUSE.
points roux; d’abord verte, devient jaune presque citron, et en murissant elle prend ordinairement une légère teinte rougeâtre du côté du soleil. La chair est tendre, beurrée, fondante. Elle contracte facilement l'odeur des choses sur lesquelles elle a müri. L’eau est abondante, douce, sucrée, relevée ; quelques-uns lui reprochent un petit goût de cire. La maturité arrive en novembre, décembre, janvier : c’est une des plus excellentes Poires. » Duham., Arbr. fruit., p. 224, tab. 51 [1768], et Poit., Pomol. [1846.]
«Le fruit est d’une jolie grosseur, ovoïde, d’un vert jaunâtre lorsqu'il est mür. Queue courte, charnue, un peu courbée, brun noirâtre, implantée de côté presque à fleur. Peau très-lisse, brillante, quelquefois légèrement lavée de rose du côté du soleil. Chair blanche, fondante, beurrée, pleine d’un suc sucré, parfumée et d’une saveur très-relevée. Cette Poire mürit de novembre en janvier : elle passe pour une des meilleures Poires d'hiver. Elle est aujourd’hui fort négligée parce que l'arbre est long à se mettre à fruit ; nous avons vu dans nos visites horticoles quelques sujets jeunes encore et qui portaient beaucoup de fruits, parce qu’on ne les taillait presque pas, ou qu'on les taillait très-longs. Aussi dirons-nous aux amateurs ce que nous ferions de ce Poirier : dans un grand établissement, où la place ne manque pas, nous léleverions en plein-vent; dans un petit, où les places sont précieuses, nous le planterions contre un mur, non pas au nord ni au midi, mais au levant ou au couchant, et là nous le traiterions comme on traite le Pêcher. Nous sommes certain que, sous la main de nos habiles confrères, le P. Virgouleuse, horizontalement palissé, donnerait bientôt et chaque année une abondante récolte de fruits délicieux et d’une conservation parfaite. » Willerm., Poir., p. 28 118481.
et fui