‹ Le jardin passionnéChapitre 34 sur 95 · AH! MA DOUCE · texte numérisé non relu

AH! MA DOUCE

Ah ! ma douce ravenelle

Qui poussais verte et nouvelle

Dans les jours de mon bonheur,

Que ne t'ai-je alors, ma douce,

Mise contre la chaleur

De mon sein dolent où pousse

Une seule et rude fleur?

Celle-là l'on ne l'appelle

Ni rose ni ravenelle,

Ah! ma douce.., 87

Ni souci doré des champs.

Chardon qui, l'aile épineuse, Mets sur l'herbe et sur les vents Ta semence voyageuse, Tu tiens des dards moins méchants !

Genièvres, houx qui faites Des aiguillons et des crêtes Pour défendre vos fruits surs ; Eglantiers aux rouges pointes Non, toutes vos lances jointes Ne font pas de maux plus sûrs.

Pourtant je donne pour elle Et roses et ravenelle Et tes yeux, belle du jour, Car le jardinier qui l'aime Et la brise tour à tour N'est ni roi ni prince même, Mais tout simplement l'amour.

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