LA SONATE
L'autre jour, j'ai joué la sonate aux grands cris, La sonate au visage expressif et qui change ; Elle a traîné sur moi son arôme incompris, Le pourpre du démon et le bleu de l'archange.
Elle a passé sur mes jardins et mes abris.
Elle a traîné sur moi sa robe violette
Où tout le jour et tout le soir roulent fondus,
Elle m'a dit, les yeux dardés, les bras tendus : « Ton âme est si terriblement close et secrète,
O volupté sans joie, ô fureur sans loisir ! Ton âme est si terriblement secrète et close. » Et j'ai tué sur le clavier de mon désir La sonate qui sait l'inguérissable chose.
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