SCÈNE VI MACLOU, LE BARON, MARCASSE
MACLOU, avec de grandes salutations.
Entrez donc, monsieur le baron, entrez donc chez nous un moment, s'il vous plaît.,.
LE BARON
Gomment te nommes-tu, mon brave homme?
MACLOU
Maclou, monseigneur, Jean Maclou, pour vous servir.
LE BARON
Ah! oui, je me souviens, tu étais autrefois le jardinier du château, je crois?
IIACIOU.
Oui, monseigneur.
LE BARON
Et tu dis que tu as une grâce à me demander?
Oui, monseigneur.
LE BARON
Alors dépêche-toi.... car j'ai hâte de rejoindre la chasse.
* MARCASSE, frappant Maclou de son foueU
Dépêche-toi, drôle!
MACLOU, à part.
Aïe!... (Haut.) Oui, monsieur Marcasse! (Au baron.) Voilà de quoi il retourne, monseigneur... Faut vous dire qu'il y a chez nous depuis longtemps un scélérat de lièvre qui nous fait un dégât... un dégât du diable, quoi!... et 1' plus vexant, c'est que cette maudite bête-là s' rit des pièges et des traquenards.
LE BARON
Eh bien !... qu'est-ce que ça me fait ?
MARCASSE
Qu'est-ce que ça nous fait? (u donne un coup de fouet dans les
jambes de Maclou.)
MACLOU, avec une grimace.
Oh là! (souriant.) Je voulais simplement, prier monseigneur de me débarrasser de l'animal.
LE BARON
Gomment, maraud ! bélître, butor ! c'est pour cela que tu m'as arrêté! que tu me fais venir dans ton taudis!... Tu veux que je courre le lièvre dans un champ de laitues ! tu mériterais!...
MARCASSE
Voulez- vous que je l'assomme, monseigneur?
MACLOU) effrayé*
Ah! mais non!...
LE BARON
Vingt coups de fouet suffiront.
MARCASSE
Ce n'est guère, (il poursuit Maclou a coups de fouet.)
MACLOU
Au secours! au secours! (Petit-Pierre sort de sa cachette Tiennette et Margot sortent de la ferme.)