I.’esclave soumis & tes lois
Comme autrefois.
Comme autrefois I
MADAME T1PHAINE.
Monsieur... vous savez pour quel motif j’ai consenti à ce rendez-vous?
COLLÉ
Oh ! oui... oui... ces lettres...
MADAME T1PHA1NE.
Eh bien?...
Eh bien... je les ai oubliées...
MADAME TIPHAINE, avec reproche.
Vous les avez oubliées?...
COLLÉ, tou dramatique.
Hélas! oui... Je mesuisdit, en parlant, si je ne les oublie pas. .je serai obligé de les rendre .. et madame la greffière n’aura plus de prétexte pour m’engager à lui présenter mes devoirs... Je ne la verrai plus!... Et, comme je ne puis me passer de la voir, j.’en ferai une maladie !... j’en mourrai... et la pauvre Ninelte aura, nuit et jour, un remords au cœur,.. Elle en mourra aussi !... Et monsieur le greffier, âme tendre et passionnée, ne manquera pas de suivre son épouse au tombeau... Et monsieur le lieutenant de police, privé de son bras droit, ne battra plus que d’une aile... Or, trois trépas et une aile coupée à monsieur le lieutenant de police... c’est trop pour quelques tendres poulets.. .Voilà pourquoi j’ai sagement oublié vos lettres, ô Ninelte!
MADAME TIPHAINE, s’efforçant d’être sévère.
Monsieur !... (Riant tout à coup malgré elle.) Ah ! ah I ah ! toujours le même !
COLLÉ, riant aussi.
Ah ! ah! ah !... bien ! .. Vous êtes désarmée!.,.
MADAME TIPHAINE
Voyous, monsieur, soyez raisonnable...
Voyons, Ninette, soyez indulgente...
MADAME TIPHAINE
Vous allez partir...
COLLÉ
Partir... déjà!... sans souper?
MADAME TIPHAINE
Comment! souper?
COLLÉ
Sans doute...
MADAME TIPHAINE
Mais je ne soupe pai !