BALLADE IV
Amis subtils forçant gras coffres Pour déloger écus nombreux.
Allez ailleurs porter vos offres.
Berneurs, êtes roués fameux.
Mouchard s'en va parmi les gueux Et raconte aussi qu'il est pris.
Mes frères, soyez ombrageux,* Gardez-vous des cachots massis.
Si saisis êtes désarmés
Par les sergents durs au service,
Incontinent manteaux chipés
Au bourreau feront bénéfice.
Fers quitterez pour qu'on vous hisse
Tout debout et non pas assis ;
Donc fuyez grilles de justice
Barrant ces gros cachots massis.
Nyois qui seront attrapez Bien tost s'en broueront au halle.
Plus n'y vault que tost ne happez La baudrouse de quatte talle.
Destîrer fait la hirenalle Quant le gosier est assegis, Et si hurcque la pirenallc Au saillir des coffres massis.
Envoi
Prince des gayeulx, en les harpes Que voz contres ne soient greffis.
Pour double de frouer aux arques, Gardez-vous des coffres massis.
Niais qui seront attrapés Bientôt s'embrumeront au haie.
Rien ne peut qu'ils ne soient happés Par le nœud excitant au râle.
Angoisse étire et rend tout pâle Quand le gosier à siège est mis, Et pieds cherchent en vain la dadlc Au sortir des cachots massis.
Envoi
Prince des trompeurs, que vos proches En leurs grilles ne soient saisis.
Pour doute de fouiller aux poches, Gardez-vous des cachots massis.