BALLADE VI
Frères de la gaudisserie> Entendez toujours blanc pour bis, Choisissant, dans lapillerie, les beaux écus au secret mis.
Raflez des bourses cinq ou six Et vous gardez bien de la roue Qui rend patients froids et gris, En leur faisant faire la moue.
La face gardez d'avarie
Et que vos corps n'aient rien de pis ;
Que point à la pigeonnerie,
En la niche soyez assis.
Ne prenez pas objets sans prix.
Courez les champs malgré la boue.
Car bise hérissant les sourcils
Fait aux plus durs faire la moue.
Piaillez tost de la mouargie, Pu» ça, puis là, pour le hurtis.
Et n'espargnez point la flogie De ces doulx dieux sur les patis.
Et Yozens soient assez hardis Que de leur avancer la droe; Mais si soiez memoradis Qu'on vous face faire la moe.
Enpoi
Prince, cil qui n'a bauderie Pouf soi eschever de la soe :
Dangier de grup en arderie Faiet aux sires faire la moe.
S6mez du faux blé, menterie, De ci, de là, pour la brebis, Et n'épargnez la bergerie Où toisons d'or sont sur pâtis.
Que vos tours soient assez hardis Pour leur glisser grain qui déjoue ; Mais sinon, soyez avertis Qu'on vous fasse faire la moue.
Ençoi
Prince, qui ne sait duperie Doit fuir l'étal où l'on échoue :
Danger de gorge en brûlerie Fait aux pilleurs faire la moue.