BALLADE XI
Au susdit clos, quand d'hiver on est )as, Vis arriver à la villa-ribaud Filles de prix, dames, gens d'embarras.
Et tels marchands qu'en notre métier faut.
Gueux affinés, allègres et pendards, Marauds, noceurs, pimpants, falots gaillards. Qui selon Tus à l'auberge jolie, Accoururent à flot de toutes parts, Pour maintenir la joyeuse folie.
Pour mieux abattre et dissiper frimas.
Entonnèrent au gobelet maint pot.
Bu rumatin et bombons, sucre gras.
Poisson de mer sans mettre ligne à flot.
On babilla sur tous faits, sur les arts.
Tant que Pon eut du pain dans les placards.
Bijoux, rubans, argent blanc, lingerie.
Tout, déployé, fut mis en justes parts.
Pour maintenir la joyeuse folie.
Pour mieulx polir et desbouser musars On polua des luans bas et hault Tant qu*il n'y eust des vivres en caras.
Puis feist on faire asault avec ung sault.
Apres, doublant de ces anges Tassault, On verrouUa et serra les busars Pour mieulx blanchir et desbouser coquars.
Là ot ung gueulx son endosse polye Qui puis alla empruncter aux Lombards, Pour maintenir la joyeuse folie.
L'Envoi manque.
Pour mieux voler et débourser musards, On sut piper les dés en bas, en haut, Tant qu'il resta des vivres sur les chars.
Puis on fit faire assaut avec un saut.
Après, craignant des sergents quelqu'assaut, On verrouilla, mit vin loin des hasards, Pour mieux vider et dépouiller jobards.
Un gueux eut là sa toilette cueillie Qui, depuis, fut emprunter aux lombards Pour maintenir la joyeuse folie.
L'Envoi manque.
Bi B.