BALLADE II
Coquillards noçant à Ruel, De rhuis chanvre vous faut garder, Pour n'y laisser et corps et pel Comme fit Colin l'écolier, Devant le treuil à torturer.
Implorant salut du Bon Duc.
Pas ne savait oignons peler...
Dont Tenchanvreur lui rompt le suc.
Changez vos costumes souvent, Du rez de chausse au front du temple ; Et prenez garde, en vous sauvant, Que de la gorge on vous trouve ample ; Montigny, pour ce, par exemple.
Bien attaché devint caduc, Déraisonnant, pris de la tremble...
Dont Tenchanvreur lui rompt le suc.
Gaillieurs faitz en piperie Pour ruer les ninars au foing, A Tassault ! tost, sans suerie.
Que le mignon ne soit au gaing Farciz d'un lourd plumbis à coing Qui serre et griffe au gart le duc, Et de la dure si très loing...
Dont Temboureux lui rompt le suc.
Envoi.
Princes, arrière de Ruel !
Et n'eussiez-vous denier ne plue,
Qu'au giffle ne laissez le pel
Pour Temboureux qui rompt le suc.
Gouailleurs, savants en piperie.
Aux sots offrant paille pour foin, A Tassant ! vite, sans suerie.
Que larron ne soit pour tout soin Enrichi du lourd plomb à coin Qui sert et prend au cou le Duc, Et de la terre le tient loin. . .
Dont Tcnchanvreur lui rompt le suc.
Envoi,
Princes, arrière de Ruel !
Et n'eussiez-vous denier ni truc.
Au gibet ne laissez la pel
Pour Tenchanvreur qui rompt le suc.