BALLADE III
Espions de Cans
Qui, par tous temps, Buvez au fond des cabarets
Gourde piarde
Et, sur la tarde.
Détroussez les pauvres niais ; Et pour soutenir vos méfaits, Dupes privés du nécessaire,
Sans plainte faire Ni haut braire, Ils sont plantés droits comme joncs, Pour les gibets qui sont si longs.
Souvent aux poches,
Pour leurs proches Se laissent tous dévaliser.
Pour baiser
Et jaser.
Parieur frère, alors que faisons Disparaître écus à tâtons ; Assénez deux coups ou bien trois
Aux grivois ;
Deux ou trois Les désigneront tous aux fronts Pour les gibets qui sont si longs.
Pour ce, benardz, Coquillars, Rebecquez-vous de la montjoye, Qui desvoye Vostre proye, Et vous fera du tout brouer Par joncher et par enterver Ce qui est aux pigeons bien cher Pour rifler Et placquer Les angelz de mal tous rons, Pour les sires qui sont si longs.
Envoi
De paour des hurmes ■^- Et des grumes,
Rasurez-vous en droguerie
Et faerie.
Et ne soiez plus sur les joncs Pour les sîres qui sont si longs.