L'HOTEL-DIEU DE PAEI
L'HAt^Dieu est le plu» ancî«n des bdfittfai de la capKale. Aa monent où l'on «e pmposs de )e reconstruire en le reportant sur im autre point de la Cité, il n'est pas sans intérêt de jeter un coup d'œi) sur l'orfgine et les développe m e»ts successifs de cet élabliseement qu'on peut appeler à juste titre le chef-lieu de l'assistance puMique à Parie.
Saint Landri, évéque de Paris, qui siégea vera le milieu du 7* siècle, en fut le fondateur. 8ui- TanC un usage à peu près général, il le fit cons* Iruire auprès de son église métropolitaine, et il y prenait soio lui-même des pauvres malades. L'histoire est complètement muette sur V^Uil' Sieu durant les premiers ftièeles de la monarchie ; aussi, en est-en réduit à y suppléer par des coniecture». Ceoendant ioul noriR i croire au'H es
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lorsque la lèpre se répandit dans notre pays.! On ignore où fut créée la première léproserie â Paris, et il est très-admissible que THôtel-Dieu dut recevoir les individus qui furent dès Tabord atteints de cette terrible affection.
Une charte de 1110 parle bien de pauvres lépreux, mais sans dire où se trouvait leur maison. Nous y voyons seulement que la léproserie, qui devait s'ouvrir pour tous les malades de Paris, était tenue en outre d'admettre les tameliers ou boulangers de cette ville (leurs femmes et leurs enfants ladres, lors même qu'ils n'étaient pas nés à Paris), parce qu'ils avaient secouru l'hôpital de pain et d'argent pendant une grande famine. Une charte de Louis le Jeune, de 1147, nous apprend que les lépreux avaient le droit de i prendre,* dans les caves où était le vin du roi, i dix-huit muids de vin par an. Plus tard, on leur donna en échange la pièce de boeuf royal , six pains et quelques bouteilles de vin.
£nfin nous lisons dans dom Pernot que c'est j vers 1606 que la léproserie fut réunie à l'hôpital de Saint-Lazare, sur la route de Saint- Denis; mais nous ne trouvons rien qui indique où était située cette léproserie. U est donc permis de penser que les premiers lépreux se rendirent à l'Hôtel-Dieu et que ce ne fut que plus tard, iorsque la maladie étendit ses ravages, qu'on construisit un hôpital spécial, dans un quartier plus Soigné du centre de la ville.
PAH CH. FRIEB. lui
Une lettre de Bernard de Vendôme, évéqne âe Paris, portant la date de l'année 1U05, appelle l'hôpital qui nous occupe l'Hôtel- Dieu- Saint- Christophe. Cette lettre est fort précieuse, car «lie confère au chapitre de l'église Notre-Dame de Paris le don de l'autre moitié de l'Hôlel-Dieu, et elle indique que le chapitre n'en possédait alora que la moitié: „Caprtulo j'am poasesêori medie~ tatia domus Dei ecmcti Chnatophorî, do alteram metUetatem àicti hospilalia sanctî Ghriatophorî."
Philippe-Auguste est le premier de nos rois qui fit quelques lihéralités à t'Hôtel-Dieu. On lit dans une de ses lettres: „Nous donnons à la Haison-Dieu de Paris, située devant l'église de la bienheureuse Marie, toute la paille de notre chambre et de notre maison de Pans, chaque fois que nous partirons de cette ville pour aller, coucher ailleurs." Comme on. le voit, à cette époque les libéralités royales se composaient de peu de choses, et elles donnent une idée du luxe qui régnait alors dans nos palais.
L'Hôtel-Dieu n'était pas seulement affecté aui
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Mire «n founùrâit aut ptirvQtes malades UMtt les aMte qifîia dMreraieat
A |iartir de cette époqye, m ae cessa d« s'occuper de Tfiôtiei-'Dîeu et de Vzmé^orer de toates façoûs. £n 1217, le deyen d« elnpître de l'égUse NoIire^'DaiDe , noD»né Etienne, chargea quatre préIres des soîas spirituels à donner aui malades, el viogircinq sœurs se partagèrant les soins temporels. Elles firent voeu 'de chasteté et prirent le voile; le directeur dé l'établissement avait le titre de Mcâtre de la MaiaonrDieu ék Parts,
Saint Louis est regardé avec raison comme le bienfaiteur de THôtel-Dieu qui, d'après sos désir, prit le nom de Notre-Dame ou de la Bienheureuse- Vierge-Marie. Les bâUments se composaient flors de deux corps de logis élevés sur les deux rives du petit bras de la Seine et réunis par un pont Saint Louis les agrandit et ils atteignirent le Petit-Pont jotgncmt le nouveau portail. On retrouve encore dans les substructîons, en descendant vers la Seine, quelques salles et des voôtes qui datent de cette époque. Au commencement de ce siècle, on a démoli une frèsbelle façade du 13® siècle- qui se développait if l'entrée de la rue de la Cité, auprès do f^etit- Ponf. Bf. de Cruilhermy, dans son MnéraA*e àcr^ chêologiqae de Pari», rapporte qu'if y avait là nne porte richement sculptée de figiires et de feuillages.
P»riDi les bicitfaiUura ■de ffaAyiti^, 9 fout compter l'évéque HMHâee qui, d'accord avec le diapiUie de Notre-Dpme, donna i l'HAl«l-®ieu le Ut de révé(|He ou d'un cfaaii«iiM après iMr décèi. En 1413, les chanoines crurent devoir s'a!fraBchir de eette donalion, en ordonoaRt que leurs héritiers, mojeniiaat 100 livres, mi «eraient quittes. Mais, «n 1592, les direoteure séculiers se plaignirent au Parlement, prétendant que le ciel du lit, les rideaux, le lourdier, la coartepoiate et autres aoconapsgnemeats des liU des cliaDoiBes et des évéques, que le luxe vrait ajouta à la slmplidté primitive, devaient leur appartenir, qu'ils fussent de soie, d'argent ou d'or. 11 fut fait droit à celle réclamation.
Jusqu'à cette épocfue , l'Hâtel-Dieu avait été privé de chapelle. Un changeur, hovrgeois de Paris, nommé Oudart de Maucreux, en fit construire une; elle se trouvait k l'endroit occupé maintenant par l'entrée de l'hôpital. On y voyait une inscription qui commençait ainsi :
Oudart ds Moucrenz ta surnom, Cbangsnr, homme de ban Tenom, Et boargeois de Paris jadis Qoe Diea melts en tou çu&fisl A fait faire cette ijli*P*''* En cet HEtel-Di^^ boooe et belle, Bien oro^e de ■VoMfete», «^*-
Cette inscription ,, •, encore aaioarAtw
dans l'église Saint-Juk^ «° paxTiia ùsiA iw>«» î^'
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lerons tout à l'heure. La chapelle fut démolie au 17* siècle, et l'on disposa un oratoire dans un bàtinient orné de quelques jolies sculptures et qui disparut lorsqu'on élargit le pont au Double, en 1826.
La plupart des rois qui succédèrent à saint Louis se plurent à enrichir l'Hôtel-Dleu et à le doter de nouveaux bienfaits. En 1505, Tadininistration temporelle, qui avait toujours appartenu au chapitre de Notre-Dame, fut confiée par arrêt du Parlement à huit administrateurs, et le 3 janvier 1654 on leur en adjoignit trois autres.
La salle Sainte-Marthe, appelée aussi salle du Légat, fut fondée par Antoine Du Prat, chancelier de France, cardinal de l'Église romaine et légat du pape Clément YII. La grande porte de cette salle était sur la rue, et l'on y remarquait les statue^ de saint Jean -Baptiste, de saint Jean l'Évangéliste, de François I®' et du fondateur.'
La salle dite de Saint-Thomas fut construite par Henri IV , et la salle Saint-Charles par le chevalier de Pomponne de Bellièvre, de 1602 à 1606.
£n 1625, on construisit le pont de pierres à la demande des habitants voisins, et l'on en permit le passage aux piétons moyennant un double et deux liards pour les gens à cheval. Ce pont ne fut achevé et livré à la circulation qu'en 1637.
Deux fois, en 1737 et en 1772, le feu prit à l'HAtel-Dieu. Le dernier incendie fut le plos terrible; il avail commencé le 2 aoât et ne fut éteint que le 5. Il entraîna la mort d'un grand nombre de malades. Il fut alors question de supprimer cet éublissement , où l'encombrement était extrême et qui était une cause permanente d'insalubrité pour la Cité; mais ce projet souleva de vives réclamations, et il dut élre abandonné.
Ce fut le 1"' vendémiaire an 12 que le ministre de l'intérieur posa la première pierre du portique qui existe actuellement sur la place du Parvis et qui ae compose de trois colonnes d'ordre dorique supportant une frise et un fronton d'un style très-simple. En pénétrant sous le péristyle, on aperçoit à gauche la statue de saint Vincent de Paul, et à droite celle de Montyon. Les portraits des médecins et des chirurgiens les plus célèbres de cet hôpital décorent le grand escalier. On y lit aussi plusieurs inscriptions qui rappellent les diverses ordonnances relatives aux dotations de cet établissement, à commencer par celle de Philippe- Auguste ; l'ode célèbre, que Gilbert composa à l'Hôlel-Dieu , huit jours avant sa mort, y finnre suf une taMe de
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chapelle 9 est ane des plus anciennes égtiaes de Paris; elle reaoote aui premiers sièdes de la monarchie française, et Grégoire de Tours lui donne k titre de basilique. Au 13® et au 16® aiècie. l'Université y tint des assemblées générales et i'éiectioo du recteur s'y faisait ordinairemeot Dans l'origine, saint Julien le martyr était le seul patron de cette église, et ce fut au 12® siècle qu'on y associa le culte de saint Julien le confesseur, évéque du Mans, surnommé le pauvre à cause de ses nombreuses libéralités envers les malheureux. On peut voir encore, rue Galande, n^ 42, au-dessus d'une porte, un curieux bas -relief du 13® siècle, qui provient de la façade de Saint- Julien. Il représente un troisième saint Julien, différent des deux autres. Ce saint Julien et sa femme avaient fondé, suivant la tradition, mk hôpital sur le bord d'un ûeuve dont la traversée était fort dangereuse, et, pour faire pénitence, ils s'occupaient jour et nuit à transporier les voyageurs d'une rive à l'autre. Une fois, Jésus leur apparut sous la figure d'un lépreux et vint leur demander le passage. Tel est le sujet du bas relief dont nous parlons; saint Julien et sa femme sont dans une barque et Jésus se tient debout entre ^ux.
Deux rangées de colonnes partagent l'église Saint-Julien en trois petites nefs, et trois absides la terminent Viers l'orient L'architecture vers i'abside surlout est extrémem^oi mile et sévère.
L'église est percée au chevet de deux rangs de fenêtres simples, et sur les côtés du chœur de fenêtres partagées en deux baies par des colonnettes. Des contreforts lui servent de points d'appui, et elle est entourée .d'une triple ceinture de naoulures fort belles. Des modillons soutiennent la corniche.
La nef était divisée en six travées dont deux furent supprimées lors de la reconstruction du portail. Des modifications ont été apportées aux quatre autres et en ont changé le style. Les deux travées du chœur, l'abside, médiane et les deux, absidioles latérales n'ont rien perdu de leur caractère primitif. Elles ont conservé leurs colonnes tantôt monostyles, tantôt groupées en faisceaux, leurs chapiteaux à feuillages, leurs voûtes soutenues par des nervures doriques et leurs clefs historiées. Il y a plus de 150 chapiteaux différents. Le plus curieux est enveloppé de feuillages perlés ; aux angles se trouvent quatre figures à tête de femme, le corps emplumé, les ailes étendues et armées de griffes. Ce fut en 1655 qu'on retrancha cinq à six toises de l'édifice pour former la cour qui en précède l'entrée, et qu'on démolit le portail ainsi que la tour.
L'église Saint-Julien-le Pauvre renferme plusieurs morceaux fort intéressants du moyen âge. C'est d'abord un bas-relief en pierre de la seconde moitié du 14® siècle ; il représente le changeur Oudard et sa femme, fondateurs de la cha- VI 8
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pelle de THôtel-Dieu. Ailleurs oa voit le basrelief de Henri Rousseau, avocat au parlement, seigneur en partie de ChaiUot et de Compans, iDort le 9 novembre 1445. Ses armoiries sont sculptées dans la pierre. Une très-longue inscription gothique rappelle ses fondatbns de messes à rhôtel Saint-Louis, moyennant une rente à percevoir sur une maison sise devant le Palais, à Timage Saint-^Michel ; il donne cent francs pour avoir sa sépulture dans la chapelle de l'Hôtel- Dieu. Au pignon le plus rapproché du Petit-Pont se lit encore une inscription qui accompagnait autrefois une statue de Louis XL Citons pareillement un saint Landry en pierre d'une époque moins éloignée, du 17^ siècle. Un peu en arrière de Tabsidiole septentrionale est le puits de saint Julien f dont Teau passait pour être miraculeuse. »
L'Hôtel- Dieu ^ avec ses annexes, ne dispose guère aujourd'hui que de 11,000 mètres carrés. D'après le projet de reconstruction qui a fait l'objet d'une enquête au mois d'août dernier, on se propose de doubler cette étendue, ce qui permettra de donner aux différents services de cet important ^ablissement tout le développement qu'ils comportent. Le nouvel Hôtel-Dieu sera circonscrit par la place du Parvis-Notre-Dame agrandie, sur laquelle il aura sa façade principale, au snd; par le quai Napoléon, au nord; par la rue ^'Aroele, redressée et élargie à 20 nâètres, àT^sl;