ACIE I, SCÈNE IV II
gagement qu'il va prendre est sérieux, et il espère, dit-il, sous ce déguisement de peu de durée, saisir quelques traits du caractère de notre future et la mieux connaître, pour se régler 1 ensuite sur ce qu'il doit faire, suivant la liberté que nous sommes convenus de leur laisser. Pour moi, qui m'en 2 fie 5 bien à ce que vous m'avez dit de votre aimable fille, j'ai consenti à tout, en prenant la précaution de vous avertir, quoiqu'il m'ait demandé le secreP de votre côté. Vous en userez là-dessus avec la future comme vous le jugerez à propos. . . Voilà ce que le père m'écrit. Ce n'est pas le tout; voici ce 10 qui arrive: c'est que votre sœur, inquiète de son côté sur le chapitre de Dorante, dont elle ignore le secret, m'a de- . mandé de jouer ici la même comédie, et cela précisément pour observer Dorante, comme Dorante veut l'observer. Qu'en dites-vous? Savez- vous rien de plus particulier que 15 cela? Actuellement la maîtresse et la suivante se travestissent. Que me conseillez-vous, Mario? Avertirai-je votre sœur, ou non?
Mario. Ma foi, Monsieur, puisque les choses prennent ce train-là, 4 je ne voudrais pas les déranger, et je respec- 20 terais l'idée qui leur est inspirée à l'un et à l'autre/ Il faudra bien qu'ils se parlent souvent tous deux sous ce^ déguisement. Voyo ns^ si leur cœur ne les avertirait .pas.^ de ce qu'ils valent . Pe u t-êtr e que Dorante prendra du goût pour ma sœu r, toute soubrette qu'elle sera, et cela 25 serait charmant pour elle.
M. Orgon. Nous verrons un peu comment elle se tirera d'intrigue. 6
Mario. C'est une aventure qui ne saurait manquer de nous divertir. Je veux me trouver au début et les agacer 30 tous deux.