ACTE II, SCÈNE II
pliquer avec elle; j'ai mes raisons pour faire durer ce déguisement: je veux qu'elle examine son futur plus à loisir. Mais le valet, comment se gouverne-t-il? ne se mêle-t-il pas d'aimer ma fille?
Lisette. C'est un original: 1 j'ai remarqué qu'il fait 5 l'homme de conséquence avec elle, parce qu'il est bien fait; il la regarde, et soupire.
M. Orgon. Et cela la fâche.
Lisette. Mais. . . elle rougit. 2
M. Orgon. Bon, tu te trompes: les regards d'un valet 10 ne l'embarrassent pas jusque-là.
Lisette. Monsieur, elle rougit.
M. Orgon. C'est donc d'indignation.
Lisette. A la bonne heure. 3
M. Orgon. Eh bien! quand tu lui parleras, dis-lui que 15 tu soupçonnes ce valet de la prévenir contre son maître; et, si elle se fâche, ne t'en inquiète point: ce sont mes affaires. Mais voici Dorante, qui te cherche apparemment.