‹ Le jeu de l'amour et du hasardChapitre 35 sur 81 · SCÈNE X M. Orgon, Mario, Silvia, Dorante · texte numérisé non relu

SCÈNE X M. Orgon, Mario, Silvia, Dorante

Silvia. Ah! nous v voilà! il ne manquait plus que cette façon-là à mon avent ure! Que je s uis malheureuse ! C'est ma facilité qui le place là. Lève-toi donc, Bourguignon, je 10 t'en conjure: il peut venir quelqu'un. Je dirai ce qu'il te plaira. Que me y miY-tii? J> np te hais point. 2 Lève-toi ; \ je t'aimerais si je pouvais: tu ne me déplais point, cela doit \ te suffire. \

Dorante. Quoi! Lisette, si je n'étais pas ce que je fcuis, 15 si j'étais riche, d'une condition honnête, et que je t'aimasse autant que je t'aime, ton cœur n'aurait point de repu- •

gnance pour moi? j

Silvia. Assurément. /

Dorante. Tu r^e me haïrais pas? tu me souffrirais? 20 /

Silvia. Volontiers. . . Mais lève-toi.

Dorante. Tu parais le dire sérieusement, et, si cela est, ma raison est perdue.

Silvia. Je dis ce que tu veux, et tu ne te lèves point !/- x

M. Orgon, Rapprochant. C'est bien dommage de vous 25 interrompre: cela va à merveille, mes enfants; courage.

Silvia. Je ne saurais empêcher ce garçon de se mettre à

genoux, Monsieur; je ne suis pas en état de lui en imposer, je pense?

M. Orgon. Vous vous convenez parfaitement bien tous deux; mais j'ai à te dire un mot, Lisette, et vous reprendrez 5 votre conversation quand nous serons partis. Vous le voulez bien, 1 Bourguignon?

Dorante. Je me retire, Monsieur.

M. Orgon. Allez, et tâchez de parler de votre maître avec un peu plus de ménagement que vous ne faites. 10 Dorante. Moi, Monsieur?

Mario. Vous-même, monsieur Bourguignon; vous ne brillez pas trop dans le respect que vous avez pour votre maître, dit-on.

Dorante. Je ne sais ce qu'on veut dire.

15 M. Orgon. Adieu, adieu; vous vous justifierez une autre fois.

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