‹ Le jeu de l'amour et du hasardChapitre 42 sur 81 · SCÈNE PREMIÈRE Dorante, Arlequin · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE Dorante, Arlequin

Arlequin. Hélas! monsieur, mon très honoré maître, je vous en conjure. . .

Dorante. Encore!

. Arlequjn. Ayez çpmpassion de ma bonne aventure; ne portez point guighon à moh bonheur^ 1 qui va son train si 5 rondement; ne lui fermez point le passage.

Dorante. Allons donc, misérable! je crois que tu te moques de moi! Tu mériterais cent coups de bâton.

Arlequin. Je ne les refuse point si je les mérite; mais quand je les aurai reçus, permettez-moi d'en mériter d'au- 10 très. Voulez- vous que j'aille chercher le bâton?

Dorante. Maraud!

Arlequin. Maraud soit; mais cela n'est poiqt contraire à faire fortune. ! ! . .

Dorante. Ce coquin! quelle imagination il lui prend! 2 15

Arlequin. Coquin est encore bon, il me convient aussi: un maraud n'est point déshonoré d'être appelé coquin; mais un coquin peut faire un bon mariage.

Dorante. Comment, insolent, tu veux que je laisse un honnête homme dans l'erreur, et que je souffre que tu 20 épouses sa fille sous mon nom? Ecoute, si tu me parles en-

core de cette impertinence-là, dès que j'aurais averti monsieur Orgon de ce que tu es, je te chasse, entends-tu? Arlequin. Accommodons-nous. Cette demoiselle m'a-

S cmjpaonob^ cœur soit toujoursmancfde La

^y^^ noce 1 avec moi, ne laisserez-vous pas jouer les violons?

Dorante. Dès qu'on te connaîtra, je ne m'en embarrasse plus.

Arlequin. Bon ! et je vais de ce pas prévenir cette géné- 10 reuse personne sur mon tabit de caractère. 2 J'espère que ce ne sera pas un gafén^ae coifleur 3 qui nous brouillera ensemble, et que son amour me fera passer à la table, en dépit du sort, qui ne m'a mis qu'au buffet. 4

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