‹ Le jeu de l'amour et du hasardChapitre 47 sur 81 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

je lui tiendrai compte de ce qu'il fait aujourd'hui pour moi, combien mon cœur gardera le souvenir de Pexcès de tendresse qu'il me montre! Si vous saviez combien tout ceci va rendre notre union aimable! Il ne pourra jamais se rappeler notre histoire sans m'aimer; je n'y songerai jamais que je ne l'aime. Vous avez fondé notre bonheur pour la vie en me laissant faire i c'est un mariage unique: c'est une aventure dont le seul récit est attendrissant; c'est le coup de hasard 1 le plus singulier, le plus heureux, le, plus. . .

Mario. Ah ! ah ! ah ! que ton cœur a de caquet, ma sœur ! quelle éloquence!

M. Orgon. Il faut convenir que Je régal que tu te donnes est charmant, surtout si tu achèves.

Silvia: Cela vaut fait, 2 Dorante est vaincu: j'attends 15 mon captif.

Mario. Ses fers seront plus dorés qu'il ne pense. Mais je lui crois l'âme en peine, et j'ai pitié de ce qu'il souffre. T

Silvia. Ce qui lui en coûte à se déterminer ne me le \ rend que plus estimable: il pense qu'il ch agrinera son père 20 \ en m'épousant: i l croit trahir sa fortune et sâTnàksànçe.""" i Voilà de grands sujets de réflexion: je serai charmée de triompher. TVTais il fâûJ^uêyarr^êma victoire, et nor

pas qu'il me la donne: je veux un cornfrat entre l'ame r <

l a raison. ,-—4*f

Mario. Et que la raison y périsse. 8

M. Orgon. C'est-à-dire que tu veux qu'il sente toute l'étendue de l'impertinence qu'il croira faire. Quelle insatiable vanité d'amour-propre!

Mario. Cela, c'est l 'amour-propre d'une femme, et il 30 est tout au plus uni. 4 /

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