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‘“ satellite à peine visible ; mais en accom-
‘“ plissant son évolution, ce satellite gran-
: *“ dira, deviendra plus brillant, et occupera
‘un jour une place importante au ciel de ‘“ l'histoire. Telle doit être notre ambition : ‘ telle doit être notre plus chère espérance, “et il dépend de nous de la réaliser. ” (1)
Mais soit que vous approfondissiez les mystères de la science, soit que vous cultiviez les belles-lettres, retenez bien ceci:
c'est par l'étude, par un travail persévérant que vous deviendrez comme les éminents représentants de la finance, de l'industrie, des professions libérales, de la haute magistrature et du sanctuaire ici présents, utiles à la société, dignes de l'estime de nos concitoyens, la joie de vos familles, l’'orgueil de vos mères, l'honneur de la relivion, le plus ferme espoir de la patrie,
Au travail donc, Messieurs les Etidiants,
(1) Conférences et discours, par M. le juge Routhier.
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ET LA LITTÉRATURE ol
vous les vrais citoyens de l'avenir qui s’approche !
Voyez quels riches et vastes domaines s'ouvrent devant vous ! ! Commerce, génie civil, médecine, droit, jurisprudence, voilà les chimps honorables qu'il s’agit d’exploiter. Certes, leurs limites sont assez reculées pour permettre à votre activité de s'y mouvoir à l'aise. Livrez-vous avec une généreuse ardeur à vos études professionnelles : c'est votre devoir d'état, c’est votre grand devoir. Ne négligez aucune des branches qui s’y rattachent. Parmi les spécialités —car ce sont les spécialités qui font les hommes marquants — choisissez celles qui cadrent davantage avec vos aptitudes ; puis creusez, approfondissez ; comme Alexandre le Grand, marchez en avant, allez à la découverte de nouvelles terres : le monde des idées a ses terres in-
connues comme le globe terrestre au temps
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des Christophe Colomb et des Jacques- Cartier.
Quant aux nombreux loisirs que vous laissent les études prescrites par le devoir et la conscience, sachez les utiliser, sachez les occuper sainement, noblement. Profitezen pour fréquenter les grands hommes dans leurs livres. Tout en prélevant sur ces loisirs les redevances discrètes réclamées par les droits imprescriptibles de l'amitié ou même d’un sentiment plus profond, consacrez-les à l'étude de ces lettres dont nous venons de parler; car vous appartenez à cette génération d'élite que les développements du plan providentiel sur notre pays, et des qualités spéciales semblent désigner pour les nobles combats de l'intelligence. Telle est la conclusion pratique qui découle immédiatement du sujet même
de cette conference ; tel est le premier
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conseil que je vous adresse comme directeur du cercle Ville-Marie.
La pensée qui a donné naissance à cette institution littéraire et qui lui conserve sa raison d'être, c’est précisément de ménager au jeune homme instruit toutes les facilités de faire un noble usage de ses loisirs, de remplir agréablement et utilement ses soirées. Et cette pensée—nous avons la douce satisfaction de le proclamer ici—le Cercle Ville-Marie la réalise pleinement.
Pour y arriver efficacement rien ne lui fait défaut : exercices d’élocution où l'on s’initie à l’art de la parole, joutes oratoires et pacifiques où se cimente l'amitié, combats à l'ombre qui préparent aux luttes en plein soleil de l'avenir, essais scientifiques et littéraires où le beau, le vrai et le bien trouvent des admirateurs et surtout des
défenseurs intrépides, livres nombreux et
approuvés toujours prêts à servir l'aliment qui convient à des âmes d'élite, doux et agréables passe-temps dans la société d'amis rangés et choisis, dévouement sincère de la part des membres anciens et nouveaux, direction sage et intelligente de la part des officiers et tout particulièrement de la part
de son courtois Président actuel, M. Eugène
Primeau, digne continuateur de la brillante
lignée formée jusqu'ici par les Maréchal,
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4 1 | les Labine, les Cardinal, les Lafontaine,
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pour lui offrir, au nom du Cercle Ville-
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nt Marie, l'expression sincère de notre plus et vive gratitude avec prière de vouloir bien die | lui continuer les sympathies et les encoudé | ragements qu'elle lui a prodigués jusqu'ici. . à Molière, dans Zes femmes savantes, fait fe it dire à Chrysale s'adressant à Bélise :
art | sie qu’une femme en sait toujours assez ne [| Quand la capacité de son esprit se hausse ite | A connaitre un pourpoint d'avec un haut-de-chausse. al, \| | C’est, pensons-nous, entendre les vertus di | domestiques d'une manière un peu faroudi ; che. Cette sentence d’ostracisme décrétée précisément contre la classe de personnes que la délicatesse du cœur et la finesse de l'esprit rendent plus sensibles aux beautés | littéraires, nous semble dépasser la mesure ; à et nous vous félicitons, Mesdames, de pro- P tester fièrement contre la sentence de Mo- € | lière en venant honorer de votre présence
chacune de nos petites reunions académi-
ques. Comme un souffle bienfaisant, votre présence dans cette enceinte, ne contribue pas peu à raviver au fond de l’âme du jeune homme la pure flamme du feu sacré l'amour de l'étude, le culte des sciences et des lettres.
Mais le Directeur du Cercle Ville-Marie est en même temps prêtre, et comme tel, il doit ajouter : demeurez toujours, Mes-
sieurs les Etudiants, demeurez toujours de
fidèles et fervents chrétiens. Que vos études, quelles qu'elles soient, ne vous éloignent jamais des enseignements de votre foi. Car cette foi, loin de détruire votre intelligence, la fortifiera au contraire, elle lui donnera des ailes plus étendues, un vol à la fois plus hardi et plus sûr, elle règlera toutes choses en vous, elle tempèrera les L mouvements impétueux, elle empêchera les excès, elle préviendra les abus, bref—
en vous prêtant un puissant secours dans
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l'étude des bonnes et belles lettres, elle vous aidera merveilleusement à arriver par elles à vos glorieuses destinées: la
vertu, l'élévation, le bonheur.
MONTRÉAL, Cercle Ville-Marie, 27 novembre 1891.