ROSE, EUGÉNIE NOIRVILLE
EUGÉNIE
Restez , Rose , je l'exige .
ROSE , revenant.
Je ne demande pas mieux que de rester.
NOIRVILLE
Je conçois , mademoiselle , que mon arrivée ici ait lieu de vous étonner.
EUGÉNIE
En effet, monsieur, depuis un an que j'ai quitté Paris,
j'ai eu plusieurs raisons de penser que je vous avais vu pour la dernière tois.
NOfRVILLE.
Eugénie, parlez-moi avec francliise... Personne n'a-t-il cherché à me nuire dans votre esprit? Et un peu de dépit, décolère...
EUGÉNIE
Du dépit?., de la colère?.. En vérité, monsieur, vous connaissez bien peu mon caractère , si vous me croyez capable d'une pareille faiblesse... D'ailleurs, le dépit ne peut être que l'effet de l'amour , ou tout au moins de l'amitié ; et si ruon cœur éprouve aujourd'hui un senti- D'ent si tendre , aucun nuage ne peut en troubler la douceur j (Avec intention) car cclui que j'aime est un homme sincère , fidèle à ses sermens , en un mot , l'époux que mon père me destine.
NOIRVILLE
Il est donc vrai ! . . .
EUGÉNIE
Mais pardon, monsieur; mon père ne peut ignorer plus long-temps que vous êtes ici , et je vais lui annoncer que M. de Noirville daigne l'honorer de sa visite.
(Elle lui fait une révérence et sort. Rose fait de même une révérence ceVe'monieuse à Noirville, et sort avec sa maîtresse.)