‹ Le joaillier de SaintJames opera comique en trois actesChapitre 29 sur 82 · TOM; BERNARD · texte numérisé non relu

TOM; BERNARD

BERNARD, pâle et dans le plus grand trouble.

Elle était là 1... là !... près de moi !... et j'ai pu l’entendre sans venir tomber à ses pieds !

TOM, courant à lui.

Grand Dieu îmaître, comme vous voilà pâte!

Cette femme, Tom!... cette femme qui sort d'ici...

TOM

Cette marquise?...

BERNARD

C’est elle, monami!... celle que j’aime plus que ma vie !...

TOM

En voilà une rencontre!...

BERNARD

Je me préparais à revêtir des habits de fête... c'ar je vais au bal... au bal chez elle !... C’est le vicomte qui m’y conduit...

TOM

Est-il possible ! . .

BERNA R D

J’allais entrer dans cette chambre, lorsqu'une voix, que je n'ai jamais oubliée frappe mon oreille. J’ai tout entendu, sans oser paraître... combattu, torturé par le désir de la voir et la crainte de m'attirer son mépris en lui révélant qui je suis...

M’. JOAILLIKIl DE SAI.\T-JAMES.

Son mépris!... quand elle n’avait pas assez de ses yeu.'c pour admirer votre écrin. .. quand elle voulait l’acheter à tout prix !

BERNA KD.

Et tu as pu le lui refuser... résister à ses prières, à son désir?

TOM

Et avec empressement encore !... D’abord, c’est promis... (A part.) Et nos avances donc?...

BERNARD, regardant V écrin avec ivresse.

Elle l’a essayé ! elle s’en est parée, n’est -ce pas? Ah! qu'elle devait être belle ainsi !... Et tu dis qu’elle semblait envier, regretter cette parure?...

TOM

Elle en pleurait presque de dépit!

BERNARD

Il se pourrait !... {à part) et il dépendrait de moi de lui éviter une peine, un chagrin... (Haut.) Va, Tom... va, mon ami, laisse-moi...

TOM

Je m’en vas, maître... Je m’en vas chercher le notaire... car, si vous le permettez, nous signerons le contrat ici, ce soir, en votre absence...

BERNARD, pVéOCCUpé.

Oui, j’y consens... tout ce que tu voudras.

TOM , allant pour sortir et revenant.

Ah! à propos, j’oubliais encore de serrer l’écrin dans l’armoire de fer... et celte clef...

BERNARD, l'arrêtant vivement.

Non! laibse-la-moi... je m’en charge !... (Bernard prend la clef.)

TOM

A la bonne heure; mji< songcz-y, maître, c’est là toute notre fortune, tout notre avoir.

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