AIR
Si je mène par le chemin
Quelque brave notaire Allant au village voisin
Remplir son ministère; Si je conduis un bon curé
Relisant son office, Un magistrat très vénéré Qui va rendre justice, Un médecin grave et savant Qu'un malade demande.
Un banquier à chaque client Portant son dividende,. .
Joyeux muletier Sachant mon métier, A m.a mule qui trottine Doucement et sans cahots.
Je dis o'une voix câline, Qu'accompagnent ses grelots:
Va ton train, mule légère, Pour l'endroit ou nous allons Le temps n'est pas une affaire Assez tôt nous y serons.
Va, troUine,
Va, chemine, Au doux son de ton tin-tin I
Va, trottine,
Va, chemine Va, ma mule, va ton train !.•
Mais si quelque bel amoureux
Au regard plein de flamme S'en va, pressé, brûlant, fiévreux.
Pour rejoindre sa dame; Si je mène un mari jaloux
Et dont l'œil étincelle, Qui veut au galant rendez-vou*
Surprendre l'infidèle ; Si je mène quelque héritier
Vers l'oncle qu'on enterre, Ou bien si je mène un caissier
Qui gagne fa fiontière...
Joyeux muletier
Sachant mon métier, A ma mule qui dévore Le chemin qu'elle connaît, Je dis, l'excitant encore De la voix et du fouet :
Va bon train, mule légère, Pour l'endroit où nous allons, Le temps vaut de l'or, ma chèrè^ Trop tard, nous arriverons I
Vitel vite!
Qu'on évite "Sous les retards du chemin !
Vite! Vite!
Va, petite!
Va ma mule, ra bon train 1