XXVI NOTICE SUR LE MANUSCRIT
au retour du siège de La Rochelle ; il avait été gouverneur de Picardie, titre dont fut pourvu, en 1 588, son fils Henri Ier. Marie de Bourbon, duchesse de Longueville, mourut à Pontoise en 1601.
Henri d'Orléans, né en i568, lit des prouesses devant Senlis, où il attaqua les forces ennemies avec tant d'audace et d'habileté qu'il les mit en complète déroute, bien qu'elles fussent quatre fois plus nombreuses que les siennes. « Ce » fut », dit Brantôme, « un si grand coup porté à la Ligue, » que jamais elle ne s'en put guérir, ni oncques remuer. »
Il avait épousé, en 1 588 , Catherine de Gonzague, fille de Louis, duc de Nevers ; on verra, dans la relation de notre chroniqueur, comment il mourut (d'après les biographes, le 29 avril 1595) à Doullens, des suites d'un coup de mousquet « tiré en son honneur. »
Deux jours seulement avant cet accident, était né son fils Henri II ; ce dernier eut le roi Henri IV pour parrain.
Dès son berceau, le monarque lui donna le gouvernement de la Picardie, dont il prit possession à dix-huit ans. Il se maria deux fois: en 161 6, avec Louise de Bourbon, fille du comte de Soissons ; et en deuxièmes noces avec Anne-Geneviève de Bourbon , sœur du grand Condé ; lorsque Henri II l'épousa, il était beaucoup plus âgé qu'elle; c'est cette dernière que l'on désigne le plus souvent sous le nom de la duchesse de Longueville ; cette femme célèbre a joué un très - grand rôle dans l'histoire du xvne siècle; M. Cousin a publié sur elle, on le sait, une remarquable étude littéraire.
Notre manuscrit raconte comment Henri II de Longueville se rangea dans le parti des mécontents ; comment, d'accord avec Condé et les Princes, il entra en lutte avec le maréchal d'Ancre, auquel « il ne pouvait pardonner de posséder les places fortes de son gouvernement. »
En 161 9, Henri II devint gouverneur de Normandie, et conserva ce titre jusqu'à sa mort (1 1 mai 1 663) . Il avait fait bâtir, vers 1620, le château neuf de Trie, dont on vantait
à juste titre la magnificence ; la Révolution rasa complètement cette construction remarquable (1796).
Nous ne raconterons pas plus longuement l'histoire de ce prince « chéri et honoré » , qui figure glorieusement dans les annales de la Normandie, de la Picardie, et en particulier du Vexin ; le cardinal de Retz disait de lui qu^il avait, avec « le beau nom d'Orléans, de la vivacité, de » l'agrément, de la libéralité, de la justice, de la valeur et » de la grandeur.... » Nous ne nous étendrons pas plus amplement sur cette famille distinguée, dont bien des membres eurent le Vexin pour berceau. Il faudrait rééditer pour cela V Histoire des grands officiers de la Couronne, du P. Anselme, tant ce nom a été comblé de titres et d'honneurs !
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Voilà pourquoi nous avons donné pour frontispice à ce volume le portrait de Henri II de Longueville, qui est, en quelque sorte, le lien entre le xvi° et le xvne siècle, et sous ce rapport, contemporain du temps où le Bourgeois de Gisors écrivait ses mémoires.